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GUYANE

"Le maraké de Brandon", immersion au cœur d'une pratique immémoriale

Jade LETARD-METHON Mercredi 18 Novembre 2020 - 13h33
"Le maraké de Brandon", immersion au cœur d'une pratique immémoriale
Brandon Yawalou a remis au goût du jour le maraké, pratique ancestrale amérindienne. - Dave Beneteau De Laprairie

Seconde et dernière projection pour le festival du mois documentaire qui se tient à la Bibliothèque Alexandre Franconie de Cayenne. Au programme ce mercredi : une plongée au cœur des traditions ancestrales wayampi avec le documentaire « Le maraké de Brandon ». 52 minutes réalisées par Dave Beneteau De Laprairie pour mieux comprendre ce rite initiatique de moins en moins observé dans nos contrées.

« Je sais ce qu’il se passe dans le monde : je connais les cultures des autres mais pas la mienne ». C’est une des raisons qui a poussées le jeune Brandon Yawalou à se rapprocher des ses grands-parents et des siens, les Amérindiens Wayampi, pour devenir un homme selon leurs rites ancestraux. Pour passer de l’enfance à l’âge adulte, les jeunes hommes vivent le maraké, un rite d’initiation notamment connu pour la douleur physique.

Une douleur que Brandon a dû affronter à deux reprises. Âgé de 15 ans lors de la première cérémonie, il n’a pas réussi à aller au bout de cette épreuve. « J’ai compris pourquoi certains en mourraient auparavant ». A l’époque, les cérémonies du maraké avaient été arrêtées avant qu’il y en ait à nouveau quelques-unes mais c’est Brandon qui les a remises au goût du jour dans son village de Camopi. En effet, quand le jeune homme décide de se lancer pour la première fois dans cette aventure, il est le seul de sa génération à être intéressé.
« C’était très douloureux »

« J’étais encore un enfant : c’était très douloureux », reconnaît Brandon Yawalou. Pourtant, celui qui est maintenant étudiant en licence AES (Administration économique et sociale) à la fac de Cayenne, ne s’est guère laissé démonter par ce premier écueil, duquel il a même pu recueillir des félicitations de ses aînés. « Ils m’ont encouragé à le refaire ». Et c’est l’objectif que Brandon s’est fixé mais avec plus de préparation. Un entraînement mental et physique a donc été nécessaire pour ressortir victorieux de l’épreuve.

Le maraké est une cérémonie préparée par l’entourage de ceux qui s’y soumettent. Il se déroule plutôt en saison sèche et requiert la présence de danseurs, de chanteurs, d’instruments et de tenues traditionnelles. À l’issu des préparatifs qui durent deux semaines, la cérémonie se tient devant toute la communauté et des invités. Le jour-J, des fourmis flamandes, aussi appelées « balles de fusil », sont alors posées sur les participants par les danseurs, leurs aînés et les chefs coutumiers présents.

Finalement, c’est lors de sa seconde tentative, à 18 ans, que Brandon Yawalou a réussi son maraké. Il estime à plus d’une centaine, le nombre de piqûres subies ce jour-là. « Ça m’a rendu plus fort mentalement », estime-t-il. De ce jour, il tire une grande fierté, « du bonheur », qu’il a partagé avec l’ensemble des siens mais surtout les plus âgés, qu’il a été heureux de rendre fiers. Depuis, son acte a poussé d’autres jeunes à vivre le maraké, une pratique traditionnelle amérindienne qui se perd.

Retrouvez "Le maraké de Brandon", à 16:30 à la salle de projection de la bibliothèque Alexandre Franconie de Cayenne,en présence de Brandon Yawalou et de son père. Places limitées à 20 personnes. Port du masque obligatoire. Contact : 0594 29.59.16

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