CARIMI touche le Zénith
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CARIMI touche le Zénith

franceguyane.fr /FXG


Le Zénith était plein, samedi 8 mai pour Carimi. 7 000 entrées vendues un mois à l’avance. Même Piere-Edouard Décimus s’est fendu d’un appel pour féliciter l’artisan de cette réussite, le producteur Jean-Claude Adrassé ! Un hommage qui touche particulièrement les trois leaders de CARIMI, Carlo Vieux (33 ans), Richard Cave (34 ans) et Mickaël Guirand, le chanteur (35 ans). Nourris dès le plus jeune âge au son de Kassav et de Tabou Combo. depuis la sortie de Buzz, leur huitième album en huit ans, ils enchaînent les scènes : New York, New Jersey, Miami, La Réunion, la Nouvelle-Calédonie, Cayenne… Leur premier Zénith est un tel triomphe qu’ils en annoncent d’ores et déjà deux dans un an ! « C’est rare qu’un groupe avec si peu d’années fasse un Zénith complet, confie leur producteur Rodolphe Nisima, eux-mêmes n’y croyaient pas. » Sur scène, Princess Lover, Tina Ly, Shaba de Djakout mizik, Mika Ben… En coulisse et dans la salle Jacob Desvarieux, Lynnsha, Ali Angel, le chanteur et le guitariste d’Original H… Le groupe Haïtien installé à New York promet un album pour les dix ans de sa formation, avec des fusions nouvelles, « surprenantes », promet-on. CARIMI vise désormais les marchés français et américain.
FXG (Agence de presse GHM) 
 
- Interview
Pierre-Edouard Décimus a appelé votre producteur pour vous féliciter de ce Zénith plein. Ca vous inspire quoi ?

Richard : Kassav, c’est notre cœur. On a grandi en écoutant Kassav et Tabou Combo, c’est sûr… On a pris un autre chemin mais on a appris d'eux. Parfois, tu crois que tu fais quelque chose de nouveau et les anciens l’ont déjà fait. On a  donc beaucoup appris de Kassav et de Tabou Combo et on les remercie directement.

Mickaël
 : Ce Zénith, c’est un début, c’est le premier de notre histoire, il y a encore de plus grandes salles !

Carlo : On a déjà annoncé les deux prochains Zénith en avril 2011. On a hâte, et je pense qu’on va commencer à le préparer vite parce que ça va être chaud chaud chaud !


C’est quoi le truc en plus dans votre zouk-kompa ?

Richard : Le petit punch en plus ! Agressif… C’est l’explosion. C’est ça qui fait Carimi. Tu as l’impression de perdre la tête, c’est ça qui fait le kompa et c’est ça qui fait le buzz !

Carlo : Si on avait une recette, je pense qu’on n’aurait pas fait de la musique mais qu’on aurait vendu des recettes et fait beaucoup d’argent ! Dieu nous a donné un talent et dès le début nous avons choisi de ne pas jouer le kompa pur, mais plutôt une sorte de fusion de différentes cultures pour que les gens se retrouvent. Hip hop, rap, R’n’B, le roots, le moyen-oriental, anything ! On fait découvrir notre culture aux autres en les attirant avec leur culture.
Que représente pour vous la Guyane, la Martinique et la Guadeloupe ?

Richard : Les Antilles, c’est notre cœur. Avec la Guyane, la Nouvelle-Calédonie, c’est extraordinaire. On a fait 7 000 personnes !

Mickaël : On va aller très bientôt en Polynésie ! On a des demandes pour le Brésil la Thaïlande, le Japon… Et le 18 mai, la fête du drapeau à Port-au-Prince.

Richard : Avec la Martinique, Guadeloupe, Guyane, on a un petit quelque chose de spécial. Le 21 juin, on fait un concert à la Martinique pour la fête de la musique. Préparez-vous, on va doubler ! Les gens nous ont déjà vus et on ne veut pas faire la même chose.

Mickaël : On va être là pour les grandes vacances et même revenir en Guyane. Au Zéphyr, c’était extra !
Comment se passe votre vie à New York ?

Richard : La vie, c’est difficile. New York n’est pas un endroit facile ; il y a une récession qui frappe fort. Mais on est vraiment chanceux d’avoir un groupe comme CARIMI, on est en tournée tout le temps et financièrement c’est rentable. On ne peut pas se perdre.

