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Man Tina a fêté ses 100 ans d’histoire(s) !

Lundi 2 Septembre 2019 - 03h25
Man Tina a fêté ses 100 ans d’histoire(s) !
Clementina Augustin, née en 1919 sur la Haute-Mana/photos EE & BNF - Eugène Epailly

Clémentina Francis a fêté ses cent ans le 25 août à Mana, entourée de 300 amis et parents, dont ses deux filles, quatre petits-enfants, neuf arrière-petits-enfants et son arrière-arrière-petite-fille !

Mana était sur son «  trente et un  » le dimanche 25 août dernier. Des semaines à l’avance, Huguette, la seconde fille de la centenaire avait annoncé la couleur. Les «  100 ans de sa Maman  » serait à marquer d’une pierre blanche. Ce fut un vrai festival de couleurs, de chants, de tenues authentiques, comme savent le faire les vrais enfants de la Mère Javouhey, dans le berceau de la Liberté locale de Mana. Tout commença par un office religieux célébré le père Assselos, prêtre de l’ancien placer Souvenir, à Saül. Une chorale des plus dynamiques emballait les paroissiens venus en nombre pour fêter l’événement qui de Cayenne qui de Saint-Laurent du Maroni.

Man Tina était de sortie ! Désormais, les 100 ans pèsent de tout leur poid sur celle qui est née un 29 août 1919 à Dégrad-Neuf, dans les hauteurs de la Mana, du côté de la crique Grand-Lézard, d’une mère colombienne et d’un père sainte-lucien. Sa maman sera élevée à Castries et finira par suivre son mari venu chercher la pépite en Guyane. Clémentina Francis y verra le jour !

Avec une mère originaire d’Amérique latine, elle gagne le joli prénom de Clémentina et de son père, un temps français de part l’histoire, Francis. Elle descendra des hauteurs de Dégrad-Neuf, où le canot fait escale pour la première fois chargé d’orpailleurs guyanais et antillais. Tina y restera jusqu’à l’âge de 6 ans. Âge où l’entrée à l’école est synonyme d’arrivée «  en ville  ».

En pension à Saint-Laurent

Contrairement à d’autres enfants d’orpailleurs qui trouvent refuge chez les Tourville et consorts, elle sera en pension dans une famille de Saint-Laurent du Maroni : les Verdan. Elle ira à l’école publique et y apprendra les rudiments de programmes scolaires, dont l’incontournable «  Nos ancêtres les Gaulois  ». Elle en survivra, dit-elle ! Ses parents poursuivent leur course dans la forêt vierge, de chantiers en chantiers, de placers en placers. Tantôt à Paul-Isnard, tantôt à Sophie sur la Haute-Mana.

Cadre des enfants

Avec le caractère bien trempé qu’on lui reconnaît, Man Tina animait des groupes de théâtre avec sa copine d’enfance Hortense Yles. Elle fut également cuisinière, puis, agent de service (on dirait ATSEM aujourd’hui, ndlr) à l’école publique qui portera son nom des années plus tard. Des bancs de l’école au frontispice, elle finira en effet par imposer son pseudonyme, et l’école primaire sera rebaptisée «  Man Tina  ». C’est là qu’elle travaillera jusqu’à son départ en retraite.

Cadre des anciens

Une fois retraitée, elle finit par endosser la cape du bon samaritain communal. Elle s’occupe alors des vieilles mémoires des placers de Bonne Entente, Délices et Tamanoir. Les placériens épuisés de la Mana venaient en effet passer leurs vieux jours dans le berceau de la Mère Javouhey. Les 100 ans de Man Tina ont ainsi retenti ce dimanche 25 août. Man Tina nous a rappelé que «  le bonheur supprime la vieillesse  ». Tel fut ce dimanche sur la rive droite de la «  Rivière aux 100 sauts  » : Mana !

Eugène ÉPAILLY

Photo d'archives d'orpailleurs sur le place Elysée, Haute-Mana, en 1904 (photo : BNF / Fond Galmot) - Eugène Epailly
Clémentina aux côtés de ses deux filles Huguette Augustin-Nouvet et Hélène Jadfard sont à ses côtés, ainsi que d'Eva son arrière-arrière-petite-fille - Eugène Epailly
Le maire de Mana Albéric Benth a honoré le centenaire. Ses deux filles Huguette Augustin-Nouvet et Hélène Jadfard sont à ses côtés, ainsi qu'Eva l'arrière-arrière-petite-fille de Man Tina ! - Eugène Epailly
Man Tina - Eugène Epailly
Clementina Augustin, née en 1919 sur la Haute-Mana/photos EE & BNF - Eugène Epailly

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