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Après la tempête, des interrogations

P. E. M / P. R Mardi 26 juin 2018
Après la tempête, des interrogations
Les toits plus classiques n'ont pas été épargnés. (PEM)

Suite à la tempête qui a soufflé chez nous dimanche, les Guyanais cherchent des réponses à leurs interrogations. Les préoccupations se focalisent sur la qualité des ouvrages de BTP et la fiabilité de la vigilance climatique.

Il n'y a pas eu d'alerte météo déclenchée en prévision des rafales de vent qui ont dévasté plusieurs habitations dans l'Île de Cayenne, arraché des arbres et endommagé des voitures un peu partout jusqu'à l'Ouest guyanais dimanche. La question est devenue un sujet d'inquiétude pour la population. D'aucuns se demandent s'il y a lieu de revoir les normes de construction en Guyane, d'autres s'ils sont réellement protégés des risques des intempéries avec « un système de vigilance climatique qui montre des limites inquiétantes » .
« CE QUI S'EST PASSÉ N'ÉTAIT ABSOLUMENT PAS PRÉVISIBLE »
« Pourquoi les autorités préfectorales sont restées silencieuses et n'ont pas déclenché d'alerte à l'approche de la tempête ? » , peut-on entendre dans les rues de Cayenne. Une question d'autant plus importante que « les toits qui s'envolent avec le vent, les arbres qui sont arrachés et tombent sur des habitations, etc., tout cela aurait pu entraîner des drames au-delà des dégâts matériels constatés » . À titre de rappel : la station météo de Cayenne Suzini a relevé une vitesse de vent de 94,7 km/h. C'est la deuxième valeur jamais enregistrée en Guyane. La plus grande reste celle mesurée par la station météo de Kourou le 29 juin 2005 et qui était de 108 km/h.
La préfecture n'a pas souhaité répondre à nos sollicitations sur cette question précise, mais nous a plutôt orienté vers Météo-France. Là, peut-être, se trouve l'explication sur l'absence d'alerte : « Ce qui s'est passé dimanche en Guyane n'était absolument pas prévisible, affirme Yves Clémenceau, directeur du service météorologique de la Guyane. Ce sont des nuages orageux à développement très rapide et extrêmement imprévisibles. Il se forment de manière très aléatoire, sans qu'il soit possible de prévoir comment ils vont se comporter. » Le responsable Guyane de Météo-France parle de « phénomène particulier » , sans pouvoir expliquer pourquoi celui-ci a généré autant de vent. « Des phénomènes de la même ampleur, il y en a sans doute très souvent en forêt ou en pleine mer, sans que cela ne se remarque, ajoute-t-il. La seule exception, c'est que cette fois, c'est arrivé en zone habitée. »
Les deux bâtiments -dont les toitures ont été arrachées- qui font polémique à la Zac Hibiscus, à Cayenne (PEM)
DES INTERROGATIONS SUR LA SOLIDITÉ DES BÂTIMENTS NEUFS
« En Guyane, la vitesse du vent est en moyenne de 17 mètres par seconde, rappelle un expert du BTP. La pointe d'hier a été mesurée à 26 mètres par seconde. Les toitures étaient tout de même censées résister à de tels vents. » Cependant, il reste interrogatif sur des questions de mise en oeuvre : « à la ZAC Hibiscus, les toitures n'étaient-elle pas mal orientées ? Les pannes étaient-elles bien fixées ? Les tire-fond ? » D'après Alain Chrétien, président de Consommation, logement et cadre de vie (CLCV) : « Selon le cahier des charges, la toiture devrait être de 0, 8 mm d'épaisseur. Celles d'Hibiscus étaient sûrement plus fines. » Marie-Laure Drillien, secrétaire générale de l'Ordre des architectes, de son côté, relativise : « 95% des bâtiments endommagés par la tempête sont soit anciens, soit construits sans architecte, affirme-t-elle. D'ailleurs, seuls deux bâtiments sur plus d'une dizaine de la ZAC Hibiscus sont concernés. Il faut envisager qu'il s'agisse là d'un problème factuel. »
Le bilan humain et matériel
Les services de secours ont été particulièrement sollicités lors du passage du phénomène météorologique de dimanche sur la Guyane.
De leur côté, les sapeurs-pompiers ont dénombré 66 interventions pour venir en aide à des personnes, bloquées par des chutes d'arbres ou de toitures.
Les techniciens d'EDF, qui sont intervenus à onze reprises, ont pris en charge la réparation de câbles électriques tombés au sol par la force du vent.
Les agents de la Collectivité territoriale de Guyane ont été appelés six fois pour libérer la circulation obstruée par endroits.
S'agissant des victimes humaines, on dénombre deux blessés après la chute d'arbres au Grand Hôtel de Montabo à Cayenne. Un bilan qui aurait pu s'avérer beaucoup plus lourd compte tenu de la violence des vents et des images impressionnantes de chutes de toitures qui ont circulé sur les réseaux sociaux.
HRE
ILS ONT DIT
Yumy Pardoconde, propriétaire d'une maison à proximité d'arbres à Cayenne : « Je me suis dit : il manque quelque chose »
(PEM)
J'étais affolée parce que j'étais seule à la maison. J'ai entendu le bruit, mais je n'ai jamais pensé que c'était le manguier qui était tombé. C'est en cherchant mon compagnon parce que la barrière autour de la maison s'effondrait que je suis arrivée dehors et je me suis dit : « C'est pas vrai! Il manque quelque chose ici » . C'était le manguier.
Éric Bibas, propriétaire d'une maison au toit abîmé à Cayenne : « J'étais dans la maison avec deux nourrissons de deux mois »
(PEM)
J'ai eu très peur parce que j'étais dans la maison avec deux nourrissons de deux mois et leur maman. J'ai vu le toit se soulever et se remettre en partie en place. Deux ou trois feuilles de tôle sont parties, heureusement qu'il n'y avait personne qui passait. J'espère que l'État va reconnaitre la situation de catastrophe naturelle pour cet épisode en Guyane. Un peu d'aide ferait du bien pour les réparations.
Propos recueillis par P. E. M.

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