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MEDIAS

Rudy Rabathaly, le parcours d'un passionné

Melinda BOULAI (France-Antilles Martinique) Lundi 24 Août 2020 - 09h27

Rudy Rabathaly prend sa retraite et c'est une nouvelle page qui se tourne pour France Antilles.

Rudy Rabathaly, rédacteur en chef et directeur des éditions, quitte France-Antilles après y avoir exercé durant 37 années. Retour sur la carrière d'un passionné de l'information et de l'écriture.

 «Que vais-je bien donner à mes lecteurs ? » C'est avec cette question lancinante que Rudy Rabathaly a avancé durant toute sa carrière. Ses lecteurs ! Eux avant tout ! C'est pour eux qu'il se lève chaque matin depuis 1983. C'est pour eux que l'on se doit d'avoir une information de qualité et de proximité. La proximité, le dada de Rudy Rabathaly, son ADN , même.

Il fait ses classes au lycée IME fondé par Edouard Glissant. Elève brillant, mais quelque peu turbulent qui aime faire la fête, il décroche son bac A (Littérature) et s'envole pour le campus de Talence à Bordeaux, suivre un Deug de philosophie, pour devenir professeur. Ce qui le fera basculer vers le journalisme ?

Il est un grand observateur de la société, parce que le journaliste est un historien au jour le jour , et son premier souci doit être la vérité, comme a écrit Camus. Parce que Rudy Rabathaly veut être au plus près des personnes, les comprendre, leur donner la parole, et aussi leur donner les clés pour agir, décider, être acteur...

Après ses études de philosophie, il décroche son master de journalisme, toujours à Bordeaux. La résidence universitaire de Talence, il y aurait tellement à dire sur ces belles années, ces belles rencontres : Jean-Marc Party, Jean-Philippe Ludon, Ronald Laurencine, Youmin Ho Sing Ming...
« An bel féta, mais sérieux dans les études »

« Il aimait faire la bringue, mais savait faire la part des choses ». Jean-Philippe Ludon, ancien rédacteur en chef à RCI se rappelle des vendanges faites sur le domaine de Château Margaux avec Rudy Rabathaly pour amasser quelques sous avant la rentrée scolaire, d'un voyage à la Tous-saint au pays basque espagnol, où ils avaient visité les grottes d'Altamire, célèbres pour leurs peintures rupestres...

Et surtout, l'ancien rédacteur en chef parle de Rudy comme l'une des plus belles plumes journalistiques. « Une façon d'écrire qu'il envie » Une plume. Un style.
Direction exigeante

C'est en 1983 qu'il rentre à France-Antilles, sous l'ère d'Henry Mangattale alors rédacteur en chef. Il couvre l'actualité sociale et politique. Aux côtés de ce dernier et aussi d'Edouard Jacques Gustave et de bien d'autres, Rudy Rabathaly œuvre pour faire de France-Antilles, un journal qui s'éloigne de la ligne éditoriale des débuts, en1964, pour en faire un journal bien ancré en Martinique. Les anciens doivent aussi se souvenir de ses chroniques d'actualité sur RCI dans les années 1990 dans « Carte blanche à ».

Il devient d'abord rédacteur en chef adjoint en 2002, avant d'accéder au poste de rédacteur en chef de France-Antilles en juillet 2005. Il est promu, en 2017, directeur des éditions avec la responsabilité éditoriale des éditions de Martinique, de Guadeloupe et de Guyane. Sous sa coupe, le journal lance notamment les rubriques « Grands Témoins », « Grand Entretien », « Mémoires sensibles », « Jenès Nou ». Une illustration, s'il le fallait, de sa volonté valoriser ceux qui font son île : des plus jeunes, qui en sont l'avenir, aux plus âgés, qui ont construit et marqué son « pays ».

Sous sa direction exigeante, mais très ouverte à l'initiative personnelle, sans censure, les jeunes journalistes ont appris l'exigence de rigueur : toujours vérifier l'information, croiser ses sources, avoir plus que les radios et les télévisions... Mais, avant tout : écrire pour être lu et compris de tous et aller chercher ces « histoires et tranches de vie » qui font la force et la proximité de France-Antilles.

Les conférences de rédaction du matin débutaient toujours par le bruit du stylo qu'il tapait vigoureusement sur la table ! Un peu comme un fermier qui appelle ses poules pour les nourrir, ou plutôt pour voir ce qu'elles vont pondre pour faire le journal du lendemain et satisfaire les lecteurs.

À 18 heures, lorsque vous passiez près de son bureau et que vous le voyiez s'arracher les moustaches, cela voulait dire que l'actu était morne et qu'il n'était pas satisfait de la Une que la rédaction allait proposer aux lecteurs le lendemain. Sa rédaction n'oubliera pas non plus ses « survols », tel un vautour, quand approche l'heure du bouclage, sans parler, mais en passant près du bureau de chaque journaliste pour donner un léger coup de pression.
Il descend place François Mitterrand

Ce journal, Rudy Rabathaly s'y est investi corps et âme, sans compter ses heures, oubliant ses congés pour gérer une rédaction qui, à son grand dam, s'est effritée au fil des années pour des raisons économiques, subissant plusieurs plans sociaux. Mais Rudy n'a jamais perdu le cap : son lectorat. Il n'a jamais non plus abandonné le terrain, quittant son bureau pour monter dans un taxi collectif et sillonner les communes de l'île pour rédiger son « Pawol anba fey » et « Tonbé Lévé » tant appréciés des lecteurs.

Après 37 années passer à faire, respirer et vivre France-Antilles, Rudy Rabathaly a hélé : « A l'arrêt ! » Il descend Place François Mitterrand et ne conquérira pas la tour Lumina, nouveau siège du journal. Pas parce que « lajan'y fini » mais pour prendre le temps désormais ; le temps de profiter de ce pays, un peu de temps libre pour observer la société, ses évolutions... et puis faire la fête aussi . Ses proches nous confient qu'il aime toujours ça !

Il part mais avec France-Antilles chevillé au corps et surtout au coeur. Pour sûr, il n'a pas déposé la plume, elle est comme greffée à sa main, et l'on aimerait bien pouvoir le lire encore pour une tribune, un recueil, un roman qui sait... Annou pa di plis ki sa...
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