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édition — sortie du roman Atipa en BD

Tyséka Castor, illustratrice : « Je suis fière d'avoir travaillé sur un tel projet »

Propos recueillis par Stéphane HESPEL Lundi 1 Juin 2020 - 14h27
Tyséka Castor, illustratrice : « Je suis fière d'avoir travaillé sur un tel projet »
Tyséka Castor est partie au Canada à l'âge de 17 ans (notre photo). Elle vit depuis novembre 2019 à Séoul, où elle a réalisé ses derniers dessins de l'adaptation du roman Atipa en BD. - Photos DR — Montage SH

Le 25 mai sortait en librairie l'adaptation en BD du roman Atipa. Ecrite en créole guyanais, cette œuvre est mondialement connue. Co-auteur de cette édition en tant qu'illustratrice, Tyséka Castor, âgée de 25 ans, qui vit actuellement à Séoul, revient pour nous sur cette expérience unique à laquelle elle a consacré deux ans, entre le Canada et la Corée du Sud.

Vous êtes Guyanaise, avez grandi à Matoury, mais vous vivez à Séoul (Corée du Sud). Depuis combien de temps ?
Je suis arrivée à Séoul fin novembre 2019. Cela va faire 6 mois que j'y vis maintenant. L'Asie a toujours été ma destination de rêve depuis l'enfance. Et grâce au programme Vacances-travail, j'ai l'opportunité aujourd'hui de visiter la Corée pendant un an.

Le dessin a t’il toujours été votre passion ? 
Il y a toujours eu deux grandes passions dans ma vie : la danse et le dessin.

Quelles sont vos références, vos auteurs préférés ?
L'univers du Manga a une grande influence sur mon style artistique (j'ai lu mon premier manga au collège). Mes auteurs favoris sont donc principalement Japonais : Yana Toboso, Takeshi Obata, et Posuka Demizu. J'admire tout de même des artistes d'ailleurs, tel que J.C Leyendecker et Julie Dillon. Il y a également beaucoup d'artistes que je suis sur les réseaux sociaux et dont je suis absolument fan.

Comment avez-vous été amenée à adapter Atipa en BD ?
L'Atelier Aymara (responsable de la publication de la BD Atipa, ndlr) m'a contactée directement pour me parler du projet. J'avais auparavant déjà travaillé sur un projet d'illustration avec eux, donc je pense qu'ils ont dû apprécier mon travail et voulu collaborer une fois de plus pour Atipa.

Vous sentiez-vous prête à travailler sur ce projet ?
Je savais que c'était un très gros projet et était donc un peu anxieuse. C'était la première fois que j'allais travailler sur un projet d'une telle ampleur. Mais, je savais que si l'atelier Aymara m'avait personnellement choisie, c'est qu'ils avaient confiance en mes qualités d'artiste.

Comment avez-vous travaillé avec votre co-auteur et scénariste Denis Lamaison ?
Comment j'étais au Canada, lors de la production, les échanges avec Denis Lamaison étaient principalement par email ou sur la plateforme Slack, et des fois aussi par Skype. 

Connaissiez-vous le roman auparavant ?
Avant le projet, non je ne connaissais pas le roman Atipa. Et en effet, je pense peut-être avoir une certaine affection envers Atipa, mais aussi avec tous les autres personnages.

Que cela signifie-t-il pour vous d'avoir travaillé sur ce projet ?
Je suis fière d'avoir travaillé sur un tel projet. C'est une grande fierté personnelle, car cela n'a pas été de tout repos de dessiner une BD « entière » mais aussi en tant que Guyanaise. Cette adaptation a en effet pour but de remettre sous la lumière des projecteurs une des œuvres littéraires et d'atteindre une audience différente : les jeunes. Nous espérons que ce sous format un peu moins
« ennuyeux », les jeunes retrouveront le goût de la lecture et en apprendront un peu plus sur leur patrimoine culturel. J'espère aussi que ce projet ouvrira les portes à d'autres opportunités d'adaptation (en BD ou voire même qui sait d'animation) de d'autres œuvres telles que celles de Léon Gontran Damas par exemple.

Combien de temps ce travail vous a pris ?
A peu près 2 ans. 

Avez-vous travaillé sur d'autres projets ? En avez-vous en cours ?
 
