France-Antilles et ses partenaires utilisent des cookies pour le fonctionnement de leurs services, réaliser des statistiques d’audience, proposer des contenus et publicités personnalisés. En utilisant ce site, vous consentez à cette utilisation. En savoir + et gérer ces paramètres. OK
  • Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr

Centrale du Larivot : l’enquête publique est en ligne jusqu’au 20 mai

A.G. Vendredi 24 Avril 2020 - 07h40
Centrale du Larivot : l’enquête publique est en ligne jusqu’au 20 mai

L’enquête publique concernant le projet de centrale thermique du Larivot est ouverte jusqu’au 20 mai, uniquement sous forme dématérialisée. Cette centrale doit remplacer celle de Dégrad-des-Cannes quand elle cessera définitivement de fonctionner, en 2023.

Malgré la crise sanitaire de Covid-19, l’enquête publique concernant la centrale thermique est maintenue. Elle se déroulera jusqu’au 20 mai compris, uniquement par voie dématérialisée (sur ce lien). Une solution que déplore le président de Guyane nature environnement, Rémi Girault : « Déjà qu’historiquement on aurait dû avoir un débat public plutôt qu’une concertation, avoir une enquête publique uniquement en ligne, c’est insuffisant. Vue l’importance du dossier, il aurait fallu des réunions physiques avec des commissaires enquêteurs. »
Cette centrale hybride de 120 MW (megawatts) d’énergie thermique et de 10 MW de solaire doit remplacer celle de Dégrad-des-Cannes qui sera stoppée en 2023, après quasiment trente ans de service. Son coût est estimé à plus de 300 millions d’euros. Son fonctionnement ne nécessitera que de 60 à 90 personnes contre 120 environ à Dégrad-des-Cannes.
Le choix critiqué d’un terrain au Larivot
Trois sites avaient été initialement envisagés pour construire cette nouvelle centrale. Le premier, le terrain de l’actuelle centrale de Dégrad-des-Cannes, présentait l’avantage, comme on peut le lire dans l’enquête publique, « de pouvoir bénéficier des installations existantes mais n’était pas compatible avec le plan de prévention des risques technologiques (PPRT) du dépôt pétrolier de la SARA voisin ». Le deuxième, la zone d’activité du GPMG, « terrain parc à venir » n’a notamment pas été retenu par rapport aux délais d’acquisition. C’est donc le troisième, un terrain de 120 hectares à Matoury, au bord de la RN1 et à environ un kilomètre du port de pêche du Larivot, qui a été choisi. « La zone ciblée pour la centrale thermique correspond à des parcelles sur lesquelles le plan local d’urbanisation autorise déjà la construction d’installations ayant des activités industrielles. Ces parcelles ne sont pas concernées par des aléas inondation au titre du plan de prévention du risque inondation (PPRI) de l’île de Cayenne. Aucune habitation ou établissement proche n’est situé dans l’axe des vents dominants. »
La localisation du projet a été actée par la Collectivité territoriale de Guyane (CTG) lors l’assemblée plénière du 10 février 2017 qui a validé la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). EDF PEI a acquis le terrain du Larivot en septembre 2017. Le choix de cette zone de marais et de mangrove, riche en biodiversité, ne fait cependant pas l’unanimité. Le Conseil national du patrimoine naturel (CNPN) a émis un avis défavorable au projet (pièce 7.2 de l'enquête publique) et l’autorité environnementale a pointé une trentaine d’insuffisances (pièce 7.1 de l'enquête publique).
Une centrale thermique de 120 MW
La centrale thermique du Larivot, d’une puissance totale d’environ 120 MW, sera composée de sept moteurs fonctionnant au fioul domestique (FOD). Son alimentation sera garantie via un oléoduc (lire ci-contre). Bien que les moteurs de la centrale thermique soient convertibles au gaz naturel, cette option n’est pas retenue pour l’instant. EDF PEI indique ainsi que « la possibilité d’une alimentation au gaz de la centrale sera décidée ultérieurement à la suite d’une étude portée par les pouvoirs publics ».
La centrale du Larivot accueillera aussi une unité photovoltaïque constituée de panneaux sans stockage d’une puissance totale de 10 MW. Les deux centrales de ce site, classé Seveso, auront une emprise de 10 hectares chacune. Un poste d’évacuation et de répartition (HTB) distribuera l’électricité produite vers le réseau.
La préparation du site doit commencer cette année et les travaux de génie civil l’année prochaine. L’installation et les essais des équipements électriques et mécaniques sont prévus en 2022, pour une mise en service en 2023.

