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TRANSPORT

Tous dans le même bateau

Guillaume AUBERTIN France-Guyane 20.03.2010

Les élus ont affirmé leur volonté commune de pérenniser la navette fluviale (GA)

Si la volonté de pérenniser le transport fluvial entre la pointe Liberté et le centre de Cayenne semble de plus en plus claire pour les collectivités, un certain flou règne toujours au niveau de l'organisation de la ligne. Certaines pistes concrètes ont toutefois été avancées, hier, entre les différents élus concernés.

C'est à se demander si, au final, la fermeture du pont du Larivot n'aura pas été une aubaine pour les Guyanais! ?! Car si l'ouvrage a enfin été rouvert à la circulation, il s'agit désormais de composer avec les vestiges des différentes mesures prises pour palier la crise. Était- il possible d'envisager, il y a six mois, la mise en place d'une navette fluviale pour relier la Pointe liberté au canal Laussat ? Sans doute que non. Mais c'était sans compter sur la fragilité du pilier n°13 du pont du Larivot...
« Conditions optimales »
Toujours est-il qu'aujourd'hui, cette fameuse ligne fluviale est déjà en place. « Alors pourquoi ne pas en profiter » , expliquaient hier en choeur les élus des différentes collectivités concernées par le dossier. Serge Adelson : « Les bateaux sont déjà là, donc on ne va pas faire appel à d'autres » . Premier point et premières interrogations. Les contrats de travail des opérateurs actuels ne sont pas conformes avec la loi française. L'urgence de la situation avait, à l'époque, pris le dessus sur les lourdeurs administratives et juridiques. Une question qui se pose également pour la navigabilité de la rivière de Cayenne. « On n'a pas les équipements nécessaires pour naviguer sur le fleuve, remarque Patrick Lecante, le maire de Montsinéry. On a besoin de conditions optimales en matière de sécurité pour assurer la ligne. Car cela peut poser problème au niveau des assurances » . Et Georges Othily d'enfoncer le clou : « On doit créer une charte entre les différentes collectivités sur la réglementation de la circulation sur les deux rives. Et peut-être même penser à une police du fleuve » .
L'État à l'aide
Au-delà de l'aspect juridique, il existe d'abord de nombreux points purement techniques à résoudre. « Le but étant, pour Alain Tie-Liong, de maintenir la ligne sans rentrer dans une délégation de service publique » . Pour l'heure, même si la gestion de la ligne sera confiée aux collectivités, Daniel Ferey a de son côté fait part de sa volonté de soutenir le projet qu'il a toujours défendu en temps de crise. Le préfet a ainsi fait savoir que pour les six mois prochains, il serait « prêt à promouvoir le subventionnement d'une étude » pour le maintien de la ligne à titre expérimental mais aussi pour définir les conditions de pérennisation du service. L'État pourrait donc financer dans un premier temps 60 à 70% des coûts de fonctionnement de la ligne. Reste à savoir qui s'occupera des 30 à 40% restants ? Et surtout, à quelle hauteur ? « On ne peut pas demander à toutes les communes, qui ne comptent pas le même nombre d'habitants, de financer le projet à parts égales » , explique le sénateur Othily.
Financements complémentaires
Aussi, comme le fait remarquer Serge Bafau, 3e vice-président de la CCCL, « il n'y a pas que les collectivités qui peuvent payer. On pourrait obtenir des financements complémentaires de la part de l'ANPE et de la Caisse d'assurance-maladie par exemple, dans la mesure où l'on rend service aux usagers » . « Mais il va bien falloir savoir qui apporte combien » , insiste Alain Tien-Liong. « C'est pourquoi on doit calculer à combien va revenir l'exploitation, afin de proposer aux usagers des tarifs intéressants, enchaîne Georges Othily. Car les automobilistes vont faire le calcul par rapport au prix de l'essence. Si ça leur revient plus cher, ce n'est pas la peine. » Mais pour Patrick Lecante, « on doit aussi intégrer là-dedans le Grenelle de l'environnement. Car rappelons que ce mode de transport contribue aussi à améliorer la taxe carbone » .
Le SMTC tient la corde
Hier, en tout cas, tout laissait penser que le SMTC serait la seule à pouvoir assurer ce service. Ne serait-ce que pour l'émission des tickets. Le syndicat mixte des transports en commun pourrait par ailleurs s'appuyer sur une régie et un réseau urbain de bus déjà existants pour coordonner le tout. Car si la navette fluviale dessert la pointe liberté et le centre de Cayenne, « on aura besoin d'une organisation complète du transport jusque dans les autres communes pour faire la liaison » , note Serge Bafau. Mais là encore, il va falloir définir des tarifs. Du côté de la préfecture, on estime ainsi que si le nombre de passagers reste le même (environ 1 000 à 1 500 personnes), le prix du ticket pourrait osciller aux alentours de 1, 50 euro. « On a lancé une étude pour calculer le prix de base, éclaire Louis-José Latou- che, directeur général de la SMTC. On pourra ainsi savoir dans les semaines à venir comment fixer les tarifs » .
Questions en suspens
Hier, entre 5 h 45 et 8 h 45, 164 passagers ont emprunté la navette entre la pointe liberté et le canal Laussat. « Mais bon, il faut rappeler que c'est encore gratuit, tempère le maire de Macouria. On verra à partir du 1er avril quand les gens devront payer » . Entre-temps, d'autres questions vont se poser : les problèmes de stationnement à la pointe Liberté, le dragage du canal Laussat, l'aménagement des berges, la continuité du Tig... autant de points sur lesquels il va falloir se mettre d'accord. Une nouvelle réunion de travail est déjà prévue... après le second tour des régionales.
Pour Georges Othily, toutes les communes ne peuvent pas financer à parts égales. (GA)Pour Georges Othily, toutes les communes ne peuvent pas financer à parts égales. (GA)
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04 février 2012