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Solamaz éclaire l'international depuis la Guyane

Sophie Baconin (Hub Eco) Vendredi 29 Octobre 2021 - 11h12
Solamaz éclaire l'international depuis la Guyane
Tous les éléments de la chaîne de production sont assemblés en Guyane

Quand la technologie vient au service de la population, un cercle vertueux se met en place. C'est la dynamique dans laquelle se trouve Solamaz, spécialisé dans l'éclairage et la production d'électricité solaire en Guyane.

Avec son caractère « indépendant » et la volonté d'entreprendre, Philippe Byron a toujours « aimé pouvoir influer sur des choses simples et notamment pour des personnes qui sont dans des conditions difficiles ». Pour exprimer sa volonté, le président de Solamaz prend un exemple : « En ville, on ne s'en rend pas forcément compte, mais il suffit d'appuyer sur un bouton pour avoir de l'électricité ou de tourner le robinet pour avoir de l'eau chez nous. Or, dans certains endroits isolés de la Guyane et de l’Amazonie, on n'a pas cette facilité ». C'est avec ce constat que l'ingénieur agronome a eu la volonté de produire de l'énergie pour qu'elle soit utile aux populations isolées sur le territoire, en particulier sur le fleuve Maroni et le fleuve Oyapock.
L'idée de départ est d'amener de l'éclairage public solaire dans les villages isolés de Guyane. -


Une aventure technologique
Fort de ses connaissances sur l'Amazonie, Philippe Byron a créé sa société, Solamaz, en 2013. Son idée de départ est alors d'amener de l'éclairage public solaire dans les villages isolés de Guyane. « les lampadaires solaires sont essentiellement importés de Chine », se rappelle l'entrepreneur. Et je me suis dit qu'on pouvait le faire localement avec des matériaux plus résistants et plus adaptés à nos territoires tout en créant de la valeur et de l’emploi localement. » Solamaz a installé son premier lampadaire solaire au centre de Favard, un village amérindien près de Cayenne. « Il n'y avait pas du tout d'électricité dans ce village situé sur le bord d'un fleuve où de nombreux touristes passent, explique Philippe Byron. On s'est rapidement rendu compte que les gens ont commencé à vendre des choses sous ce lampadaire pour les touristes. » Le concept était né, ne restait plus qu'à développer la distribution de ce produit dessiné, optimisé et fabriqué en Guyane.
Fabricant français, Solamaz conçoit et commercialise des lampadaires solaires d’éclairage LED autonomes et connectés -

« Pendant 4 ou 5 ans, on a eu essentiellement des demandes de communes qui étaient sur des zones isolées, précise le créateur. Et puis, petit à petit, on a eu des demandes en zone urbaine, à Cayenne, car notre concept est simple à mettre en œuvre, notamment pour les gens qui font des lotissements. »

La reconnaissance internationale
Le lampadaire solaire développé par Solamaz a aujourd'hui une renommée internationale. La société a même décroché un contrat avec l'Organisation des Nations Unies (ONU). « Quand il y a des conflits, en général les gens se regroupent près des frontières, et là il n'y a pas d'eau, pas d'électricité, pas de téléphone, rien du tout. Donc le lampadaire solaire peut s'implanter très rapidement », argumente Philippe Byron. Des produits ont donc, par exemple, fait le voyage entre Cayenne et l'Afghanistan. Un coup de projecteur important pour la petite entreprise guyanaise et la production locale, de manière générale.
La renommée des lampadaires de Solamaz a permis à la société d'aller exposer dans les jardins de l'Elysée. -

« A l'époque, des responsables de l'ONU m'avaient indiqué que l'image de la Guyane était intéressante en termes de climat et que le fait d'être en Guyane est un gage de qualité dans ce qu'on produit, se rappelle l'entrepreneur. Si cela fonctionne en Guyane, cela fonctionnera aussi en Afghanistan ou au Soudan ». Du made in France adapté aux conditions climatiques tropicales, voilà de quoi légitimer la production guyanaise à l'échelle internationale.

