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5e édition des Trophées des Art Afro Caribéens : la quintessence de la culture noire récompensée

Gaëlle Jotham (Agence de presse GHM) / Photos : Alfred Jocksan Mardi 9 Novembre 2010 - 08h39

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Le théâtre du Châtelet était en effervescence face aux talents Afro Caribéens, lundi soir. Les Trophées des Art Afro Caribéens ouvraient leur 5e édition.


Chacun des dix trophées récompense un écrivain, un musicien ou un cinéaste lié à la Caraïbe ou à l’Afrique. Mais cette cinquième édition n’est pas un bon cru pour la culture antillaise. L’honneur est tout de même sauf, grâce à la révélation de l’année, la jeune chanteuse hispano-martiniquaise Kim, mais aussi grâce au Prix d’honneur que remporte la cinéaste Euzhan Palcy.

Fidèles à la tradition, les TAAC ont réuni sur leur tapis rouge le monde du cinéma, de la littérature et de la musique issue de la Caraïbe et du continent africain. L’événement gratifie les artisans de la culture noire contemporaine qui ont marqué l’année de leur empreinte. Cette édition a été marquée par un hommage à Patrick Saint-Eloi avec Jacob Desvarieux, émouvant, ensuite rejoint par l’ensemble des artistes qui ont offert un medley aussi poignant que discordant à la mémoire de l’artiste. C’est donc sur des débuts quelque peu poussifs que les TAAC entrent en scène. Marie-José Alie et Audrey Chauveau ne ménagent pas leurs efforts pendant ces deux heures de spectacle, pour passer outre les problèmes de sons et erreurs de lancements, dans leur numéro d’animatrice (l’émission sera retransmise sur FTV).

Car c’est bel et bien une organisation plus que bancale qui entache cette soirée. Franck Anretar, président de l’équipe du TAAC, dresse un bilan laconique de l’édition : « Elle aurait pu être mieux, mais c’est une très bonne édition », avant de se montrer plus loquace sur son avenir au sein du comité : « Je vais apprendre à déléguer et me consacrer à d’autres missions… D’autres membres vont prendre le relais pour les prochaines éditions. »

Mais la magie des TAAC est tout de même palpable de par des invités de qualité et des artistes de talent. De nombreuses personnalités ont répondu à l’appel ; à l’instar de Samuel Eto'o, de Liz McComb ou d’Audrey Pulvar. Les trophées pleuvent et les lauréats défilent. Au total, la Caraïbe est décorée de trois trophées, les six autres prix reviennent à la culture réunionnaise et subsaharienne. C’est tout un peuple qui ce soir-là prend conscience des potentialités et des richesses qu’il recèle en son sein, malgré les grincements de dents sur le maigre cru caribéen.
 
 
L’accès difficile aux lauréats
 
La presse, confinée dans une salle du sous-sol du Théâtre du Châtelet pouvait suivre la soirée sur des écrans de télévision. À charge pour l’équipe de l’organisation de conduire dans cette salle les lauréats. C’est ainsi que les stars réunionnaises de Groov Lélé ont échappé à l’exercice de l’interview et du photo call.
 
 
 
« Je le garderai toute ma vie ! »

Révélation de l’année : Kim

Du haut de ses 20 ans, Kim est déjà bien connu des dancefloors antillais. Reine du zouk love depuis un an, tous ses titres sont des tubes, en particulier aux Antilles où la jeune métisse martiniquaise se sait particulièrement soutenue.

Kim, vous êtes la révélation de l’année de cette 5e édition des TAAC, que ressentez-vous face à cette distinction ?

Je suis extrêmement fière et honorée. Évidemment, je suis aussi très émue, j’en ai encore le cœur qui bat. Mais je suis vraiment fière du travail que j’ai pu accomplir avec toute mon équipe. Nous l’avons accompli ensemble et c’est une fierté pour nous tous.

Qu’allez-vous faire de ce trophée ? C’est le premier de votre carrière ?

C’est le premier de ma carrière, je vais trouver un moyen de l’encadrer ou bien de le suspendre à mon mur, enfin de faire quelque chose de très joli avec. C’est mémorable et je le garderai toute ma vie.
Des projets pour la suite ?

