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E.sy Kennenga : « De là où tu es, comment tu contribues à l’amour dans l’humanité ? »

Propos recueillis par Marlène Cléoma Vendredi 8 Février 2019 - 03h00
E.sy Kennenga : « De là où tu es, comment tu contribues à l’amour dans l’humanité ? »
Le carnet de voyage d'un solda lanmou - DR

Autoproclamé « Solda Lanmou », E.sy Kennenga touche toutes les générations à travers ses écrits. Son message ne connaît qu’un camp : l’amour. De passage en Guyane dans la lignée de son projet documentaire, Le Carnet de voyage d’un Solda Lanmou, il sera en concert mercredi à Rémire-Montjoly, au Break Club, à partir de 20h30.

Vous êtes à nouveau de passage en Guyane, pour un concert mais aussi pour votre projet documentaire... Que vous inspire ce département pour en faire le premier du carnet de voyage ?

Pour sa multiculturalité, il y a une telle diversité dans ce territoire.  Lors de mon passage ici, j’ai fait des belles rencontres, ça reste et ça inspire. Dans ce documentaire, il y aura six épisodes qui correspondent à six territoires : Guyane, Martinique, Guadeloupe, Londres, Los Angeles et Haïti. Je souhaite sortir les trois premiers épisodes en septembre prochain.

Comment seront diffusés ces documentaires ?

Je privilégie Internet, les réseaux des partenaires qui nous soutiennent. Nous les proposerons également aux différents médias web, car je place plus mon espoir dans le web pour un maximum de visibilité. Et c’est accessible à tous.

Que trouvera-t-on dans ces documentaires ?

Il aura une partie inside : les coulisses, les gens qu’on découvre. Les acteurs culturels et artistique. L’idée est de proposer un vivier de gestes d’amour que je traduirais par cette question : de là où tu es, comment contribues-tu à l’amour dans l’humanité ? » Avec ce qu’on fait, aussi petit qu’il soit comme geste d’amour, ça contribue à l’amour dans l’humanité. C’est ce que je souhaite faire avec cette série de documentaires. Il y aura également les chapitres 3 et 4 du Carnet de voyage musical.

Dans ce Carnet de voyage musical, il y a également une collaboration avec Lova Jah. Dites-nous en un peu plus...

Nous nous sommes rencontrés en 2014, lors du Festival de contes à Mana. Nous allons mettre en clip cette résidence. Ce sont les prémisses de notre collaboration. Nous allons voir également pour qu’il puisse faire des premières parties à moi hors de Guyane. Ce n’est pas encore précis. Avec un artiste comme lui, les possibilités sont infinies. Dans le cadre de mon documentaire, j’irai tourner également un clip à Saint-Laurent : Tandyoufeel light.

À vous écouter, on comprend que votre carrière est faite de rencontres aux quatre coins du monde. Y en a-t-il une qui vous ait marqué ?

Tout de suite, je dirais Joël Jaccoulet, un artiste martiniquais. Je le connais depuis plus de dix ans.  C’est mon mentor, il m’inspire, il me pousse à toujours aller plus loin et à avoir confiance en moi. 

Vos messages sont d’une sagesse surprenante pour certains. D’où vous vient-elle ?

Ça vient surtout de mon éducation, des valeurs qui m’ont été transmise par le prisme de la religion. On y trouve les premières notions d’amour et de paix. Ma mère également, c’est elle qui m’a tendu les premiers livres de la positivité. L’influence du reggae, le one love, que l’on s’est approprié au niveau local. Les messages du zouk, de combativité de la musique traditionnelle que je retrouve chez moi en Martinique... C’est tout ça qui m’a servi de base. Mais j’essaie d’être positif dans ma vie, avec moi-même, avant de prétendre vouloir le propager aux autres.

Le monde d’aujourd’hui n’est pas nécessairement fait d’amour. Que fait-on lorsque l’amour ne suffit pas ou ne suffit plus ? 

L’amour suffit toujours. Oui il y a la guerre, il y a la violence mais si nous voulons faire un focus sur l’amour, nous allons nous rendre compte qu’il y a moins de gens en prison. Il y a plus de gens qui se battent pour faire de belles choses que de gens qui pètent les plombs et qui tuent les gens. Le problème, c’est que nous sommes plus concentrés sur ce type de personnes pour définir la jeunesse d’aujourd’hui.

Justement, parlons de la nouvelle génération de chanteur guyanais d’aujourd’hui...

Je connais une partie de l’iceberg et je dirais que c’est productif. Il y a une fougue et je trouve ça cool. J’espère que le temps fera le reste avec la sagesse, que la plupart d’entre eux vont tenir bon. Je sais qu’il y a cette critique car les gens trouvent ça un peu violent mais il faut faire attention. Quand nos jeunes artistes disent quelque chose, c’est qu’ils sont en train de témoigner de ce qui se passe soit dans leur tête, soit dans leur vie.  C’est une fenêtre sur ce que notre jeunesse veut nous dire.  Mais nous préférons ne l’écouter qu’avec un prisme de moralité sans jamais voir le geste artistique, sans jamais voir l’appel à l’aide.  Il faut changer notre regard sur nous-mêmes. 

Est-ce que la musique consciente et positive est en harmonie avec la musique populaire, celle qui fait le buzz ? 

Chacun entend la musique à sa façon, ça l’aide à des niveaux que je ne pourrais jamais soupçonner. J’ai la chance que ma musique soit écoutée. J’espère que ça aura un impact positif sur celui qui va l’écouter. Avec les témoignages que je reçois, les gens me le font savoir, le message est positif. 

D’un point de vue commercial, qu’est-ce qui se vend le plus ? 

Forcément, le buzz va plus faire parler mais le buzz ne dure qu’un moment. Je n’en suis pas là aujourd’hui.  Je veux véhiculer de la positive vibes. Je veux offrir des alternatives, de la perspective.

Qu’avez-vous envie de dire à la jeunesse ? 

À un moment frère, pran responsabilite’w. On ne te donnera pas ta place, il faut aller prendre ta place.  Le système ne va pas changer pour toi. 

Le carnet de voyage d'un solda lanmou -
E.SY Kannenga lors de son concert en Guyane - avril 2013 -
E.SY Kannega en concert en Guyane - 2013 -

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