La Guadeloupe vit ce matin son septième jour de grève générale. Pourtant, samedi, après cinq jours de conflit, les principaux partenaires (représentant de l'Etat, conseil général, conseil régional, maires, parlementaires) ont réussi à s'asseoir autour d'une table pour entamer une « discussion » avec les membres représentatifs du collectif Liyannaj kont pwofitasyon.
Après quatre heures de discussions, les échanges ont tourné court suite à une vive altercation entre Jean- Claude Malo, président de l'Association des maires et modérateur de la réunion, et des membres du collectif, sans qu'aucun point de la plate-forme n'ait été abordé.
Or, il est clair que LKP s'installe dans la durée avec son cahier de plus 123 points et il n'entend pas desserrer l'étreinte tant que certaines demandes n'auront pas été satisfaites. Elie Domota l'a dit, il y aura des points à régler à court et plus long terme, parce qu'il relève « d'un nouveau choix de société » . Mais la plate-forme comprend aussi des points à régler dans l'immédiat. Il s'agit de l'augmentation des salaires les plus bas, de la baisse du prix des carburants, de la baisse des produits de première necessité, du prix de l'eau et de la domiciliation en Guadeloupe du paiement des factures des télécommunications et d'EDF.
Sans réponse sur ces points, LKP « exhorte les travailleurs et le peuple de Guadeloupe à poursuivre le mouvement de grève générale et à accentuer la mobilisation tou patou an péyi la dès lundi 26 janvier. »
Dans un communiqué, Elie Domota, au nom du collectif LKP, « appelle les Guadeloupéens à se rendre à la prochaine séance de négociation, aujourd'hui, à 16 heures au WTC. »
Car, samedi, les partenaires se sont quittés à 23 h 25 sans être parvenus à se mettre d'accord sur une méthode de négociation, préalable posé par Liyannaj kont pwofitasyon avant d'aborder les 123 points de la plate-forme présentée par le collectif (LKP) (1).
Les négociations prévues à 9 heures, puis repoussées à 16 h 30, n'ont commencé qu'à 18 h 35 par un long exposé d'Elie Domota, porte-parole de LKP, qui a déroulé les grandes lignes des revendications du collectif. « Nous sommes là à la demande du peuple pour régler certains problèmes. La Guadeloupe a besoin que l'on invente de nouveaux outils pour la sortir de l'ornière dans laquelle elle se trouve » , a-t- il notamment déclaré avant de proposer aux partenaires de la négociation une méthode de travail par atelier en fonction du champ de compétences de chacun.
Mais certains points relèvent du domaine législatif et le préfet, Nicolas Desforges, a refusé d'engager l'Etat quand il s'agit de se prononcer sur ces thèmes.
Car, comme l'a souligné la sénatrice Lucette Michaux-Chevry, certains points du cahier de rendications ne peuvent trouver leur réponse dans cette assemblée, car ils dépassent le champ de compétences des institutions et même de l'Etat.
(1) La plate-forme du LKP comprend les sujets suivants : le niveau et conditions de vie, le logement, l'environnement, les transports, l'éducation, la formation professionnelle, l'emploi, les droits syndicaux et les libertés syndicales, les services publics (eau, santé), la production (volets agricole et pêche), l'aménagement du territoire et infrastructures, la kilti, Arété pwofitasyon et la résolution des conflits en cours.