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Couples burlesques, diables rouges et diablesses : rois des jours gras

Pierre-Yves CARLIER Mercredi 26 février 2014
Les diables rouges vont déferler en Guyane dans une semaine, pour Mardi gras. (photo d'archives)

Dans quatre jours, démarrent les jours gras avec lundi, les mariages burlesques, mardi, les diables rouges et mercredi, les diablesses. Retour sur l'origine des personnages avec Auxence Contout et Robert Sébas.

LES MARIÉS DU LUNDI
Des hommes déguisés en femmes qui défilent aux bras de femmes déguisées en hommes : ce sont les mariages burlesques du lundi gras. Pour l'érudit Auxence Contout, la tradition vient certainement d'Espagne et du Portugal. « L'habitude avait été prise, le lundi gras, que la reine se déguise en ouvrier et que le roi se déguise en femme. Les gens de la cour avaient aussi l'habitude de changer de sexe ce jour-là. »
D'autres coutumes peuvent être à l'origine. C'est le cas du charivari, qui voyait des groupes venir faire du tapage sous les fenêtres des nouveaux mariés. Cette pratique a été importée aux Antilles au XVIIIe siècle.
LE JOU DJAB DU MARDI
Mardi, ce sera une déferlante de rouge dans les rues de Guyane. Les diables rouges s'empareront des défilés, les salariés se rendront au travail en faisant attention à la couleur de leur tenue et, le soir, les universités brilleront du rouge et or des touloulou et du rouge et noir des cavaliers.
Pour Robert Sébas, qui consacre une exposition sur les personnages traditionnels du carnaval guyanais (à l'Encre jusqu'au 5 mars) « la présence des diables rouges dans le carnaval guyanais est en relation étroite avec l'évangélisation chrétienne qui a été imposée aux esclaves. En effet, les missionnaires qui instruisaient les esclaves ont utilisé ce thème du diable, pour leur faire peur et décrire la lutte entre le bien et le mal. »
Pour Auxence Contout, les diables rouges du Mardi gras sont arrivés en 1960 des Antilles. Ils ont succédé à d'autres diables qui divaguaient seuls dans les rues pendant le carnaval, en évitant de se croiser. Sans quoi, il fallait qu'ils s'affrontent dans une imitation de bagarre. Le Mardi gras, les diables rouges déferleront en bande. Auxence Contout penche aussi pour l'origine chrétienne : « On lui a tellement parlé du bien et du mal que l'esclave, quand il a constitué ses déguisements, a utilisé ce personnage qui lui était familier. Mais s'il court avec le diable, c'est qu'il n'a pas peur et donc qu'il n'a pas trop cru ce que les curés et les jésuites lui disaient. »
LES DIABLESSES DU MERCREDI DES CENDRES
Mercredi prochain, les diablesses, vêtues de noir et de blanc, accompagneront Vaval jusqu'à son incinération. « La pleureuse du mercredi des Cendres nous vient du Portugal, d'Espagne et de petites localités de France. Là-bas aussi, elles sont en noir et blanc. Les Espagnols les appellent les « pleureuses » . Nous, on dit les « diablesses » . » Dans son exposition, Robert Sébas note que les pleureuses sont aussi présentes « dans les cérémonies rituelles africaines [...] Ces femmes éplorées, pleurnichant dans leurs mouchoirs blancs, revêtaient pour les obsèques annoncées du prestigieux défunt l'habit de grand deuil ou de demi-deuil. »
Quelle que soit l'origine, le tintamarre est incontournable. Qu'il soit provoqué par une casserole ou un pot de chambre attaché au pied, il signale aux personnes qui travaillent que Vaval va mourir.

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