Mickaël : À New York, on touche un public mixte. Des Américains, des Européens viennent nous écouter. Il y a des Américains très Mean Stream mais la majorité sont très ouverts. On a joué au Sobies, au Roselane hall, au New York Manhattan center qui était craqué avec 3 000 ou 4 000 personnes. Les gens acceptent. Ils dansent, ils vibrent…
Et vos études ?

Richard : On a tous terminé. J’ai fait mes études en finances, Mickaël a fait de la comptabilité et Carlo a fait sa maîtrise en sciences politiques.

Carlo : Je m’adonne à fond à CARIMI mais je compte probablement faire une carrière politique. Je vais sans doute me faire naturaliser l’année prochaine aux États-Unis, mais, je souhaite plutôt faire cette carrière en Haïti.

Richard : Moi, je ne veux pas faire de politique mais je passe le message. Je l’ai fait avec Haïti ding ding ou avec le Buzz. Chez nous le buzz, c’est un joint. Mais moi je dis qu’on n’a pas besoin de fumer pour être bien. CARIMI, c’est mon buzz ! Jouer au football c’est ton buzz ! Et on a fait passer le message parce que la drogue frappe en Haïti.
Parlez-nous de votre 12 janvier à Port-au-Prince. Comment avez-vous vécu le séisme ?

Mickaël : On était tous là et on a entendu le goudou goudou, c’est comme ça qu’on l’appelle… Tu sens, ça secoue, tu ne parviens pas à maîtriser, tu ne comprends pas…

Richard : Tu vis quelque chose comme ça, tu ne l’oublies jamais. À Paris, dans le métro, ça a secoué un peu… Ca m’a traumatisé. Tu vis ça, c’est pour la vie. L’aide que les gens ont apportée a été extraordinaire et en même temps, je me suis senti mal parce que lorsqu’il y a eu le tsunami, je n’ai rien fait. Ca m’a donné une leçon.

Carlo : Le goudou goudou… On était en train de préparer le carnaval et de signer une convention de sponsor avec Digicel. Il était 5 heures et c’est à ce moment-là que c’est arrivé… Tout s’est effondré sauf l’immeuble Digicel dans lequel on était. On a eu de la chance… Tout s’est effondré, on a vu plein de morts. Ca m’a pris trois heures de temps pour arriver chez moi, normalement ça me prend quinze minutes. C’était horrible.

Mickaël : C’est la nature, on est obligé d’accepter. Il faut repartir, faire de la musique, c’est le carburant.
Et après Buzz, que préparez-vous ?

Mickaël : Je suis fatigué, cassé… J’ai tout donné.

Richard : On fait un grand remix de Buzz… Un truc extraordinaire

Carlo : Richard et moi on prépare déjà l’album des dix ans de CARIMI et je peux te dire que ça va être chaud. Beaucoup plus d’invités et beaucoup plus de choses que le kompa…. Il y aura du R’n’B français, des a capella, des acoustiques, de la R’n’B soul. On va entrer dans le marché français. On va se concentrer dessus et ensuite on viendra sur le marché américain.

Propos recueillis par FXG (Agence de presse GHM)




- ITW Princess Lover
Vous avez chanté avec CARIMI…
Je viens de vivre un grand moment. Ce sont des grands frères. Le titre que nous avons chanté n’est même pas encore en promo et le public la chantait déjà !
Un Zénith pour vous, c’est prévu ?
On m’a proposé un Zénith en solo, mais j’avoue que j’aimerais quand même faire le troisième pour offrir des choses nouvelles. J’ai la prétention de vouloir travailler avec des grands alors ça avance doucement même si ordinairement nous travaillons très vite… Alors, ce sera pour 2011. Si Dieu veut.
Vous verra-t-on bientôt aux Antilles ?

Des petits soupçons un petit peu avant cet été puisque j’essaierai d’y faire la fête de la musique. J’essaierai de profiter de Jean-Marie Ragald avec l’équipe de MKG pourquoi pas… Et puis les grandes vacances sont des occasions de venir… Je pense que je pourrais au moins offrir une première chanson en attendant les autres du prochain album.
 

 
RÉACTION



Jacob Desvarieux
 : « La première fois que je les ai vus, c’était en Haïti et j’étais sûr que ça allait marcher. Ils ont été élevés avec du zouk dans leur biberon, ils ont grandi aux États-Unis et ils nous ont écoutés… Enfin, c’est ce qu’ils disent ! »
 
 


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