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Cut Killer : "Avant on voulait exister, aujourd'hui on est numéro 1 des ventes"

Propos recueillis par Pierre Rossovich /photo : Claude Jonathan Jaïr Mercredi 17 Avril 2019 - 16h01
Cut Killer : "Avant on voulait exister, aujourd'hui on est numéro 1 des ventes"
L'équipe de Hip Hop Connexion avec de gauche à droite : Dj Krazyko, Dj Tyga , Loïc LEÏ-SAM CLERY, Dj Cut Killer, Païmin DUCHER, Dj Pyroman C.A. - Claude Jonathan Jaïr

Cut Killer, mythique dj de la scène rap française, était l’invité surprise de la soirée Hip-Hop Connexion 3, organisée par L & D production samedi soir à GMT Distribution, à Cayenne. Le dj nous a accordé une interview.

Vous êtes un dj international, qu’est-ce qui vous a poussé à accepter l’invitation de la Guyane ?
Disons que j’ai pratiquement joué dans le monde entier sauf en Amérique du sud. La dernière fois que j’étais venu en Guyane c’était en 1991 pour le concert de MC Solaar !
Vous êtes toute l’année en tournée ?
Oui, c’est ma vie. J’arrive de Saint-Martin et Saint-Barth. Je me rends ensuite à Las Vegas où je vais rejoindre Dj Snake, puis la France, Londres… Je tourne tout le temps. En janvier, j’étais en Asie, où on a fait une dizaine de pays.
Vous avez trente ans de carrière. Comment voyez-vous l’évolution du hip-hop ?
La gestation s’est faite sur ces trente années. De mouvement hip-hop, on est passé au rap. Aujourd’hui, le rap passe dans la variété française. Ce qui est tout à fait logique. Moi, je suis issu de la deuxième génération hip-hop française, la première étant celle de Dee Nasty (pionnier du hip-hop français, ndlr). Notre génération voulait être reconnue par la France. Nous étions des porte-paroles des banlieues. Aujourd’hui, le rap est devenu le genre le plus vendu en France et son contenu est plus commercial. Les jeunes n’ont plus envie de parler de politique. Leur ambition est de faire de l’argent où d’être reconnu en tant qu’artiste.
Vous le regrettez ?
On ne peut pas le regretter car c’est que l’on voulait ! On voulait exister. Aujourd’hui on existe tellement qu’on est numéro un des ventes.
Un dj se doit-il de rester d’actualité ou peut-il se reposer sur ses classiques ?
Dès que tu vis sur tes acquis, on te mets dans un coin et on t’oublies. Moi je continue tout le temps. Je connais mes fondamentaux mais si tu me mets devant des ados je sais faire aussi ! Ça reste une passion. Les codes je les connais.
Un dj hip-hop est-il plus un ambianceur ou un éducateur ?
Notre travail est de diffuser la musique. Beaucoup nous remercient de leur avoir donné une direction musicale. On sert à ça. À l’époque, il n’y avait pas d’émissions radio rap, pas d’internet, pas de streaming. Les mixtapes et les compiles ont pu jouer ce rôle-là. Aujourd’hui, je fais encore de la radio et je fais encore découvrir des choses aux gens car ça va tellement vite... Les auditeurs nous font confiance sur la sélection.
En parlant de mixtapes, vous êtes celui qui a importé le concept en France
Après le premier argent que l'on a fait grâce aux soirées hip-hop, nous avons pu voyager et aller à New York, la Mecque du hip-ho. Je me suis alors rendu compte qu'on avait dix ans de retard. À mon retour en France j'ai repris l'idée des mixtapes en rajoutant du rap français. Je suis devenu un dealer de cassettes mixés (rires) ! Plus tard, on a été signé chez Universal pour reprendre le concept en compilation. On a pu vivre de notre passion.
Dj Snake, l'un des plus gros dj électro sur la scène internationale, est ton "petit". Ça fait quoi d'être le parrain de ce game ?
Ça me donne la motivation de continuer. J'étais moi-même fan de djs qui étaient là avant moi. Dj Cash Money m'avait donné envie et Dee Nasty le premier français. Je comprend que certains me prennent comme une référence, même si au début je ne l'assumais pas.
Votre album préféré de tous les temps ?
Tu es dur avec moi (rires). Il y en a deux : Nas « Illmatic », un album dix titres où il n’y a absolument rien à jeter ; et Eric B & Rakim « Pai in full », car Rakim est un rappeur hors-normes. Il y a aussi Notorious BIG, Wu Tang… J’ai toujours été très East Coast.
Et parmi la génération actuelle ?
Il y en a plein. J’ai aimé le retour de Lil Wayne avec Swizz Beatz, Kendrick Lamar, Kanye West, Childish Gambino… Ils conservent l’essence du hip-hop. En francophone : Orelsan, Big Flo & Oli, Vald, Alpha Wann. Ils ont des textes et de la cohérence. Quand c’est trop facile j’aime moins. Après, il y a Booba, constant depuis tout ce temps…
 
 
Loïc Leï-Sam Clery : "Revenir aux prémices du hip-hop"

"Le concept Hip-Hop Connexion en est à sa troisième édition, au rythme de deux par an. On change d’endroit à chaque fois. L’idée est de revenir aux prémices du hip-hop. Autour de cela, nous avons également créé la marque NN avec l’ambition de pouvoir l’exporter et ainsi faire encore plus parler de la Guyane".
 

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