L'ESSENTIEL PRÈS DE CHEZ VOUS
Régionales : le PSG grand perdant ?
Kerwin ALCIDE
France-Guyane
03.11.2009
Le PSG pourrait bien perdre la présidence de la collectivité lors des prochaines élections (Photo d'archives)
Au moins deux vice-présidents du Conseil régional pourraient ne pas rempiler avec le Parti socialiste guyanais pour les prochaines régionales, conduisant même d'autres listes. En d'autres termes, l'échéance s'annonce très difficile pour le PSG à la tête de la collectivité depuis sa création.
Le combat de trop ? À quelques mois des régionales, le Parti socialiste guyanais n'est plus l'ombre de lui-même. Vigoureux combattant par le passé, le PSG manque sérieusement de forme physique pour affronter le débat sur l'évolution institutionnelle et les régionales qui vont suivre en mars. Et des observateurs lui prédisent déjà la perte de la présidence de la Région, le dernier joyau de ce parti politique qui fêtait l'an passé ses soixante ans. L'avant-dernier étant la mairie de Cayenne, ancien bastion socialiste aujourd'hui aux mains d'un ancien du PSG. En interne, le parti n'a pas fière allure, et l'on évoque des divergences entre l'ancien secrétaire général Antoine Karam et l'actuel, Marie-Josée Lalsie. La dernière ne ferait pas la politique envisagée, ou souhaitée par le premier. Et à ceci, il faut ajouter quelques défections de taille. En effet, deux vice-présidents sont sur le point de signer ailleurs. La première est Chantal Berthelot, certes pas encartée au PSG, mais soutenue par l'appareil politique lors des dernières élections. Elle participera certainement aux régionales sous la bannière de l'Ageg (À gauche en Guyane), son parti créé il y a quelques mois en compagnie Albert Benth, vice-président au Conseil général. Certains observateurs disent même que ce parti a été justement créé pour aller aux élections régionales. Un poids lourd comme Chantal Berthelot, devenue entre-temps députée de la deuxième circonscription, manquera terriblement au Parti socialiste guyanais pour les régionales de mars. Autre défection, celui d'un autre vice- président, aujourd'hui en tractation avec les Verts Guyane pour créer un grand parti écologiste en Guyane. Alors que tout n'est pas encore réglé, il ne souhaite pas officialiser l'information. En tout cas, lui aussi manquera au PSG, parti auquel il était très attaché il y a encore quelque temps. Et même encarté. Mais le Parti socialiste ne semble pas avoir dit son dernier mot, car il se trouve au centre d'une démarche collective de plusieurs mouvements politiques. Depuis trois semaines, des partis envisagent de créer une entente autour de l'article 74 afin de mener une bataille commune lors de la consultation populaire. Ces discussions menées aujourd'hui en catimini pourraient se solder cette semaine par une signature officielle. Et l'on pourra même envisager un pacte de « non-agression » de ces partis politiques pour les futures régionales. Ainsi, chacun pourrait avoir son mot à dire lors des discussions avec le gouvernement pour la loi organique qui devra dessiner la nouvelle collectivité... si l'article 74 passe.