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Annick Girardin propose un plan de relance de la pêche guyanaise

Samir MATHIEU Lundi 03 septembre 2018
Annick Girardin propose un plan de relance de la pêche guyanaise
Annick Girardin a assisté à une démonstration de drones servant à lutter contre la pêche illégale (lire ci-dessous) (SM)

La ministre des Outre-mer a rencontré hier matin la filière pêche lors d'une visite au port du Larivot et d'une table ronde à la préfecture. L'État va accompagner la relance de la pêche en Guyane a promis la ministre.

« Je suis venue avec une proposition qui implique un changement de modèle qui va se décliner sur trois thèmes : la pêche illégale, les infrastructures et la formation. » La ministre des Outre-mer Annick Girardin a voulu être directe avec les pêcheurs pour faire avancer les dossiers en cours et les aider à redresser la barre. Il est vrai que la situation de la profession est particulièrement compliquée en Guyane, après des années plutôt fastes.
La ministre et les représentants de la pêche se sont retrouvés à la préfecture pour une table ronde. Pendant une grosse heure, ils ont échangé sur la situation en Guyane et sur les solutions à trouver pour que l'économie maritime relève la tête.
RÉFLECHIR ENSEMBLE PUIS AGIR
Annick Girardin a proposé un plan en trois actes, qui doit être mis sur pied d'ici le 31 décembre. Elle privilégie la concertation avec les marins pêcheurs et leur a demandé de participer à cette réflexion. Concernant l'aide de 2 millions d'euros accordée au titre de l'Accord de Guyane, la ministre a dit qu'elle était toujours d'actualité, que l'État tiendrait ses engagements et était même prêt à mettre plus. Elle l'a seulement conditionnée à la mise en route de ce plan de transformation du modèle de pêche guyanais. Annick Girardin a aussi proposé aux pêcheurs de soutenir l'idée de création d'un campus des métiers de la mer. Plusieurs départements d'Outre-mer sont sur le projet.
DÉVELOPPER ET SOUTENIR LA FORMATION
Ce projet pourrait voir le jour d'ici deux ans et permettrait de valoriser la filière! En attendant l'École maritime doit continuer de fonctionner. L'État soutiendra financièrement la structure jusqu'à la fin de l'année. Pour la suite, la ministre s'est tournée vers la Collectivité terroritoriale dont c'est la compétence. « La Guyane a intérêt à déposer le premier projet. Elle a son épingle à tirer » , a souligné la ministre au sujet des formations maritimes. Sur l'attractivité, Annick Girardin a clairement expliqué qu'il y avait aussi un problème en terme de rémunération, et que c'était aux pêcheurs de travailler sur cet aspect-là. Georges-Michel Karam, le président du Comité régional des pêches maritimes, est ressorti plutôt satisfait de la réunion avec Annick Girardin, même si beaucoup reste à faire.
Neuf postes de surveillants en plus à la prison
La ministre de la Justice Nicole Belloubet a visité le centre pénitentiaire samedi après-midi juste après son arrivée en Guyane. Elle était accompagnée de la ministre des Outre-mer Annick Girardin. Elle a fait quelques annonces à l'issue de cette visite.
Nicole Belloubet et Annick Girardin ont rencontré la direction de la prison, les détenus, les surveillants et les syndicats.
Le centre pénitentiaire de la Guyane a mal vieilli... c'est un peu le propos qu'a tenu la ministre de la justice Nicole Belloubet à l'issue de sa visite samedi après-midi. La garde des Sceaux a fait le constat que l'infrastructure présente de nombreuses marques du temps alors qu'elle a été inaugurée il y a un peu plus de vingt ans en 1997. Elle l'a entre autre attribué aux effets « du climat tropical » . Des travaux ont été réalisés en terme de sécurité avec la rénovation des cuisines.
Nicole Belloubet a par ailleurs pris conscience des souffrances qui se sont exprimées à son passage auprès des détenus. Ils sont plus de 700 pour environ 600 places. Une surpopulation carcérale qui a été mise en exergue par les syndicats, même si celle-ci est en légère diminution ces derniers temps. La ministre a déploré les conditions de détention qui découlent de cette surpopulation carcérale. Elle a également regretté le manque d'activité proposée aux détenus.
