France-Antilles et ses partenaires utilisent des cookies pour le fonctionnement de leurs services, réaliser des statistiques d’audience, proposer des contenus et publicités personnalisés. En utilisant ce site, vous consentez à cette utilisation. En savoir + et gérer ces paramètres. OK
  • Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr
Alix Cordesse, présidente de l’association Chercheurs d’autres

Puu Baaka, premier documentaire en Aluku tourné en Guyane

Propos recueillis par Angélique GROS Mardi 2 Juillet 2019 - 03h25
Puu Baaka, premier documentaire  en Aluku tourné en Guyane
Kerth Agouiniti et Sowane Dewane lors du premier tournage à Papaïchton, en 2015. - DR

La montage de Puu Baaka, le premier film documentaire tourné en aluku tongo en Guyane, est achevé. L’association Chercheurs d’autres, qui travaille sur ce documentaire de 52 minutes en collaboration depuis 2015 avec des jeunes du Haut-Maroni, le présentera d’ici la fin de l’année à Papaïchton et Maripasoula.

Quelle est la genèse de ce documentaire collaboratif ?

En 2015, des habitants de Papaïchton nous ont demandé s’il était possible de filmer le puu baaka, c’est à dire le rituel de levée de deuil, du Gran Man Doudou. À la base, nous voulions réaliser un film collaboratif afin d’avoir un regard dedans et dehors, comme nous l’avions fait pour Anuktatop, la métamorphose, mais en allant encore plus loin.

À partir de là, une des actrices du film Anuktatop nous a branchés avec des jeunes qui avaient suivi une formation de journalisme grâce à l’association Atelier Vidéo Multimédia (AVM) dans le cadre des Chroniques du Maroni. Plusieurs jeunes se sont montrés intéressés. Initialement, on devait venir tourner en septembre 2016 mais le puu baaka du Gran Man a été avancé à novembre 2015. Par chance dans le même temps, on était en train de faire le promotion du film Anuktatop en Guyane. On a donc pu aller filmer la cérémonie de deuil et les jeunes ont pu être encadrés par deux vidéastes pros. L’objectif consiste à diffuser ce documentaire à la télévision et au cinéma. On n’avait par contre pas pu filmer l’enterrement et il nous manquait plusieurs phases car ce rituel dure un mois.

Quand se sont déroulés les autres phases de tournage ?

Les jeunes on refait des tournages en octobre 2018 pour le puu baaka du Gran man Joachim. Ils se sont débrouillés seuls car on attendait d’avoir les financements et ils ont obtenu des images intéressantes même si tout n’a pas été utilisé.

On a achevé le tournage de scènes qu’il nous manquait en février 2019, en parallèle de la tournée de films Ciné chrono.

Depuis, une première version du film a été montée à Toulouse…

Oui, quatre jeunes du Haut-Maroni, Mirta Tani, Jeffan Asaiti, Ignace Djaba et René-Claude Abianso, se sont rendus du 10 juin au 26 juin à l’école nationale supérieure d’audiovisuel de Toulouse pour monter le film avec le réalisateur Nicolas Pradal et un chef opérateur du son de France Télévision notamment.

Le premier montage est terminé et maintenant toute cette équipe va venir en Guyane, en novembre ou décembre pour montrer ce film aux habitants de Papaïchton et Maripasoula. On va ensuite passer dix jours à le remonter une seconde fois à Maripasoula en prenant en compte les remarques des habitants.

Quelle forme ce documentaire prend-il ?

Il est centré sur le processus du puu baaka, sur la question de cette fin de deuil, sur les questions de la transformation. Il y a des interviews de capitaine et d’habitants et des voix off, qui expriment le ressenti face à ce rituel. On est aussi allé chercher des archives. Il y avait notamment un documentaire de Guyane La 1ère intitulé Dessine-moi une frontière, qui avait déjà été faite sur le sujet et on a noué un partenariat avec l’Institut national de l’audiovisuel (INA) pour récupérer les images filmées dans les années 1960 par le géographe Jean Hurault, bien qu’on ne les ait pas encore intégrées. Le film est entièrement en aluku tongo et il sera sous-titré en anglais, français, hollandais et portugais.

Quand est-ce que le film sera diffusé ?

En mars ou avril 2020 mais il va falloir que nous fassions un second appel de fonds car il nous manque encore 20 000 à 25 000 euros. Guyane la 1ère nous a déjà fait une lettre d’intérêt et après, en termes de tournée, on peut déjà s’appuyer sur le réseau d’éducation à l’image. L’idée, c’est que les jeunes soient les médiateurs du film et qu’on le propose dans les festivals comme le mois documentaire de Saint-Laurent, America Molo Man.

Les droits d’auteur seront à destination de futurs projets pour des jeunes du Haut-Maroni et 20 % seront reversés à la communauté bushinenge.

Kerth Agouiniti et Sowane Dewane lors du premier tournage à Papaïchton, en 2015. - DR

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
Aucun commentaire
Sur le même thème
Ile de Cayenne

Coup d’essai, coup de maître

Lundi 01 juillet 2019

.

Une

K-Reen : coup d’essai, coup de maître

Photos Kathryn VULPILLAT - Lundi 1 Juillet 2019

A la une