Pour l’instant on continue la promotion de l’album, « Premiers pas » à travers la France mais aussi à l’étranger et pourquoi pas un concert en 2011 ? Pourquoi pas…
Qu’as-tu à dire à ton public antillais ?

Mes origines, c’est la Martinique ! Donc un grand merci à tous. Mais aussi bien à la Martinique, que la Guadeloupe, que la Réunion et que la Guyane. Merci à tous ceux qui me soutiennent du fond du cœur.
Quel est ton rapport à l’île ? Tu as vécu en Martinique ?

Non, je n’y ai jamais vécu. Mon père est Martiniquais, donc j’ai souvent eu l’occasion d’y aller. La Martinique, ça m’inspire les vacances, c’est le soleil et la plage ! D’ailleurs je pars demain en Guadeloupe !

Propos recueillis par G.J.
 
 
 
Prix d’honneur : Euzhan Palcy

« On ne s’improvise pas réalisateur »

Le jury des TAAC a décerné une mention spéciale à Euzhan Palcy pour l’ensemble de sa carrière. Impressionnante de beauté et d’éloquence, la cinéaste martiniquaise a dénoncé les écueils qui jalonnent le parcours français des cinéastes et acteurs noirs. Première femme noire diplômée de l’école de cinéma Louis-Lumière, fille spirituelle d’Aimé Césaire, l’artiste martiniquaise a aujourd’hui un rayonnement international et une carrière qui imposent le respect.
Ces TAAC ont-ils une importance particulière à vos yeux ?

Je suis très heureuse. Quand j’ai décidé d’être cinéaste, j’étais jeune, mais c’était justement pour voir un jour ce genre de cérémonie, y participer, voir d’autres films. Pas seulement en Afrique ou dans la Caraïbe mais en France, en Europe, partout, avec plein de gens, une salle métissée qui comprend que c’est important. Ils sont venus parce qu’ils comprennent que nous aussi on a des choses à dire. Comme disait Césaire : « Qu’il est bon, légitime et beau d’être nègre pour la faim universelle et la soif universelle. »
Quels sont vos projets ? Travaillez-vous sur un film actuellement ?

Je développe un projet aux États-Unis. Je ne peux pas trop en dire parce que, sans être superstitieuse, il faut être prudent dans le monde du cinéma. Tant que vous n’êtes pas sur le plateau, que vous n’avez pas dit « coupez ! », vous n’êtes pas sûr que le film se fasse. Simplement je travaille sur un projet qui est un hommage à une légende du gospel.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui aimeraient suivre vos traces ?

Il n’y a pas de recette. Il faut déjà avoir la passion et puis il faut étudier, il faut apprendre. On ne s’improvise pas réalisateur, c’est un art extrêmement difficile qui ne souffre pas la médiocrité. Ceux qui ont la passion et l’envie de faire ce métier, qu’ils se battent et qu’ils ne se laissent pas décourager.

Les horizons sont ils plus clairs aujourd’hui que quand vous commenciez ?
 
C’est difficile et différent. Quand j’ai commencé, on me disait : « On ne veut pas de Rue Cases Nègres, parce que vous vous rendez compte avec un tel titre personne n’ira le voir. » Ou alors on me disait qu’il faudrait peut-être ne pas mettre l’enfant à l’affiche parce qu’il est noir, que ça serait une sorte de repoussoir. Oui j’en ai entendu des vertes et des pas mûres. Donc oui, c’était difficile pourtant je sortais d’une des plus grandes écoles de cinéma, mais ce n’était toujours pas suffisant. Ca a été très dur et aujourd’hui, c’est différent. Il y a eu une évolution. Une évolution technique. Maintenant, nos jeunes, même si on leur dit non, ils prennent une caméra, ils font des clips, des vidéos et s’expriment. En ce sens il y a eu une évolution mais le combat reste le même : la représentation des minorités sur les chaînes de télévisions en France. Pourtant ces chaînes n’hésitent pas à acheter des séries américaines truffées de Noirs et de Latinos. Alors y a-t-il un problème avec les Noirs francophones ? Ces acteurs noirs américains jouent de vrais personnages et non pas des rôles de Noirs ou de Nègres. Mais, il y a un sursaut et j’espère qu’il va s’avérer juste et qu’un jour je pourrai faire les films que je veux en France et que je n’aurai plus à aller aux États-Unis pour pouvoir travailler .