Vue architecturale depuis depuis la route départementale 19 - EDF-PEI
Quid de 100 % énergie renouvelable à l’horizon 2030 ?
Le site photovoltaïque de la centrale du Larivot contribue à la réalisation de l’objectif de 140 MW de projets d’énergie renouvelable (ENR) prévus d’ici à 2023 dans la PPE. Mais la centrale thermique, elle, va à contre-courant des objectifs prévus pour 2030, selon Rémi Girault : « Je ne vois pas comment on va atteindre un objectif de 100 % ENR d’ici à 2030 en construisant une centrale thermique de 120 MW ! D’autant que, pour avoir le label de centrale hybride, ils ont ajouté 10 malheureux mégawatts d’énergie solaire au projet. On est dans du dirty greenwashing car, en plus, les panneaux vont être installés sur dix hectares de marais et de mangrove ! Pourquoi ne pas mettre ces panneaux sur des surfaces artificialisées ? Dans la zone Collery, par exemple, il n’y a pas un panneau solaire sur les toitures des centres commerciaux ou autres bâtiments (…) » Plusieurs projets biomasse et solaires, avec ou sans stockage, sont en construction ou en projet en Guyane mais le calendrier reste serré… Michel Durand, directeur d’EDF, rappelle que, depuis octobre, à cause de la sécheresse, 80 % de l’énergie produite en Guyane est d’origine thermique. « Une fois qu’on enlève le barrage de Petit-Saut, la proportion d’énergie renouvelable est encore faible. La centrale du Larivot est d’abord là pour sécuriser l’approvisionnement puis pour permettre aux énergies renouvelables de se développer. En tant que telle, cette centrale ne répond pas à l’ensemble des besoins de la Guyane. Même si elle tourne à son maximum, à l’horizon 2025, on aura besoin de 40 MW de plus pour alimenter la Guyane. »
À terme, EDF PEI envisage un fonctionnement de la centrale du Larivot à la biomasse liquide, c’est-à-dire à base d’huile végétale ou de bioalcools. Mais de telles filières d’approvisionnement restent à créer…
Un oléoduc de 14 km
Afin d’acheminer le fioul jusqu’à la centrale du Larivot, EDF PEI prévoit la construction d’un oléoduc de 14 km depuis le port de Dégrad-des-Cannes, qui passera dans les communes de Rémire-Montjoly, Cayenne et Matoury. EDF PEI explique que « le port du Larivot n’était pas équipé pour recevoir du combustible, même par barges, dans les quantités requises et ne pouvait pas l’être compte tenu de son faible tirant d’eau et de l’envasement du fleuve Cayenne ».
A l’exception des parties amont et aval, l’oléoduc sera enterré sur tout le tracé à une profondeur d’un mètre minimum. Il sera situé essentiellement en bordure de voies de circulation. En cas d’indisponibilité de l’oléoduc, le site thermique dispose d’une capacité de stockage de combustible pour une autonomie de 90 jours en fonctionnement normal.

Vision complète du projet et du tracé de l’oléoduc approvisionnant en combustible le site thermique depuis le port de Dégrad-des-Cannes - EDF-PEI
 

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
3 commentaires

Vos commentaires

Gérard Manvussa 24.04.2020

Un terrain en pleine zone urbaine scandaleux. Une enquête publique pendant le confinement. Encore une histoire de gros sous. Encore un scandale d'Etat en Guyane, dernier territoire d'Amérique du sud toujours occupé par l'empire colonial.

Répondre Signaler au modérateur
mikeromeo 24.04.2020

Ce qui est bien avec certains, c'est que leur régime alimentaire n'a pas changé durant le confinement.
On met les industries là où on en a besoin : Proche des centres de consommation pour la continuité et proche des lignes déjà existantes.
Et puis ce n'est que du stockage de pétrole liquide.

Répondre Signaler au modérateur
mikeromeo 24.04.2020

EDF PEI ?
Ce ne serait pas plutôt EDF-SEI ?
Quant aux EnR, plus on en met et plus il faut stabiliser le réseau (thermique, batterie, ...)

Répondre Signaler au modérateur
Sur le même thème
5 commentaires
1 commentaire
A la une
1 commentaire
2 commentaires