Retrouver la bosse des maths
T.F.
France-Guyane
17.02.2012
Les ateliers de raisonnement mathématique se déroulent jusqu'à ce soir (TF)
L'Irem organise deux journées dédiées au raisonnement mathématique au sein du campus universitaire de Troubiran, à Cayenne. L'occasion d'évoquer la désaffection dont souffre la discipline.
À défaut d'avoir pu s'asseoir dans le fauteuil de président de la République comme son cousin Raymond, Jules-Henri Poincaré est passé à la postérité en qualité de mathématicien et physicien d'exception. Alors que le 20e siècle pointe le bout de son nez, le scientifique s'étonne : « Comment se fait-il qu'il y ait des gens qui ne comprennent rien aux mathématiques ? » Excellente question, à laquelle personne n'a encore su apporter une réponse valable. A tel point que cette discipline, pourtant essentielle, souffre désormais d'une profonde désaffection. Moins d'étudiants, moins de professeurs, un cercle vicieux. Et la Guyane, cela va sans dire, ne peut échapper au phénomène. LA PLACE DES MATHS DANS L'ENSEIGNEMENT
Depuis hier matin et jusqu'à ce soir, l'Institut de recherche sur l'enseignement des mathématiques (Irem) organise deux journées consacrées au raisonnement mathématique. Un thème précis, certes, mais qui conduit inévitablement l'ensemble des participants à s'interroger sur la place des mathématiques dans l'enseignement en 2012. Particulièrement en Guyane, où la filière universitaire n'existe que depuis trois ans. De fait, elle va délivrer ses premiers diplômés au mois de juin. Par conséquent, c'est tout naturellement que le lieu choisi pour s'adonner à deux journées de réflexion a été l'amphithéâtre du campus universitaire de Troubiran, à Cayenne. La matinée d'hier a débuté, devant un large auditoire, par une conférence sur le raisonnement et la démonstration mathématique de l'école au lycée. « L'intérêt de ces journées est de permettre aux enseignants en mathématiques, qu'ils soient dans le primaire, le secondaire ou le cycle universitaire de se rapprocher, explique Antoine Primerose, président du Pôle universitaire de Guyane. Ça nous permet d'aborder les problématiques et d'effectuer un relais entre les informations officielles et les pratiques réelles. » Les maths, une discipline parmi d'autres ? « On peut considérer qu'elle est assez fondatrice du citoyen, insiste le président. Parce qu'elle asseoit le mode de raisonnement dans la vie de tous les jours. » Et pourtant, elle suscite de moins en moins de vocation. UNE LICENCE DE MATHS EN GUYANE DEPUIS 2009
Paul Nuiro est le directeur de l'Irem pour les Antilles-Guyane. Il explique : « Les élèves sont moins nombreux qu'auparavant. Par exemple, il y a dix ans en Guadeloupe, il y avait 200 étudiants inscrits en première année de mathématiques. Aujourd'hui, ils sont cinquante. » La Guyane, à en croire le directeur, n'est « que le reflet de la France dans son ensemble » . Même si les têtes pensantes du Pug fondent de grands espoirs sur le développement de la filière dans les prochaines années. Maître de conférence et unique professeur de mathématiques du Pôle universitaire guyanais, René Dorville se veut à la fois optimiste et réaliste. « La licence de maths existe depuis septembre 2009 et la troisième année depuis 2011, indique-t-il. Une quinzaine d'étudiants sont entrés en 2009 et on espère compter sept diplômés. Au total, nous comptons une trentaine d'étudiants. La Guyane souffre d'une carence d'étudiants en maths, alors, même si on arrive à ne former que quelques professeurs chaque année, ce sera utile. » Il reste toutefois à augmenter le vivier de lycéens en filière S. Et le taux de réussite au baccalauréat général (37%), qualifié « d'alarmant » par René Dorville.
Paul Nuiro et René Dorville prônent le développement de l'enseignement mathématiques en Guyane (TF)- Prof de maths à Papaïchton : « s'adapter »
Aymard Mavoungou-Bayonne enseigne les mathématiques au collège de Papaïchton depuis deux ans. Auparavant, il a dispensé son savoir aux élèves de Saint-Laurent. « Les maths, c'est important, affirme-t-il. Surtout dans un pays qui veut se développer, parce que ça permet d'accéder à beaucoup de professions. » Mais enseigner à Papaïchton ne semble pas être une mince affaire. « On doit s'aligner sur les spécificités de la Guyane, explique le professeur. Il faut s'adapter. Pour la majorité des élèves, le niveau est très bas. Il faudrait s'attaquer plus tôt aux habitudes culturelles, comme la façon d'inculquer l'envie d'apprendre et de réussir. Car cette envie n'est pas toujours là. On va à l'école parce qu'on à l'âge d'y aller. »
henri — 18.02.2012 recommander (0)
on a tjr aimer les maths c est ancestrale lol
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