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Déconfinement : casse-tête dans les entreprises

Amandine Ascensio Vendredi 8 Mai 2020 - 08h47
Déconfinement : casse-tête dans les entreprises

Retourner au travail pour faire fonctionner l'économie, c'est à peu près entendu par tout le monde. Reste que les chefs d'entreprises, chargés d'organiser le retour dans les locaux, risquent de ne pas s'amuser, tant les mesures à mettre en œuvre sont drastiques et contraignantes.

Que les entreprises soient grandes ou petites, le protocole de déconfinement sera le même. Le gouvernement a donné les règles de conduite à suivre en entreprise, et que ça soit pour les chefs d'entreprises ou les salariés, les changements vont être nombreux. Au point de se dire que finalement, travailler de chez soi, ce n'est pas une mauvaise idée.
Télétravail ou gestes barrières
C'est d'ailleurs le tout premier point mis en évidence par le document qui décrit les nouvelles règles. Le télétravail doit être maintenu quand c'est possible. Et si la présence physique dans les locaux est requise, il va falloir intégrer des règles d'hygiène contraignantes. Les gestes barrières, en vigueur depuis le début de la crise, sont évidemment à appliquer avec une vigilance accrue : distanciation physique, éviter les contacts, nettoyage des mains de manière régulière, etc.
Ouvrez les portes et les fenêtres
La guerre de la clim' en entreprise, entre les collègues qui ont toujours trop chaud ou trop froid, prendra-t-elle fin à l'aune des règles de déconfinement ? L'air conditionné facilite la circulation des germes. De fait, les pièces devront être aérées au moins toute les trois heures, s'il n'est pas possible de maintenir les portes et fenêtres ouvertes. Les portes doivent également rester le plus possible ouvertes si elles ne sont pas équipées de mécanisme automatique, afin d'éviter le contact avec les poignées de porte. Et la règle vaut y compris si plusieurs personnes se réunissent. Autrement dit, la confidentialité des réunions semble terminée.
Tracer des circuits
C'est probablement le point qui sera le plus compliqué à mettre en place. Car l'entreprise doit étudier les flux de personnes sur son périmètre. Les horaires d'affluences, les croisements éventuels dans l'entreprise, sur le parking. Surtout si les sociétés reçoivent du public : et il n'y a qu'à voir les supermarchés pour comprendre que ce n'est pas simple. Si les enseignes régulent les entrées et les files d'attente, un petit tour sur un parking suffit à se rendre compte que l'on se croise lorsqu'on gare nos voitures côte à côte.
Reste que l'entreprise devra étudier les circuits de circulation, établir des périmètres de sécurité. « 4 mètres carrés » par salarié en situation de poste statique, indique le document. Un métrage qui pourra être « corrigé par l'exploitant au vu du résultat de l'évaluation des risques », souligne le protocole. Le gouvernement recommande aussi d'identifier les zones de risques de rupture de distance physique.

Enfin le gouvernement recommande une information permanente des usages mis en vigueur dans l'entreprise ainsi que des données de circulation ou d'affluence, à destination des salariés, mais aussi des clients ou visiteurs pour réduire les risques d'échanges.
La fin de l'open space et du café du matin ?
Et alors que l'open space a été érigé comme un lieu de mise en commun du travail, de facilitation des échanges en entreprise (alors qu'il était, quels que soient ses bienfaits, surtout un moyen de réduire les coûts pour les sociétés), il semble bien que le coronavirus signe l'arrêt de mort du fantasme communautaire. Le protocole recommande d'isoler derrière des vitres en plexiglas les salariés qui ne pourraient pas respecter les 4m² de surface.

