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livre

« Je me suis battu pour que le gouvernement ivoirien paie tout de A à Z »

Mercredi 13 Février 2019 - 03h00
« Je me suis battu pour que le gouvernement ivoirien paie tout de A à Z »
Serge Bilé, journaliste écrivain auteur du livre BONI - BERNARD DORDONNE

Nommé délégué de la Route des esclaves pour les Antilles et la Guyane pour deux ans par le ministre ivoirien de la Culture, Serge Bilé organise en avril un voyage de Boni en Côte d’Ivoire. Le gouvernement ivoirien paie tout de A à Z, la CTG ne mettra pas un centime.

Vous organisez un voyage de Boni en Côte d’Ivoire en avril. Qui sont les invités ?

C’est une opération qui me tenait à cœur. Elle intervient vingt-cinq ans après le premier voyage que j’avais organisé quand je présentais le journal télévisé à RFO Guyane, en 1993. Les Boni avaient été accueillis avec beaucoup de ferveur en Côte d’Ivoire. À l’époque, l’invité vedette était le boxeur Jacobin Yoma. Il avait gagné un combat à Abidjan.

Cette fois-ci, j’ai voulu, en accord avec le ministre ivoirien de la Culture, privilégier des artistes. Il y aura donc un concert de Rickman G-Crew et une exposition des œuvres de Carlos Adaoudé. Les objets d’art boni, comme les tabourets incurvés, sont inspirés de l’art akan. Les Akan forment un peuple à cheval entre la Côte d’Ivoire et le Ghana. On en trouve aussi un petit nombre au Togo et au Bénin.

Nous avons souhaité également intégrer des chefs coutumiers à la délégation guyanaise, mais comme je ne les connais pas personnellement, j’ai demandé au président de la Collectivité territoriale de Guyane, Rodolphe Alexandre, de les désigner pour moi, ce qu’il a accepté de faire aimablement.

La délégation de 22 personnes sera conduite par le sénateur Georges Patient et le député Lénaïck Adam.

Quelles sont les institutions et quels sont les partenaires qui ont financé cette belle aventure ?

Il y a vingt-cinq ans, quand j’ai organisé le premier voyage des Boni en Côte d’Ivoire, la mairie d’Apatou avait, en lien avec le conseil régional de l’époque, financé les billets des participants. Mais pour cette deuxième opération, je me suis battu pour que le gouvernement ivoirien paie tout, de A à Z. C’était pour moi une façon de montrer l’attachement des Africains à la diaspora. Le ministre ivoirien de la Culture, Maurice Bandaman, a compris ma démarche et l’a appuyée. Il m’a d’abord nommé délégué de la Route des esclaves pour les Antilles et la Guyane pour deux ans. Il a ensuite avalisé ce projet et il a débloqué 100 millions de francs CFA (150 000 euros) pour financer le voyage et le séjour des Boni en Côte d’Ivoire. C’est un geste important. C’est un signe fort.

Le Guyana vient d’ouvrir une ligne aérienne directe avec le Ghana. Pourrions-nous en faire autant entre la Guyane et plus généralement les départements français d’Amérique (DFA) et l’Afrique francophone ?

Bien sûr ! En 1994, quand j’ai quitté la Guyane pour la Martinique, j’ai monté une association qui a organisé trois vols charters entre Fort-de-France et Abidjan. C’était génial. Alors qu’on mettait deux jours pour aller de la Martinique en Côte d’Ivoire, en passant par Paris, eh bien ça ne prenait plus que cinq heures pour relier les deux rives. Donc c’est possible de mettre en place des liaisons directes entre les DFA et l’Afrique francophone, en se servant d’un de nos départements comme hub pour les passagers de la grande région. Ça se fera le jour où il y aura réelle volonté politique. En attendant, les anglophones avancent.

Propos recueillis par Bernard DORDONNE

Serge Bilé, journaliste écrivain auteur du livre BONI ORGANISE un voyage DE BONI en côte d'ivoire -
Rendez-vous au festival de Maripasoula

Serge Bilé reviendra au mois de mai en Guyane pour le festival du livre de Maripasoula. Son livre, Boni (éditions Rymanay), a été bien accueilli par le public guyanais. Leur histoire, depuis l’Afrique jusqu’en Guyane en passant par le Suriname, racontée dans un style romancé, a beaucoup plu. Le livre est sorti d’abord en Côte d’Ivoire, l’un des pays d’où sont originaires les Boni. Entre 1710 et 1795, les Néerlandais ont déporté 95 100 esclaves depuis la côte ivoirienne vers leurs colonies. À Abidjan, capitale de Côte d’Ivoire, le livre a été couronné, deux mois après sa parution, par le Prix Bernard-Dadié, grand écrivain ivoirien contemporain. En août, Serge Bilé a reçu le Prix du président de la République.

Serge Bilé, journaliste écrivain auteur du livre BONI ORGANISE un voyage DE BONI en côte d'ivoire -

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2 commentaires

Vos commentaires

josy 13.02.2019
superbe initiative!

Enfin un ouvrage bien documenté!

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alfredo 14.02.2019
Non, pas bien documentée mais romancée

Et pourquoi pas d'ailleurs, mais quant on lit par exemple la biographie de Villon par Carco, on voit l' exigence du genre, ce sont I'm auteur est bien loin...ses coups de Coeur m' indiffèrent, s' il ne se livrait pas à des impostures... ne sachant même pas au départ que Apatou était une Ville récente dans la fabuleuse histoire des Alukus...pas de test genetique( très dévoloppés au Bresil et USA )non plus pour affirmer ce qui n' est pas démontré scientifiquement , et carrement incertain et même faux, historiquement. BONI en barboteuse sur la couverture, voilá resumé le serieux de la démarche

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