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Saut Bief : la centrale nuira à la qualité de l'eau potable, selon une association

Daniel SAINT-JEAN France-Guyane 31.08.2010

L'installation de la centrale sur le saut Bief coupera la rivière. Les embarcations passeront par un canal, qui sera percé sur la rive gauche (photo d'archives)

Parmi les projets de centrale hydroélectrique de Voltalia, celui sur le site de saut Bief à Cacao suscite l'opposition de l'association Bagot 973. Celle-ci compte une soixantaine de membres et s'est fixée pour principal objectif de « sauvegarder et préserver le milieu naturel de la crique Bagot » .

« Le projet Voltalia sur saut Bief menace l'écosystème de la crique Bagot et de la Comté, mais également l'idée d'un développement économique et harmonieux de la Guyane » . Pierre Laporte, président de l'association Bagot 973, est catégorique. Ce projet privé, qui veut « casser » le saut de façon irrémédiable, « n'est pas acceptable » . Il y voit « avant tout une opération de défiscalisation » .
« Ce n'est pas une centrale dite au fil de l'eau, comme la société l'a annoncée dans son dossier soumis à l'enquête publique, mais un barrage à proprement dit sur le saut Bief » , constate Pierre Laporte. « Le seuil de l'ouvrage étant relevé de 4 mètres (2 mètres selon Voltalia, ndlr), la hauteur du plan d'eau à l'étiage sera à 6,60 mètres. Dans le dossier, aucune étude n'a été faite sur les conséquences en amont de l'ouvrage » .
L'association a fait appel à un géomètre pour connaître les répercussions de ce barrage. « Rien qu'en saison sèche, cette retenue sera ressentie jusqu'au niveau de Gros Roche, soit à 17 km en amont de la confluence de la crique Bagot et de la Comté. Les zones forestières basses seront inondées de façon permanente. Les arbres mourront et se décomposeront avec des conséquences graves. La principale sera la dégradation de la qualité de l'eau qui se chargera en matières organiques, avec le risque de méthylation du mercure » . Une eau pompée dans la Comté par la CCCL (Communauté de communes du centre littoral) pour alimenter en eau potable la population de Cayenne.
Aussi, selon l'association, l'enquête publique n'a pas été présentée de façon honnête : manque d'informations pour que les Guyanais se sentent concernés, des affirmations de production sans étude complète, absence de contre-expertise des services d'EDF, absence de références sur les équipements déjà réalisés, comme celui de saut Maripa à Saint-Georges, mis en service il y a six ans... « L'enquête a été favorable, mais avec beaucoup d'oppositions et de craintes » . La prochaine étape est l'enquête publique pour la modification du Plan de prévention des risques d'inondation, le PPRI. Une enquête nécessaire au préfet pour autoriser la réalisation. Une décision qui fera, sans nul doute, l'objet d'une saisie du tribunal administratif sur la recevabilité de l'ensemble de la procédure.
Pour Pierre Laporte, président de l'association Bagot 973, ce projet, qui veut « casser » le saut « n'est pas acceptable » (D. St-J.)Pour Pierre Laporte, président de l'association Bagot 973, ce projet, qui veut « casser » le saut « n'est pas acceptable » (D. St-J.)
- « Pour Voltalia, Cacao est un défi »
Frédéric Farrugia, chargé de développement des projets de Voltalia en Guyane, fait le point sur le projet hydroélectrique de Cacao.
Pourquoi n'y avait-il pas cette étude d'impact sur l'amont de saut Bief, au moment de l'enquête publique ?
Avant l'enquête publique, il y a eu l'instruction par les services de l'État. Ils ont estimé suffisants les éléments qu'on avait apportés. Maintenant, on nous demande plus d'éléments sur les parties noyées. Nous les estimons à 50 ou 60 hectares, le long du fleuve. Cela reste une surface normale pour un tel projet.
Y a-t-il un risque d'inondation de forêts basses et donc un risque de dégagement de mercure comme sur le lac de Petit Saut ?
Aujourd'hui, nous estimons que non. Mais l'administration nous demande de la préciser. Cela demandait des moyens d'investigation plus lourds, que l'on va mettre en place pour mieux connaître l'amont. Nous avons une très bonne connaissance de l'amont immédiat du saut.
Après, il faut savoir sur quelle distance il y aura des conséquences.
Le projet est-il compatible avec l'usage de loisirs du lieu ?
Il y a des gens qui ont des carbets le long de la Bagot (un affluent de la Comté, en amont de saut Bief, ndlr). Ils sont inquiets de voir leurs carbets disparaître. Nous sommes tout à fait d'accord pour les rencontrer au cas par cas. Si un carbet est entravé par la montée des eaux, Voltalia fera le nécessaire. Nous l'avions mentionné dans l'enquête publique. L'impact sur ces carbets sera connu avec la nouvelle étude.
Pour Voltalia, Cacao est un défi parce que nous serons très visibles. Nous y serons beaucoup plus surveillés qu'ailleurs. À nos détracteurs, je propose de travailler ensemble, pour que l'on voie ce qu'on a éventuellement oublié.
- Une étude topographique plus affinée au confluent de la Bagot
Interrogé sur cet aspect inquiétant de la qualité de l'eau au niveau du pompage de la Comté, la CCCL renvoie à l'Agence régionale de Santé (ARS), tout en estimant « que ce genre de projet n'altère en rien la qualité de l'eau » .
Du côté de l'ARS, le service Santé environnement (qui est en charge du contrôle sanitaire des eaux destinées à la consommation humaine) renvoie à la Direction de l'Agriculture et de la Forêt, qui est en charge de la police de l'eau et a instruit l'étude d'impact. Le service Environnement et Forêt rappelle que l'enquête publique a été réalisée, et qu'une modélisation hydrolique a été faite pour celle-ci. Mais il précise que le bureau d'étude doit réaliser « des relevés topographiques plus fins au confluent de la crique Bagot » .
À noter que l'Agence départementale de l'Environnement et de la Maîtrise de l'énergie, l'Ademe, s'est déclarée « totalement favorable » aux projets sur la Comté (France-Guyanedu vendredi 20 août) : « L'impact est faible, on ne perd pas de couvert forestier, on ne tue pas tout » . Pour l'Ademe, le projet ne reproduit pas les erreurs de Petit Saut.
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Vos commentaires

