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« Si on a pu contribuer au développement culturel, alors on est heureux »

Vendredi 24 mai 2019
« Si on a pu contribuer au développement culturel, alors on est heureux »
Eric Michel est arrivé en 2013 pour sauver la cinéma Urania d’une mort annoncée. Depuis, plus de 200 000 spectateurs ont fréquenté le cinéma. - hespels

Eric Michel est le directeur du cinéma Urania de Kourou depuis 2013. Il quitte son poste à la fin du mois, pour retourner à son premier métier, la production et la réalisation télévisée. Il dresse le bilan de ces six années passées à la tête du seul cinéma de la ville spatiale qu'il a largement contribué à faire évoluer.

Quelle était votre vie professionnelle avant d’arriver

à la tête de l’Urania ?

Je suis producteur et réalisateur autodidacte depuis plus de trente ans pour la télévision. J’ai réalisé des émissions et des reportages pour beaucoup de chaînes télévisées : TF1, France2, France3, Arte... Pour la petite histoire, on m’avait proposé un contrat au centre spatial en 1989, mais je voulais absolument travailler sur Antenne 2 à l’époque. Finalement, la vie a remis la Guyane sur ma route, plus de vingt ans après. Je suis arrivée en couple en 2012. Nous voulions vivre ici avec ma compagne, c’était un choix de vie. Certes, nous avions eu comme projet de rouvrir un petit cinéma dans une petite ville de province car nous étions très attachés au cinéma de proximité, mais je ne pensais pas pouvoir travailler dans le cinéma ici, en Guyane. Je m’étais plutôt tourné vers mon autre métier en arrivant ici, la réalisation de reportages pour la télé.

Comment êtes vous devenu le directeur du cinéma ?

J’ai rencontré Daniel Robin (directeur de la Société guyanaise de spectacle, gérant du site) qui m’a fait confiance et m’a confié le poste de directeur du cinéma en septembre 2013. J’ai accepté ce poste par conviction. À cette époque, le cinéma était presque fermé. J’ai d’abord voulu remettre un coup de neuf, en réhabilitant les lieux, déjà, avec de nouveaux sièges, en refaisant toutes les peintures. On a aussi créé un espace détente, avec des bonbons, du pop-corn, des boissons. Je voulais vraiment faire évoluer le cinéma. Avant, le même film restait à l’affiche pendant un mois et il y avait très peu de choix. Le numérique donne l’avantage d’être synchro avec la Métropole, il n’y a a plus de décalage. Mon ambition, c’était donc de passer un film tous les jours. On a rouvert la deuxième salle en 2016. Elle est ultra équipée, avec la 3D. Du coup, on a pu passer deux films différents chaque soir. Aujourd’hui, on est à quinze films différents par semaine. Chaque soir nous proposons un film différent et notre programmation est très éclectique. J’ai aussi mis en place des rendez-vous. Par exemple, tous les soirs, je passe des films en version originale. Mon but était d’apporter une grande diversité. J’ai aussi voulu que le cinéma soit impliqué dans la vie de la ville. On offre des cadeaux durant les lotos, on fait des opérations Cinéma à 1 euro, pour que notre cinéma soit populaire. On a remis en place l’opération école et cinéma. On met aussi à disposition la salle pour les arbres de Noël, on a des partenariats avec les comités d’entreprise, on soutient également les démarches sportives, comme celle de Nicolas Maubert. On a aussi monté Cinétoile avec Christophe Belvèze.

Quel bilan tirez-vous de ces six années passées

à la tête de l’Urania ?

J’aurais pu attendre ma retraite ici. L’Urania, c’est un peu comme mon bébé. C’est une bulle de bonheur au milieu de Kourou. Le cinéma a retrouvé la place qu’il méritait. Désormais, les gens en parlent en bien. Il fonctionne bien, les sièges sont tout neufs, le matériel de projection aussi. Tous les feux sont au vert. Je me suis investi à fond. Désormais, je peux retrouver mon métier de réalisateur de télévision. Je vais monter une chaîne télé en Lozère.

Quel regard portez-vous sur la vie culturelle à Kourou ?

Il y a un énorme potentiel mais ici les gens n’osent pas trop. Quand des belles choses se créent, ça ne marche pas autant que ça devrait. Il y a de jolies pièces de théâtre, des spectacles de danse avec beaucoup de communication sur ces événements, et pourtant il y a peu de public. En Guyane, il y a une grosse marge de progression. Il y a des choses qui bougent mais bien souvent pour un maigre résultat. À Kourou, toute la ville vit au rythme du centre spatial. On programme les événements en fonction des lancements de fusée, alors si le lancement est reporté et que notre événement tombe ce jour-là, il n’y a personne. Mais ici, il y a une force, un vrai potentiel, une richesse culturelle. Beaucoup d’efforts sont faits. Le pôle culturel se développe, ça bouge, de belles choses émergent. Si à l’Urania on a pu contribuer à notre façon à ce développement de bases culturelles, alors on est heureux.

Propos recueillis par Aurélie PONSOT

Eric Michel est arrivé en 2013 pour sauver la cinéma Urania d’une mort annoncée. Depuis, plus de 200 000 spectateurs ont fréquenté le cinéma. - hespels

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Vos commentaires

HOBBES 25.05.2019

Un grand merci pour l'énergie investie

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