Propos recueillis par G.J.
 
  
 
Réactions

Audrey Pulvar:
« Pour ceux d’entre vous qui vivez ici, on entend tous les jours des propos dans la bouche des hommes politiques, des leaders d’opinion, parfois des journalistes. Des propos tendancieux, qui sont blessants, humiliant. C’est important de ne pas laisser passer ces choses. Alors, j’ai poussé un cri et parfois, il faut qu’il y des gens qui poussent des cris dans la nuit, et demain ce sont d’autres personnes qu’ils le pousseront. Je pense que c’est important d’être debout. »
Babette de Rosière
La star de la télé est venue remettre le prix du meilleur album remporté par le groupe réunionnais, Groove Lélé.

« La musique, c’est tout à fait comme la cuisine, ça rime. Musique et cuisine, ça rime bien. Je pense que je vais trouver une bonne sauce épicée et de bonnes notes aussi. C’est une soirée symbolique. Mettre en avant et reconnaître mes compatriotes, ça me plaît. »
Philippe Lavil
« Je suis venu pour participer et rendre hommage au regretté Patrick St Éloi, le crooner créole décédé. Je regrette de ne pas être dans la salle, mais assis dans un grand couloir, et de voir le spectacle à la télé ! C’est moins marrant que d’être dans la salle et, de plus, on emmerde tout le monde. Mais c’est une belle initiative. Maintenant, il sera peut-être bien un jour de trouver une vraie mixité qui ressemble à la France. »
Charly Clodion, réalisateur du clip de Youssoupha, « L’effet papillon ».
« Je suis extrêmement fier. Un clip à petit budget… Un jour, j’ai reçu un coup de fil de Youssoupha pour partir tourner le clip à Kinshasa. Le talent et la disponibilité ont permis à ce clip de franchir la ligne de la victoire. Mais, je ne veux pas m’enfermer. Pour moi, c’est un modeste prix. »
Francois Durpaire, président du jury des arts Afro-caribéens

« Ces trophées des arts afro- caribéens sont un événement important parce qu’avant, il n’y a pas grand-chose. Les Césaires sont devenus le trophée des arts afro-caribéens. Il y des esprits chagrin en France et certains laissent entendre que c’est communautariste. Pourquoi les noirs remettent des prix aux Noirs ? C’est une valorisation de la diversité de notre héritage. Se priver de l’Afrique, des Caraïbes, de la Réunion, c’est se priver d’une partie de nous-mêmes, quelles que soient nos origines. Nous savons valoriser les cultures et nous savons aussi entreprendre. »

(Réactions recueillies par Alfred Jocksan)
 
   
 
Les Lauréats de la 5e édition des Trophées des Arts Afro-Caribéens

Meilleur essai : Mohammed Aïssaoui, L’affaire de l’esclave Furcy
Meilleur roman : Léonora Miano, Les Aubes Ecarlates

Meilleur documentaire
: Pascal Lamche, « Black diamond »
Meilleur film : Rachid Bouchareb, « London River »

Prix d’honneur : Euzhan Palcy

Meilleur artiste : Kaf Malbar
Meilleur album : Groove Lélé & Ernst Reijseger – Zembrocal Musical
Meilleur clip : Youssoupha, « L’effet papillon »
Meilleur groupe : Carimi
Révélation de l’année : Kim
 
 
 
 












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2 commentaires

Vos commentaires

antilloguya 10.11.2010
madikera

zouck la ni ambassatrice kim et nou la pour lee

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antilloguya 10.11.2010

kim ka representer zouck la c es madikera kila bon courage c es une martiniquaise elle nous represente bien on lui donne toute notre encouragement

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