Un accompagnement financier pour se développer
La renommée des lampadaires de Solamaz a permis à la société d'aller exposer dans les jardins de l'Elysée et de rencontrer le Président de la République. Pour autant, comme la majorité des entrepreneurs guyanais, Philippe Byron se sent « isolé, même si cela fait partie de notre ADN ». La crise liée à la pandémie de Covid-19 a d'ailleurs accentué certaines difficultés, comme la flambée du coût de certaines matières et de leur transport. Pour assurer son développement, la société Solamaz fait donc appel à un accompagnement financier. Depuis 2016, Philippe Byron est en relation avec Bpifrance.
L’autoconsommation de l’électricité produite, qui consiste à consommer sur site une partie sinon la totalité de l’énergie solaire produite offre un relais de croissance très prometteur. -

Il explique : « les délais de paiements des collectiviés sont sont plus qu'élastiques. Heureusement, nous avons Bpifrance pour nous aider. Quand on a un marché public, on peut proposer la créance à Bpifrance et cela nous permet de gagner ce délai qui peut être important. L'intérêt, c'est de pouvoir bénéficier d'un paiement plus rapide et d'avoir de la trésorerie pour développer autre chose. » En complément de l'outil Avance +, Solamaz a obtenu plusieurs prêts, notamment sur l'innovation. « Nos lampadaires solaires sont connectés, ce qui nous permet de faire de la maintenance à distance et cela a fait l'objet d'un prêt », explique Philippe Byron. Enfin, pour « aller voir ce qui se passe de l'autre côté de la frontière, au Brésil », Solamaz a fait appel à une assurance prospection. Autant de gages de sécurité et de confort dans la gestion quotidienne de la société guyanaise.

De l'énergie pour l'avenir
Asseoir la dimension internationale de Solamaz est l'une des pistes de développement en cours. « J'ai voulu essayer de donner une connotation interrégionale à ce projet car la problématique est exactement la même de l'autre côté du fleuve Oyapock, au Brésil », argumente Philippe Byron. A travers le recrutement d'un VIE basé à Sao Paulo et chargé de promouvoir le lampadaire solaire, l'entrepreneur espère pouvoir conforter l'implantation de son produit dans ce pays frontalier. Il pointe également de nouveaux marchés en Afrique de l'Ouest, en particulier au Sénégal et en Côte d'Ivoire. D'autant que Solamaz a diversifié son catalogue. La société produit également désormais des centrales solaires en autoconsommation. « On installe ces centrales solaires pour des entreprises en Guyane dont l'objectif est de réduire la facture d'électricité », précise l'entrepreneur. Enfin, sur le modèle du lampadaire, Philippe Bryon croit beaucoup dans le développement d'un système de production d'électricité pour les sites isolés. « Nous sommes en train de réaliser un format entièrement modulable et démontable pour des zones reculées. Il permettrait de fournir de l'énergie en moins de 24 heures à une école, un poste de santé, des maisons ». De quoi améliorer le quotidien de milliers de personnes, en Guyane et à travers le monde.

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Bio express :
Philippe BYRON - CEO SOLAMAZ -

Né en Côte d'Ivoire, Philippe Byron a vécu de nombreuses années en Afrique de l'Ouest. Afin de réaliser des stages en agronomie tropicale, cet ingénieur a ensuite découvert l'Amazonie brésilienne avant de devenir conseiller auprès d'un gouverneur au Brésil pendant 7 ans. Philippe Byron a alors mis en place des actions de coopération entre l'Amapa et la Guyane. Spécialiste du développement durable, il est installé en Guyane depuis une vingtaine d'années où il a travaillé dans plusieurs domaines, dont celui des énergies renouvelables. En 2013, il crée l'entreprise Solamaz, basée à Cayenne, et qui compte aujourd'hui 8 salariés et un alternant de l’université de Guyane.
 
 


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