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Jeune gueule fait mousser la production guyanaise

Sophie Baconin (Hub Eco) Vendredi 12 Novembre 2021 - 08h09
Jeune gueule fait mousser la production guyanaise
Tous les ans, la production se développe mais reste néanmoins familiale

Sur un marché très concurrentiel et en forte expansion, Jeune Gueule est l’unique brasserie guyanaise. Avec sa production locale, elle se développe en continu tout en gardant la ligne directrice des débuts, en 2010 : brasser une bière de qualité à pas raisonnés.

Chaque parcours entrepreneurial est unique. Mais pour de nombreuses personnes qui ont osé se lancer dans l'aventure, il y a un dénominateur commun : la liberté. Frédéric Farrugia fait partie de ceux-ci : « Je voulais me réaliser, alors que j'avais l'impression de passer à côté de ma vie en étant salarié ».
Nous sommes alors en 2010, et Frédéric Farrugia est salarié dans une société spécialisée dans les énergies renouvelables. « A l'époque, je recevais beaucoup de personnes en mission en Guyane que j’emmenais au restaurant, explique-t-il. A chaque fois, ces personnes étaient déçues qu'il n'y ait pas de bières locales. L'idée toute simple de faire de la bière en Guyane m'est alors apparue comme un flash ».
Jeune gueule utilise entre autres des produits naturels de Guyane comme le cupuaçu, le couac (farine de manioc) et les écorces d'orange -

En pleine remise en question sur la manière dont il voulait travailler, l'homme commence alors à se renseigner en fin d'année 2010. « Je me suis rendu compte que monter une brasserie était à ma portée car je suis un scientifique de formation, raconte Frédéric Farrugia. Je pouvais également commencer à petite échelle pour tester le concept. Je me suis donc formé, avec plusieurs sessions en Lorraine. J'ai également trouvé un associé qui avait un profil plus technique que moi ».

Un buzz médiatique grâce à… France-Guyane
En 2011, les deux associés commencent à brasser leur première bière « au fond du jardin ». La brasserie Jeune Gueule est née et doit d'ailleurs son nom « à l'environnement de jungle dans lequel nous avons commencé. Nous voulions alors que tout le monde prononce le nom de la même manière et nous avons trouvé ce jeu de mot autour du mot jungle prononcé en anglais ». Encore aux prémices de la production de bière, Frédéric Farrugia décide de créer une page Facebook en août 2011. Un acte qu'il qualifie aujourd'hui, avec le sourire, d' « erreur médiatique ».
Jeune gueule a bénéficié d'un coup de projecteur médiatique en 2011 qui a fait décoller la production. -

Il poursuit : « La page a entraîné l'appel d'un journaliste de France-Guyane. J'étais alors gêné car nous étions encore en phase de test et sans aucun point de vente. Mais l'article qui a été publié dans le journal a été un électrochoc. Des dizaines de personnes nous ont alors contactés pour goûter et acheter nos bières. J'ai mis en place en urgence un point de vente et toute notre production a été vendue en 2 heures ». Un buzz qui a confirmé le potentiel de la brasserie locale guyanaise.

Une croissance maîtrisée et une production diversifiée
Tous les ans, la brasserie se développe un peu plus. « Au départ, nous étions capables de produire 80 litres par brassin, relève Frédéric Farrugia. Et aujourd'hui, après 10 ans d'exploitation, on en est à 4000 litres par brassin ». La croissance de la société est donc exemplaire, mais la production reste « familiale ». L'entrepreneur assume d'ailleurs entièrement cette stratégie de développement raisonnée : « Notre production ne représente que 2% du marché guyanais. Cela s'explique par le fait que le marché est très important, avec une forte croissance, et que nous ne cherchons pas à créer une brasserie industrielle. »
Tous les ans, la production se développe mais reste néanmoins familiale -

S'il n'aime pas incriminer la Guyane, Frédéric Farrugia pointe du doigt les freins administratifs français. « Les entrepreneurs vivent dans l'instant, en essayant d'imaginer l'avenir, et le système est trop lent pour être dans notre réalité », explique-t-il. Dans ces conditions, difficile de rivaliser sur le marché avec des concurrents internationaux. D'autant que les spécificités locales obligent l'entrepreneur à s'adapter. « En Guyane, nous sommes sous-dotés en matière industrielle par rapport à l’Hexagone et aux Antilles, explique Frédéric Farrugia. Pour prendre un exemple, nous avons des difficultés d'approvisionnement en cartons. Le décalage horaire, la distance et les coûts de transport exorbitants nous place aussi dans une autonomie beaucoup plus lourde que n'importe quel autre département français. Du coup, nous devons être beaucoup plus prévoyants que toute autre société métropolitaine ». Jeune Gueule est ainsi accompagnée depuis plusieurs années par Bpifrance. « Cela nous a donné du souffle en nous permettant de développer notre entreprise sur des sujets sur lesquels une banque « classique » ne voulait pas nous suivre, estime l'entrepreneur. Nous avons, par exemple, obtenu un prêt développement territorial, des garanties de prêts bancaires et un complément de prêt. Cette année, nous avons également été sélectionnés dans le cadre du plan de relance avec un nouveau projet et un nouveau produit. » Cette diversification devrait voir le jour l'année prochaine. En parallèle, la crise sanitaire a permis à Jeune Gueule de revoir la distribution de ses produits. « On a mis en place une boutique en ligne pour le marché guyanais et nous sommes également distribué depuis quelques mois dans une boutique de Montmartre, à Paris ». En gardant sa philosophie de développement, Jeune Gueule atteint ainsi l'âge de raison.
La crise sanitaire a permis à l'entreprise de développer une boutique en ligne -

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Bio express
Parti du constat qu'il n'existait pas de bière guyanaise, Frédéric Farrugia s'est lancé dans la production en 2011. -

Arrivé en Guyane à la fin de ses études, en tant que volontaire à l'aide technique (VAT), Frédéric Farrugia a occupé plusieurs postes liés à sa formation initiale sur la biologie et l'environnement. Salarié d'une société spécialisée dans les énergies renouvelables, il a eu l'idée de développer un concept de brasserie locale fin 2010. C'est alors le début de son aventure entrepreneuriale avec Jeune Gueule, qui emploie aujourd’hui l'équivalent de 6 temps pleins.
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