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Les sites archéologiques de Guyane menacés par l’homme ou la nature

Lundi 2 Décembre 2019 - 03h30
 Les sites archéologiques de Guyane menacés par l’homme ou la nature
Graffiti à l'intérieur des cellules sur l' Ile Royale. - DR

Les Journées de l’archéologie en Guyane se sont tenues à la bibliothèque universitaire à Cayenne, samedi. Parmi les nombreux thèmes abordés, Éric Gassiès, du SA Guyane, a dressé un constat alarmant sur les problèmes de vandalisme et de pillages dont sont victimes régulièrement les différents sites emblématiques.

Les nombreux sites archéologiques et historiques guyanais, comme les îles du Salut, les roches gravées de la Carapa à Kourou, les abattis à Remire-Montjoly ou encore le site de la Mamilipahnn, à Maripasoula, sont régulièrement détériorés, pillés, ou simplement abîmés par l’usure du temps et du climat. C’est le constat qu’ont rappelé les spécialistes, samedi matin, à l’occasion des Journées de l’archéologie, qui se sont tenues à la bibliothèque universitaire, sur le campus de Troubiran, à Cayenne.

Au vu de ce constat inquiétant sur l’état de conservation de ces vestiges, les archéologues de Guyane ont décidé de dresser un diagnostic sur les différents lieux en 2012, afin d’établir par la suite des solutions pour mieux les préserver. Un programme scientifique et culturel de connaissance a été été créé : comment conserver ces sites, comment les mettre en valeur, comment les protéger de la fréquentation, voire de la surfréquentation par les touristes ou par les habitants.

 

Graffitis, vols et incision aux îles du Salut

Aux îles du Salut ou sur les roches gravées amérindiennes, on retrouve des tags. Un témoignage qui date de l’époque de Dreyfus a même été recouvert d’un tag « maman je t’aime ». Sur l’île Saint-Joseph, le mythe des jumeaux, ces deux personnages adossés, mythe récurrent et extrêmement important dans l’iconographie amérindienne, a été incisé par un objet en fer, un clou ou une clef. Seul l’auteur en connaît l’origine. 

Les polissoirs, qui ont une valeur intrinsèque importante, sont l’objet d’atteintes importantes. Les chercheurs se posent la question : est-ce une volonté affirmée de détruire ou l’acte malencontreux de pêcheurs qui utilisent la roche pour couper leurs appâts ? Le site des roches gravées de la Carapa, à Kourou, a lui aussi été victime de graffitis. Même la Mamilipahnn, découverte par le pilote François Susky au sud de Maripasoula, site pourtant isolé, n’échappe pas à cette détérioration. 

Le climat, la nature aussi abîment les sites

À Remire-Montjoly, les abbatis, site exceptionnel situé sur un domaine privé, sur lequel plusieurs roches contiennent des représentations liées au monde de la mort, sont menacés par un effet naturel de pelure d’oignon dont l’accélération détériore tout le site. Le site des roches gravées, à Kourou, a subi lui la présence d’un troupeau de chèvre, ainsi que l’usure due au temps, avant qu’un abri ne soit monté pour protéger les roches.

La roches gravées de la Carapa, exemple de protection

La direction des Affaires culturelles (DAC) a voulu réagir en 2012. Ses agents ont engagé des actions pour protéger ces sites. Le site des roches gravées de la Carapa, à Kourou, a été le laboratoire pour cette recherche. L’intervention restauratrice a abouti à un bilan sanitaire de l’ensemble de cette roche, sur la base d’un programme développé entre le ministère de la Culture et un laboratoire au Centre national de recherche scientifique (CNRS) de Marseille, qui a généré un programme d’information en 3D, technique unique en Europe.

Si l’on a longtemps cru que ces sites étaient protégés car isolés, aujourd’hui, les réseaux sociaux créent un appel d’air. De nombreuses personnes veulent se rendre sur les lieux. Les archéologues qui les étudient sont très précautionneux. Pour déplacer un tesson de bouteille, il prennent parfois des années. Le mieux selon eux est donc d’éloigner de ces sites une fréquentation non maîtrisée, afin de les préserver.

Aurélie PONSOT

Escalier à l'intérieur du Camp de la Transportation à Royale. à peine avait-il été restauré qu'il était déjà dénaturé par un tag. - DR
Graffitis sur les murs du couloir des cellules sur l'Ile Royale. - DR
Aurélie Schneider - Aurélie Ponsot
Régis Issenmann - DR
« Beaucoup de graffitis »

« Aux îles du Salut, il y a beaucoup de graffitis, même dans les cellules qui recouvrent d’authentiques témoignages de l’époque. Des gens partent avec des pierres ou des briques, en guise de souvenir ou pour les revendre. Les dégradations ont le plus souvent lieu en dehors de la saison des croisiéristes. Les concernant, c’est un flux qu’il faut gérer, mais ce ne sont pas eux qui dégradent le plus. »

Aurélie Schneider - Aurélie Ponsot
« Un fléau en Guyane »

« C’est un fléau qui est particulièrement important en Guyane, dans la mesure où beaucoup de sites sont à ciel ouvert, comme les îles du Salut, le bagne des Annamites. Ce sont des sites détériorés quotidiennement, soit pour ramener un souvenir, soit pour en faire le commerce. On retrouve beaucoup d’objets en vente sur internet. Le patrimoine appartient à tout le monde, mais c’est une richesse qui n’est pas éternelle. Si on prélève ne serait-ce qu’une petite bouteille, une pierre, bientôt nous n’aurons plus de traces directes de notre histoire. »

Régis Issenmann - DR

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