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LITTÉRATURE

La littérature antillo-guyanaise au rendez-vous parisien de « Mot pour mots »

François-Xavier Guillerm Mardi 8 Juin 2021 - 16h02
La littérature antillo-guyanaise au rendez-vous parisien de « Mot pour mots »
Pierre Chambert, René Belenus, Thanh-van Ton-that professeure de littérature à l'unversité de Créteil, Jean-Benoît Desnel, éditeur, et Suzanne Dracius - FXG

 L’éditeur martiniquais Desnel était présent le week-end dernier à Paris avec quelques-uns de ses auteurs pour participer au festival “Mot pour mots”, un nouveau rendez-vous littéraire qui entendait permettre au monde des lettres de se retrouver après la crise Covid qui a eu pour conséquence, entre autres, l’annulation par deux fois du salon du livre de Paris.

 Les 5 et 6 juin, les amis du livre ont pu converger vers La Villette pour fêter la vitalité de la littérature, et notamment de celle venue des Antilles, mais également de la Guyane.


René Belenus - FXG

Suzanne Dracius, Marcel Dorigny et René Bélénus se sont ainsi relayés pour défendre leur ouvrage collectif, « La faute à Napoléon ? ». Cet essai, publié en contrepoint des célébrations du bicentenaire de la mort de Bonaparte, revient sur le rôle du futur empereur dans le rétablissement de l’esclavage en 1802. Aimé Charles-Nicolas était là pour signer une somme devenue quasi-best-seller aux Antilles, « L’esclavage : quel impact sur la psychologie des populations ? »
 
Pierre Chambert, ancien haut fonctionnaire du ministère de la Culture et un temps conseiller à la DRAC de Guyane, est venu présenter l’ouvrage qu’il a consacré à l’action culturelle de l’ancien maire de Saint-Laurent du Maroni, Léon Bertrand (voir encadré). Ce dernier, empêché de venir à cause des mesures drastiques d’isolement alors en cours en raison de la vague de Covid qui traverse leur département, a fait savoir qu’il serait à Paris dès le prochain week-end pour une séance de signature à la librairie Calypso, rue Saint-Maur dans le 11e, ou (c’est en cours de discussion) au ministère des Outre-mer.

Le Guadeloupéen Pierre Sainte-Luce, lui aussi, est venu dédicacer son roman « Colored ». Après une première sortie en 2019 chez Jets d’encre, « Colored », l’histoire de deux Elsa dialoguant à trois siècles d’intervalle, connaît une seconde naissance aux éditions Idem. « Après un premier succès en édition brochée, explique Jean-Benoît Desnel, nous avons eu envie de lui donner une seconde vie en poche. » A noter que si le record de dédicaces a été emporté par Suzanne Dracius, Pierre Sainte-Luce a été le deuxième devant Aimé Charles-Nicolas.

L’espace des éditeurs de la Halle Charlie Parker qui accueillait ces talents a eu l’honneur de la visite de quelques huiles parisiennes à commencer par le critique littéraire d’origine martiniquaise, Jérôme Garcin, du Masque et la plume, ou l’ancien ministre de la Culture de François Mitterrand, Jack Lang, et son épouse Monique, que le Guadeloupéen José Pentoscrope, père du prix littéraire « Fetkann’ – Maryse Condé », s’est empressé de présenter à nos auteurs. Mais le record des selfies a été emporté par Anne Sinclair venue accompagnée de son nouveau mari, Pierre Nora.

Grisé par cette ambiance germano-pratine, Pierre Sainte-Luce a indiqué qu’il allait créer un prix littéraire au nom de son hôtel en Guadeloupe, le prix Arawak qui récompenserait à partir de la rentrée littéraire 2022 un roman, un essai ou de la poésie caribéenne francophone.
Léon de Saint-Laurent
Le récit de Pierre Chambert, intitulé un peu administrativement « Léon Bertrand, regard sur sa politique culturelle et patrimoniale », a été écrit par une suite d’échanges téléphoniques entre l’auteur et son sujet au cours des quinze derniers mois de confinement et de pandémie. C’est en discutant avec Ewlyne Guillaume de la troupe de théâtre KS and Co que Pierre Chambert a pris la mesure de l’estime que les artistes de l’Ouest guyanais portaient à celui qui fut leur maire de 1983 à 2018, quoi qu’il lui soit judiciairement arrivé… « J’ai dit à Léon que je ne voulais pas parler de ses histoires de justice et de prison, explique Pierre Chambert. J’ai pris son avis, j’en ai fait un paragraphe pour solde de tout compte ! ».


La couverture consacrée à l'œuvre culturelle de l'ancien édile de Saint-Laurent - DR

L’auteur consacre l’essentiel de ses pages à l’œuvre culturelle, artistique et patrimoniale de l’ancien ministre du Tourisme de Jacques Chirac : la création de l’école de musique, le festival des Transamazoniennes, la naissance de KS and Co au sein du camp de la transportation, son école de formation, son festival des Tréteaux du Maroni, sa Scène nationale et sa programmation artistique annuelle et le cinéma et l’audiovisuel avec désormais le FIFAC ! Mais au-delà de ces grandes pages, Chambert dévoile quelques anecdotes sur le grand-père bagnard de Léon ou sur un certain Icek Baron, lui aussi ancien bagnard, à l’origine de la bibliothèque dans le camp de la transportation. Cet héritage carcéral et colonial, seul Léon Bertrand a perçu en 1983 que ce serait un des atouts de Saint-Laurent…

Depuis, la ville est passé sous la loupe des architectes et urbanistes des « Ateliers de Cergy ». La ville d’art et d’histoire qui sera démographiquement la première ville des Outre-mer français en 2030 entend désormais se positionner comme une ville équatoriale durable qui devra en grande partie son environnement artistique, culturel et patrimonial à son ancien maire, Léon de Saint-Laurent…

Le titre que l’éditeur n’a pas encore inscrit sur la couverture.
 

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