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Culture

Au camp de la transportation, une exposition en forme «d'alerte pour tout le monde»

Samuel Zralos Mardi 17 Novembre 2020 - 20h01
Au camp de la transportation, une exposition en forme «d'alerte pour tout le monde»
Franky Amete au cœur de sa nouvelle exposition, visible au camp de la transportation jusqu'au 14 décembre 2020. - Samuel Zralos

Jusqu'au 14 décembre, Franky Amete expose à Saint-Laurent son hommage au fleuve Maroni. Un cri, un appel à lutter contre la pollution du fleuve de son enfance.


Près de l'entrée du camp de la transportation, derrière la bibliothèque municipale, une pagaie monumentale est fièrement dressée, hissée aux poutres de la pièce. Recouverte de métal brillant, cloué à même le bois, l'oeuvre surplombe le spectateur venu visiter la dernière exposition de Franky Amete, « Wataa Mama », ouverte jusqu'au 14 décembre.

A ses côtés, le long des murs d'un blanc sale du camp, oeuvres Tembe et portraits, tête basse et détresse apparente, imposent au visiteur une ambiance sombre, quoique pas dénuée d'espoir. « Je voulais une expo ou les gens ne rigolent pas » confirme l'artiste de but en blanc. Cette nouvelle installation d'oeuvres « pratiquement toutes » inédites en public, met en lumière l'évolution du fleuve Maroni, sa pollution au fil des dernières décennies.

« C'est un sujet sérieux, les gens qui vivaient du fleuve doivent parfois se déplacer très loin aujourd'hui, parce que les sources, les habitats des bêtes ont changé », rappelle l'artiste, très concerné par la question. Il voit la présentation de ces œuvres comme « une alerte pour tout le monde, pour tous les riverains du Maroni : le changement c'est maintenant ».

Une « alerte », qui accompagne le travail de Franky Amete depuis plusieurs années déjà, mais qui s'exprime aujourd'hui avec une violence, un aspect direct qui donne au message un ton d'urgence.
Des œuvres aux formats variés

Le spécialiste du Tembe n'en oublie pas son art pour autant. Au contraire, il multiplie les innovations, en peinture comme en sculpture, comme dans une volonté de faire passer son message par tous les supports possibles. Aux côtés de Tembe monumentaux - « on voulait parler de quelque chose, donc j'ai mis des grandes pièces, parce la salle voulait ça, elle est impressionnante » - et de la pagaie centrale - « celle d'un homme qui avance vers le futur, avec des techniques du passé », comme un pont - se retrouvent des pièces plus inhabituelles dans le travail du cinquantenaire.

Notamment ces portraits aux couleurs sombres d'hommes et de femmes du fleuve, réalisés avec du goudron, matière utilisée autrefois sur le fleuve pour l'étanchéité des pirogues - encore un trait tracé entre passé et futur. Dans les rides de leurs visages, L'expression de leurs yeux, la courbure de leurs têtes, tous donnent à voir une certaine impuissance, apportent un contraste visuel aux couleurs vives et a la symbolique du Tembe.

Enfin, en conclusion du parcours, les visiteurs trouveront une sculpture au sol de quelques tournants du fleuve lui même, parsemée de pirogues miniatures qui filent sur l'eau. Réalisée par toute une équipe l'oeuvre est reposante au premier abord, comme suspendue. Jusqu'à ce que l'ambiance sonore évolue subtilement, les enceintes passant de sons de nature au crachat de moteurs. Là encore, le fleuve évolue.

Venu avec sa compagne, Ernesto Missidjan ressort « très touché » de sa visite, qui nourrit chez lui une réflexion « qui ne date pas d'aujourd'hui ». Lui même enfant du fleuve parti une décennie pour ses études, il est depuis son retour « attristé de l'impact de la pollution » sur le Maroni.

« Mon fils est citadin, aurais aimé qu'il profite de tout ça », regrette le trentenaire, « et les pouvoirs publics ne font pas assez pression » contre la dégradation du fleuve.

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