chou31.08.2010  recommander (0)

barage à saut bief

Que l'on fiche la paix au Saut Bief!
Pourquoi abîmer pour toujours, ce site naturel de loisirs, complémentaire de Cacao? LES SITES NATURELS COMPARABLES, A SAUT BIEF, NE SONT DÉJÀ PAS SI NOMBREUX
LA VOCATION DE CACAO N'EST ELLE PAS AGRICOLE ET TOURISTIQUE?
BRAVO A L'ASSOCIATION !!!
donnez le mail ou le téléphone de cette association


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Enilec01.09.2010  recommander (0)

RE: barage à saut bief

Bonjour,

Nous sommes nombreux, comme toi, à tenir à ce site de Saut Bief, à "l'utiliser" le WE pour passer un moment de détente et de loisir... Ce site naturel et encore sauvage est le seul saut situé non loin de Cayenne et dans une commune très vistée le WE... car Cacao a réellement misé sur le tourisme...

Nous sommes ainsi nombreux à être (déjà ou potentiellement) contre ce projet.. malheureusement encore trop peu de gens savent qu'un barrage est prévu sur ce site et que notre Saut Bief va disparaitre à tout jamais... et sous peu !!

Alors faisons passer l'information et exprimons notre désaccord (si tel est le cas) !! Mobilisons nous avec l'association "Bagot973" qui a déjà commencé le combat ! Leur site est : http://bagot973.over-blog.com et leur email : bagot973@wanadoo.fr.

"Quand on veut, on peut..."


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11 février 2012