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Dans la peau de stylistes

R.F. Jeudi 16 juin 2016
Dans la peau de stylistes
Après avoir réalisé plusieurs tresses en laine, elles les rassemblent sur un bout de jean (ci-contre et ci-dessous) (RF)

Vingt-deux adolescents du collège Concorde, à Matoury, ont suivi les ateliers de la créatrice Micheline Pé-Pierre, aussi soutenus par le PEAP. Leurs créations seront présentées à la fin du mois.

(RF)
« Ça nous motive à ne pas jeter nos vêtements » , lance Laïna, qui travaille du jean de récup' avec la créatrice. (RF)
Coquettes, les collégiennes se préparent au défilé du 29 juin, où elles vont arborer leurs sacs et bijoux faits main devant tout le collège. D'autres groupes (danse, théâtre, etc.) présenteront aussi le fruit de leurs ateliers extrascolaires (ci-dessous). (RF)
Collège Concorde, Matoury, un jeudi après-midi de juin. Armées de pinces, ciseaux, perles, fils de toutes matières, tissus... un petit groupe de filles finit des bijoux atypiques. Encadrées par Micheline Pé-Pierre, styliste-créatrice, les collégiennes n'ont plus que quelques heures pour fignoler les créations qu'elles dévoileront dans quelques jours à tout l'établissement. Mais l'ambiance est détendue.
Isabelle et Émily, 13 et 14 ans, sont ravies de leurs boucles d'oreilles fantaisie. « C'est mieux que de rester chez nous à rien faire et puis on apprend avec une vraie styliste » , confie la seconde. « J'aime bien, ça passe le temps et on apprend à faire un truc nouveau » , complète sa camarade.
À côté, d'imposants colliers colorés prennent forme sous les mains d'Ester et Élodie, 14 ans, et sous l'oeil surpris et admiratif de leur professeur : « Très bon choix de couleurs, c'est très joli ça! »
La styliste a déjà mené un travail similaire l'an dernier, davantage focalisé sur le patronage et la couture. Faute de machines à coudre, le programme change cette fois. Les nouveaux inscrits ont droit à moins de maths et plus de liberté artistique. Au menu : confection de sacoches et bijoux. « Le sac, c'était plus difficile parce qu'il fallait utiliser la machine » ; « Pour moi, c'est le contraire. Pour les bijoux, il faut de la patience (soupir)! » Les avis sont partagés.
POUSSER À LA CRÉATION
Si toutes ne souhaitent pas forcément poursuivre dans cette voie, les adolescentes comptent au moins continuer de créer chez elles. Et elles le font déjà. Exemple avec les boucles en jean que Laïna est en train de découper. « J'ai essayé de le reproduire à la maison. J'ai réussi » , sourit l'ado, qui progresse. Jusque-là, elle n'avait jamais fait d'anneau avec un trou au milieu. Elle hésite sur la technique, puis questionne Micheline. Avant de lui livrer l'astuce, la professionnelle lui demande ce qu'elle aurait fait. Elle montre et récolte un « Bravo, c'est intelligent! » de la styliste, qui lui suggère ensuite sa technique. « Je donne des idées mais je veux qu'elles créent » , insiste-t-elle.
Toutes se sont inscrites volontairement à ces classes hors heures de cours. La majorité est en 4e. « J'avais aussi deux garçons de 3e. Mais avec le brevet, ils nous ont quittés plus tôt » , regrette-t-elle.
Le « dhôme » expérimental à Mana
Parmi les projets inscrits au PEAP, l'un est assez atypique. Le créateur Michel Serrier et les 2nde bac pro agricole, de la Maison familiale rurale de Mana, se lancent dans la construction d'un habitat bioclimatique, avec des matériaux naturels ou recyclés, inspirés de savoir-faire ancestraux. Dans ce long processus, qui ne démarrera véritablement qu'en septembre, ils mobiliseront des domaines tels que les mathématiques, la géométrie, la physique, l'énergétique ou l'écologie. « C'est un projet d'architecture expérimentale sur un dhôme en papier, développe Michel Serrier. On va faire de la récupération, n'utiliser quasiment que des matières végétales (branche, argile, terre, etc. photo) pour la structure. On va essayer de fabriquer un habitat bioclimatique économique, écologique, durable... avec un cahier des charges très scrupuleux. » Quel lien avec le patrimoine ? « Il y a derrière toute une démarche idéologique, on va dire : on va essayer de faire les jeunes se réapproprier des techniques ancestrales qui ont été abandonnées, qu'on peut réintégrer, en allant vers des habitats avec une technicité moderne. On va tenter de leur montrer qu'ils ont tout à disposition ici, sans passer par l'import de matériaux extérieurs. »
Un véritable chantier attend les élèves. Ils en sont encore au préambule : préparation de maquettes avec un architecte ; premier contact avec le terrain ; premiers calculs en maths aussi (densité, volumes...), en géométrie (dessin du futur « dhôme » ). « Ce sont des jeunes qui n'aiment pas forcément rester sur leurs chaises. Dès qu'on peut passer à la pratique pour nous, c'est tout gagné » , s'enthousiasme leur formateur, Hervé Boceno.
La Direction des affaires culturelles de Guyane s'est montrée intéressée par le projet.
(DR)
PLUS D'INFOS - Un bouillon d'awara!
Le volet patrimoine, Micheline Pé-Pierre le développe avec le choix de certains matériaux : « Des graines locales par exemple. Ou du madras, de la broderie... Le but, c'est aussi d'associer ces éléments du patrimoine à d'autres styles, de mélanger les cultures. Un bouillon d'awara, quoi! » Un book est également en préparation, avec les photos des ateliers et du défilé à venir. « C'est un héritage qu'on laisse au collège, une trace du passage de cette génération d'élèves. »
Les dix Plans d'éducation aux arts et patrimoines
La CTG soutient dix projets scolaires dans le cadre du deuxième Plan d'éducation aux arts et patrimoines (PEAP), à travers une enveloppe de 2 000 euros. Chacun est porté par un enseignant et une association (ou un artiste). Ces détenteurs de savoir-faire et techniques les transmettent cinquante heures durant. Depuis lundi, focus sur ces projets, qui permettent aux jeunes d'apprendre des arts variés en lien avec le patrimoine local. Aujourd'hui, Concorde prépare un défilé et la MFR de Mana un habitat écologique. Demain, la boucle est bouclée, dans la ville spatiale, avec du conte.

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