En 2016, j'ai travaillé avec un auteur sur un "one-shot" manga d'une dizaine de pages. Depuis, je ne travaille pas sur de gros projets, juste des commissions d'illustrations par-ci par-là. En ce moment, je me focalise plus sur d'autres domaines artistiques tels que la danse, le chant et le théâtre, ici à Séoul.

Ce travail occupait-il toutes vos journées ?
Jusqu'à cette année, oui. Bien que la danse ait toujours été présente également. Lorsque j'étudiais en Art à Montréal, je faisais aussi partie d'une compagnie de danse contemporaine.

Que faîtes-vous aujourd'hui à Séoul ?
En ce moment je me focalise donc un peu plus sur la danse, mais aussi sur le chant et le théâtre. Je suis inscrite à une académie qui offre une diversité de cours dans ces domaines. Je passe également des auditions afin de pouvoir éventuellement être recrutée par une agence et performer en tant qu'artiste. 

Avez-vous encore d'autres envies de voyages, en Asie ou ailleurs ?
Mon désir de voyages est constant et la liste de pays que je voudrais visiter est longue. Le Top 5 serait : Japon, Nouvelle-Zélande, Egypte, Thaïlande et Vietnam.

Comment s’est passée la crise sanitaire en Corée du Sud ?
Ça s'est relativement bien passée ici. Il n'y a pas vraiment eu de confinement strict. Nous pouvions sortir tant que nous portions un masque et respections les règles sanitaires. La plupart des commerces et autres lieux publics étaient également ouverts (les écoles étaient fermées bien entendu). Donc, la vie au quotidien restait plus ou moins la même.

Comment réussissez-vous à vivre aussi éloignée de la Guyane ?
J’ai quitté la Guyane pour le Canada à 17 ans (notre photo, ndlr) et depuis je vis à l'étranger. Je ne sais pas s'il y'a des Guyanais, mais j'ai une amie qui vient de Guadeloupe ici.

Êtes-vous déjà allée en Corée du Nord ? Connaissez-vous l'auteur de BD québécois Guy Deslile, qui a vécu en Corée du nord ?
Non, je n'y suis pas allée. Je voudrais bien visiter la DMZ (zone coréenne démilitarisée) mais je ne pense pas avoir le courage de franchir la frontière (rires). Malheureusement non, je ne connais pas Guy Deslisle, juste son œuvre sur Pyongyang.

Revenez-vous souvent en Guyane ? Deviez-vous être là pour la sortie de la BD ? Et quand viendrez-vous la prochaine fois ?

Oui, je suis revenue déjà plusieurs fois pendant des vacances. Ma présence pour la sortie de la BD n'était pas prévue, non. Et je ne sais pas exactement quand je reviendrai mais je ne pense pas avant un an ou deux. 


2 000 exemplaires et bientôt
en vente dans l'Hexagone
La jeune Matourienne, aujourd'hui âgé de 25 ans, a travaillé en collaboration avec le scénariste Denis Lamaison sur ce projet. - Capture d'écran DR
Le roman, adapté par l’illustratrice Tyseka Castor et le scénariste Denis Lamaison, est proposé en bilingue (créole et français).  Distingué par l’Unesco dans la collection d’œuvres représentatives de la littérature mondiale, l’œuvre originale (publié en 1885 à Paris par Alfred Parepou et parue en bande dessinée, le 25 mai, sous la direction de l’Atelier Aymara ) est donc aujourd’hui modernisée. La Collectivité territoriale s'est impliquée dans la réalisation de cet ouvrage. Elle a notamment apporté un soutien à hauteur de 15 000 euros pour l’édition de 2000 exemplaires.
Aujourd’hui disponible dans les points de vente en Guyane, une diffusion dans l’Hexagone est envisagée permettant à la Guyane de rayonner davantage. Rodolphe Alexandre, président de la CTG, lors de la sortie officielle de l'ouvrage la semaine dernière, s’est dit « ravi de l’aboutissement de ce projet, pour la valorisation de la culture guyanaise ».
Ca, di zòte, live la pou ca anpprendne engnin, yé wa anmisé toujou qué li (*), écrivait le 17 janvier 1885 Alfred Parépou, l'auteur d'Atipa.
(*) « Ceux d'entre vous à qui le livre n'apprendra rien, pourront toujours y trouver de quoi se distraire »
Atipa en BD, chronique caustique de la vie guyanaise dans la seconde moitié du XIXe siècle, revisitée en mode manga.
Prix : 20 euros.
 

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