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Disparition d’un monument du cinéma français

Michel Piccoli, Guyanais le temps d'un tournage dans les années 1970

Stéphane HESPEL Lundi 18 Mai 2020 - 13h08
Michel Piccoli, Guyanais le temps d'un tournage dans les années 1970
Aux côté de celui qui allait devenir un monument du cinéma français, une autre star, Jacques Dutronc. - Capture d'écran

Michel Piccoli s’est éteint le 12 mai, à l’âge de 94 ans. Monument du cinéma français (200 films au compteur), il avait été, entre autres, aux côtés de Francis Girod, réalisateur de L’Etat Sauvage, long métrage sorti en salles en 1978, dont le tournage s’était principalement déroulé en Guyane, entre novembre 1977 et janvier 1978.

Mardi 1er novembre 1977, Francis Girod, réalisateur, avait accordé à France Guyane une interview, quelques jours avant de venir tourner, en compagnie d’une belle brochette de stars du cinéma de l’époque L’Etat Sauvage. Un long métrage dont l’intrigue se situait essentiellement en Afrique (*)… mais dont la Guyane avait servi de décor. Parmi les acteurs figuraient, entre autres, Michel Piccoli (officier de police observateur et indolent), décédé le 12 mai à l’âge de 94 ans, et dont la nouvelle a été rendue publique aujourd'hui. Des stars en devenir ou déjà affirmées, telles Marie-Christine Barrault, Claude Brasseur (exécrable trafiquant) ou encore Jacques Dutronc (fonctionnaire pleutre, résigné et minable), faisaient aussi partie du casting.

A la question de savoir pourquoi avoir choisi la Guyane comme lieu de tournage, le cinéaste avait répondu qu’il avait fait beaucoup de recherches… et qu’un jour, par hasard, il était venu en Guyane. « Quand je suis arrivé à Rochambeau (ancien nom de l’aéroport Félix-Eboué, ndlr) j’ai vu l’aéroport exactement comme il était décrit dans le roman (dont le scenario était tiré et qui avait obtenu le prix Goncourt, ndlr). C’était un aéroport isolé à la lisière de la forêt avec un immence parking devant. Cette première découverte m’a incité à prospecter la Guyane, et peu à peu, j’ai trouvé d’autres décors qui correspondaient exactement à ce que je cherchais.»
Une meilleure image
Pour la Guyane, Francis Girod a eu un véritable coup de foudre. Au-delà de la réalisation du film, il espérait aussi que son œuvre « contribue à donner une meilleure image de la Guyane que le public méconnaît. Beaucoup de gens ont une image fausse de la Guyane, beaucoup de préjugés et pas mal d’idées reçues. Le film permettra de détruite ces clichés… ». Ces propos seraient encore d’actualité aujourd’hui.

Deux semaines à Saint-Laurent du Maroni. Quatre semaines à Cayenne. « La place des Palmistes est exactement ce que je recherchais », poursuit le cinéaste, qui répondait à l’époque à notre confrère. « Il nous manquait une église, on l’a trouvé à Mana. »
Francis Girod soulignait également dans ses réponses les bons rapports et le bon accueil que lui avait réservé la Guyane. « Les gens étaient très intéressés par le film et rapidement des contacts se sont noués entre eux et l’équipe. Ils ont collaboré immédiatement en nous indiquant où nous pouvions trouver rapidement les décors que nous cherchions.
Quatre ans avant le premier César
Doura Mané faisait partie de la distribution du film. «  A ma connaissance, c’était la première fois qu’était donné un rôle majeur à un acteur africain, et j’espère que le film le efra connaître davantage », poursuivait le réalisateur.

Quatre ans plus tard après la sortie du film, Michel Piccoli décrochera le premier de ses quatre César.

(*) L’Etat Sauvage raconte l'histoire d'une jeune république africaine francophone. Un récit qui se voulait, à la base, dénonciateur de tous les racismes et de toutes les vilénies coloniales et post-coloniales. Un sujet grave et délicat que les critiques cinématographiques ne vont pas encenser, loin de là. Comparant ce long métrage à une caricature. Avec des scènes trop répétives, un scenario dépouru de finesse mais aussi de rigueur.

Archives France-Guyane 1977 -


Archives France-Guyane 1977 -


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