Le gouvernement demande aussi d'échelonner les horaires de pause entre les gens. Fini la clope collective et les rassemblements à la machine à café. De même, l'entreprise doit prévoir de quoi nettoyer régulièrement les ustensiles utilisés dans ce type de contexte.
Équiper ou non ses employés ?
Le masque, les surblouses, les gants etc. ne sont conseillés que s'ils sont nécessaires. Autrement dit : mettre un masque jetable toute la journée, le descendre dans son cou, le remonter sur le nez, puis sur son front avant de se le remettre devant la bouche est, comme indiqué dans tous les tutoriels depuis plusieurs semaines, inutile. Si les salariés peuvent venir avec leur masques, il faudra veiller à ce qu'ils ne le tripotent pas avec le doigt et le changent régulièrement. Ça vaut aussi pour les masques en tissu. Même scénario pour les gants : en porter, c'est devoir penser qu'en les utilisant sans les changer à la fin de chaque action est presque pire que de ne pas en mettre : on se lave les mains moins souvent.
Tester les équipes ?
Ce n'est pas requis : chacun doit se surveiller et alerter en cas de symptôme, mais une entreprise n'a pas le droit d'organiser de campagne de test. D'une part parce que les test PCR ne sont valables qu'à l'instant T, ensuite, parce qu'ils requièrent une vraie compétence médicale. Chaque salarié doit faire attention à lui et surveiller ses symptômes. Et si l'employeur peut mettre en place une procédure pour prendre la température des salariés, eux peuvent refuser. L'employeur serait en droit de demander au salarié de ne pas occuper son poste, mais pourrait avoir à lui payer sa journée de travail quand même.

Et si un salarié déclare des symptômes, l'employeur doit l'isoler et désinfecter le lieu d'isolement quand la personne en est sortie. Elle devra ensuite téléconsulter un médecin. Si des symptômes graves se présentent en entreprise, il faut également appeler le Samu, qui décidera de la marche à suivre.
Quelques précautions
En aucun cas, un employeur ne peut conserver les données médicales de ses salariés sur un support écrit. Par exemple, les relevés de températures ne doivent pas être consignés. L'utilisation de caméra thermique est également interdite.

Quant au nettoyage des locaux, la désinfection n'est pas obligatoire si les locaux n'ont pas été occupés durant 5 jours avant la réintégration, un simple nettoyage est suffisant, le virus n'étant pas résistant au delà de plusieurs jours sur certaines surfaces. Enfin, en cas de désinfection complète, les produits doivent contenir les molécules de tensioactifs capables de tuer les germes de Covid-19.
 
48 guides métiers pour accompagner les entreprises
 
Le ministère du Travail met à disposition deux outils pratiques pour aider et accompagner les entreprises et les associations, quelle que soit leur taille, leur activité et leur situation géographique dans cette période de crise sanitaire.

Il propose des fiches conseils pour accompagner les employeurs à qui incombent la responsabilité de la sécurité et de la santé des travailleurs. Une équipe d’experts a formulé des préconisations pour répondre au double défi de continuité de l’activité économique et de protection des travailleurs.

48 guides métiers sont d’ores et déjà disponibles sur le site du ministère du Travail : https://travail-emploi.gouv.fr. Chaque fiche conseils détaille, par métier ou secteur d’activité, la façon dont doivent s’appliquer les gestes barrières et les règles de distanciation sociale. Parmi ces fiches conseils, on retrouve : le travail en caisse, la fiche chauffeur-livreur, la fiche agent de sécurité, l'entretien des surfaces, la collecte des ordures ménagères...

D'ici le 11 mai, une soixantaine de guides seront publiés. Ces fiches sont mises à jour en fonction de l’évolution de la connaissance sur le virus et ses modes de transmission.
 
 

Pour en savoir plus :

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1 commentaire

Vos commentaires

MartinEden 08.05.2020
Achat de masques

Où est il possible ible d'acheter des masques avant le 11 ai en Guyane ?
Pas seulement sur Cayenne bien entendu.
Sont-ils présents dans les grandes surfaces, pharmacies, stations essence et petites épiceries de la région ?
Il serait bien de savoir le 11 mai aussi combien de masques a en mains propres le rectorat.

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