Il est tout beau, tout neuf, tout rose, et impeccablement bien assorti au tee-shirt et aux baskets. Ashley en est fière, de son nouveau sac de princesse. Hier matin, avant l'ouverture de l'école maternelle Gaëtan-Hermine de Cayenne, la fillette de quatre ans y semblait en tout cas bien accrochée. Comme à la main de sa maman. Alors, lorsqu'on lui demande si elle est contente de retourner en classe, elle répond d'un « oui » plutôt timide, et franchement hésitant. Et les copines ? Le visage s'éclaire : « Je vais voir Emmanuela et Kali » . Et la maîtresse : « Je lui ai apporté une petite fleur. Mais je préfère avoir un maître » , explique-t-elle, avec la spontanéité bien connue des enfants de son âge. Elle aurait bien ramené ses jouets aussi, mais « la maîtresse a dit que c'est interdit » . Kyara, elle, rentre chez les grands à Solange Patient. Ses cahiers de vacances sont restés au fond du sac pendant toutes les vacances, mais elle a l'air plutôt ravie de reprendre l'école. Pour plusieurs raisons : « Je vais montrer mon nouveau sac, ma nouvelle jupe, et ma belle coiffure. Et je vais aussi revoir mon amoureux Fabien » . Mais l'école, « c'est pas toujours très drôle » . Là aussi, les raisons sont diverses. Ce que Kyara n'aime pas : « Se faire marcher sur les pieds à la récré, et quand la maîtresse met des bonhommes pas contents (le système de notation) lorsque j'ai pas bien travaillé » . C'est quand même avec un grand sourire qu'elle est arrivée hier à l'école. Mais une fois assise, les larmes étaient de la partie. Pas facile de dire au revoir à maman ? Même pas. C'est que son amoureux Fabien est dans une autre classe. Il y a des rentrées parfois cruelles! Quelques rues plus loin, les élèves de l'externat Saint-Joseph en ont fini avec leur première matinée. Et les avis son plutôt partagés. Kimya, qui vient de rentrer au CP, regrette la belle époque de la maternelle : « Maintenant, on ne fait plus de sieste! » Mauranne, élève de CM2, est « contente de retourner à la récré » . En revanche, ce qui l'ennuie, ce sont « les maths et les haricots rouges à la cantine » . Enfin, Ashley 10 ans, reconnaît « apprendre à aimer les maths. Mais la maîtresse parle un peu trop pour tout et pour rien! » LE FAIT DU JOUR - Noa : 26 kg, son cartable : 4,6
À chaque rentrée, les parents découvrent avec effroi le poids du cartable de leur progéniture. Le ministère et les professionnels de santé recommandent que celui-ci ne dépasse pas 10% du poids de l'enfant.
Hier, Noa, 6 ans, a fait sa rentrée au CP. À l'école Saba de Kourou. Quelques heures plus tôt, sa maman a eu une mauvaise surprise : sa fille avait pris sept kilos. Sept kilos pris dans le rayon fournitures scolaires d'un supermarché.
Le cartable pèse lourd sur le dos des jeunes écoliers. En moyenne, il représente 20% du poids de l'élève, ont calculé les associations de parents. Selon le ministère de l'Éducation nationale, son poids « est en moyenne deux fois trop élevé » . Noa pèse 26 kg. L'ensemble de ses fournitures, 4,6 kg. Et « 7 kilos pile » avec la ramette de papier, a noté sa maman.
La liste des fournitures demandées par son instituteur était longue : cahiers 24x32, trousse, stylos bille bleu, porte-vues, cahiers 17x22, stylos bille vert, ciseaux, papier Canson, cahiers de travaux pratiques, ardoise, taille-crayon... et le cartable.
Début 2008, le ministre a envoyé une circulaire aux recteurs, inspecteurs et chefs d'établissements. Il leur demandait « d'agir de façon pragmatique et de trouver sans délai des solutions concrètes afin de diviser, sous brève échéance, le poids du cartable par deux. »
« Heureusement, elle n'aura pas tout sur le dos tous les jours » , tente de se rassurer sa maman. Mais elle craint que le cartable ne « lui esquinte le dos, si l'on n'arrête pas de charger la mule. Je vais commencer à me faire des cheveux blancs, en pensant à ce que seront les cartables au collège et au lycée. » Pour l'an prochain, elle envisage d'opter pour le sac à roulettes. Mais là aussi, le ministère note que ces cartables sont encore plus lourds et que les écoliers doivent les porter dans les escaliers.
En moyenne, selon les associations, le cartable représente 20% du poids de l'élève, quand il est recommandé qu'il ne dépasse pas 10%. (AP)LE FAIT DU JOUR - Une reprise studieuse
Assis sur un banc de pierre sous le préau du lycée Lama-Prévot de Rémire-Montjoly, trois adolescents attendent paisiblement que l'heure sonne. Celle de la rentrée, évidemment. « On entre en première » , sourit une des deux jeunes filles. Une heure plus tôt, les élèves de seconde ont découvert leur nouvel établissement. Dans un calme, matiné d'une légère anxiété, comme il se doit.
En classe, néanmoins, les nouveaux venus se détendent progressivement. Le professeur de physique-chimie délivre quelques consignes de rigueur. Notamment concernant les manuels scolaires. « Le contenu n'a pas vraiment changé » , précise-t-il. « Mais qu'est-ce qu'on va faire des anciens ? » , s'interroge une élève. « Ben, tu les vends » , lui lance une de ses camarades. Quelques mètres plus loin, dans une autre salle, les élèves attendent encore leur professeur principal. En silence. Un brin dépités, sans doute.
Dans les travées du lycée Melkior Garré, c'est l'effervescence. Les élèves vont et viennent à la recherche de leur salle de cours. Les surveillants répondent, encadrent, orientent. « Pff, je sais pas où je dois aller » , se lamente une adolescente. Ce qui ne manque pas de faire rire sa voisine.
Au collège, qu'il s'agisse de Nonon à Cayenne ou d'Auguste-Dédé à Rémire-Montjoly, les élèves ne semblent guère enclins à s'agiter inutilement. En réalité, d'une manière générale, la rentrée 2010 s'est avérée plutôt... studieuse.