La ministre a annoncé la création de neuf postes supplémentaires, ce qui portera à environ 17 0 le nombre de surveillants. Du personnel qui devra pouvoir bénéficier de formations a insisté la ministre. « Cette question est essentielle parce cela contribue à la sécurité de l'établissement » , a-t-elle précisé.
La ministre s'est enfin félicitée des démarches qui ont été entreprises pour créer du lien au sein de la prison. « Il y a des efforts qui ont été faits de manière extrêmement intéressante en terme d'établissement de la paix sociale » , a souligné Nicole Belloubet. La ministre a ainsi cité le cas des détenus médiateurs instaurés à la prison.
Samir MATHIEU
Le Larivot vétuste
La pêche souffre tout d'abord de la concurrence parfois déloyale des pêcheurs brésiliens et surinamais qui empiètent dans les eaux territoriales. La pêche souffre aussi d'un manque cruel de vocations.
Il manque de marins, et certains, une fois formés, vont vivre de leur métier au Brésil, au Suriname ou au Guyana, car les prix des poissons y sont plus élevés. Enfin, et les pêcheurs ont présenté la situation directement à la ministre, les infrastructures sont vieillissantes, en très mauvais état et demandent beaucoup d'investissements, notamment au port du Larivot à Matoury. Sur place, la ministre a pu constater que plusieurs bateaux étaient à quai en raison de leur vétusté, et des difficultés financières des propriétaires pour réaliser les mises aux normes. Elle s'est également approchée du vieux ponton en bois, d'environ deux cent mètres, qui n'est plus utilisable en raison de sa détérioration. Il s'agit d'un handicap pour le port. La ministre est aussi montée à bord d'un bateau pour constater les conditions de travail et de vie des marins-pêcheurs.
Des drones pour lutter contre la pêche illégale
La ministre des Outre-mer Annick Girardin a assisté hier matin à une démonstration de drones sur la plage de la CTG à Cayenne. Il s'agit de drones achetés par l'État pour permettre d'opérer une surveillance maritime. Ils entrent dans le cadre du plan d'action contre la pêche illégale. Mais pour l'instant, il s'agit simplement d'une expérimentation. Ce sont les services de l'État qui prendront la décision de péreniser ou non l'utilisation de ces drones. Bien évidemment, les élus locaux ont plaidé auprès de la ministre en faveur de ces drones fabriqués par le groupe Thalès.
Un dimanche à Saint-Georges
(BD)
Le déplacement à Saint-Georges de l'Oyapock des deux ministres restera marqué dans la mémoire des Oyapockois. Le maire Georges Elfort a mis les petits plats dans les grands pour recevoir Annick Girardin, ministre des Outre-mer et Nicole Belloubet, ministre de la Justice.
Dès leur descente de l'avion militaire, qui les a emmenées dans la capitale de l'Est guyanais, le premier magistrat de la commune a lui-même effectué une visite guidée de la place des fêtes et du débarcadère. Une démarche qui avait un sens symbolique. « Je voulais montrer à la garde des Sceaux, qui effectue son premier séjour en Guyane, que lorsqu'on dit que l'on est près du Brésil, que ce n'était pas une vue de l'esprit. Je lui ai même dit que je traversais le fleuve à la nage quand j'étais jeune. » Le maire a aussi eu un long tête à tête avec les deux ministres dans son bureau. Beaucoup de dossiers ont été mis sur la table selon une indiscrétion. Les ministres ont rencontré ensuite la population dans la salle des délibérations en présence des parlementaires Antoine Karam et Gabriel Serville, du maire de Régina Pierre Désert et de Rodolphe Alexandre, président de la Collectivité territoriale. Ce dernier, en présence des élus de la commune d'accueil, a présenté aux ministres les plans de la nouvelle cité scolaire dont l'ouverture est prévue en 2021. Dans l'après-midi, Georges Elfort a mis à contribution les deux ministres pour l'inauguration de la Maison de services baptisée Sincère-Mandé, en présence de la veuve de ce dernier. Figure de la commune, Sincère Mandé était infirmier et a été par la suite élu premier maire de Camopi, commune voisine.
Après une visite du centre de coopération policière de Saint-Georges, les membres du gouvernement se sont rendus sur le pont de l'Oyapock. Une visite chargée qui rentrait dans le coeur des échanges transfrontaliers entre la France et le Brésil.
Bernard DORDONNE

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