Des ersatz de projet, des planifications sans relief, le rectorat s'est essayé à différentes formules depuis quelques années. Sans grande conviction et sans faire montre d'une vision très affirmée. C'est du moins l'opinion de la plupart des syndicats enseignants qui n'ont eu de cesse de formuler critiques et protestations contre ces diverses tentatives. Pour éviter de se retrouver confronté à pareille situation, le nouveau recteur a répondu d'emblée en dévoilant un projet académique pour la période 2010-2013. Un plan sur trois ans qui s'épargne les innovations révolutionnaires pour mieux se focaliser sur les problèmes élémentaires.
1. L'accompagnement des élèves
Le projet consiste en une amélioration des conditions de pré-scolarisation des élèves. Celle-ci se traduirait par une hausse du taux de scolarisation des élèves à l'école maternelle, dès 3 ans. Le développement du rôle joué par les intervenants en langue maternelle aura, dans ce cadre, une importance majeure. L'apprentissage du français devra être une priorité à travers toutes les disciplines. Valorisation de « l'excellence scolaire » , améliorer une « continuité pédagogique » et favoriser l'accès à la poursuite d'études après le bac sont des priorités rectorales. Le tout grâce à une « évaluation maîtrisée » des compétences des élèves.
2. Un programme d'information et d'orientation
Dans le même ordre d'idée, le rectorat entend assurer un suivi personnalisé des élèves « par une mobilisation des équipes et un dialogue constant avec chacun d'eux (les élèves) » . Un projet qui passe par la diffusion de plaquettes, l'organisation de séances d'information, et surtout limiter « les orientations par défaut ou par l'échec » . « Il faut organiser l'éducation à l'orientation dès la classe de 6e » , préconise le rectorat. Dans ce but, l'académie estime nécessaire de développer des liaisons entre les écoles, les collèges, les lycées et l'enseignement supérieur.
3. Prévenir l'absentéisme
Un des chantiers majeurs du rectorat. Pour ce faire, il préconise une multitude de mesures. Le principe étant de généraliser les projets de vie scolaire au sein des établissements. Le rectorat envisage notamment « d'évaluer l'impact des rythmes scolaires et d'adapter les horaires » , de « fixer des procédures et des modalités de sanction » , de « lier la présentation à l'examen et les prestations sociales à l'assiduité » . Une dernière suggestion qui s'inscrit dans la droite ligne des mesures gouvernementales actuelles. Dynamiser les comités d'éducation à la santé et à la citoyenneté, multiplier les projets artistiques et culturel s'intègrent également dan ce chapitre.
4. Attirer et stabiliser les enseignants
Le rectorat entend résorber progressivement le nombre des personnels contractuels au profit des titulaires. Ce, en améliorant l'efficacité des dispositifs d'aide à la préparation au concours. Une étude sur la mise en place d'un dispositif de bourse d'études destinée aux bacheliers guyanais qui souhaitent s'orienter vers l'enseignement est une autre priorité de l'académie.
5. Impliquer les familles
L'intensification des liaisons et échanges avec les parents d'élèves est au centre du projet académique. « Il faut associer les familles à l'ambition éducative » , assure le rectorat.
Un internat flambant neuf
L'internat du lycée polyvalent Lama-Prévot de Rémire-Montjoly a ouvert ses portes aux élèves hier après-midi. Une structure flambant neuve qui accueille 72 lycéens. 36 filles et 36 garçons, répartis sur deux étages. Chacun le leur, cela va sans dire. « Tout fonctionne déjà, assure la direction de l'établissement. La restauration est au point pour ce soir (hier), comme le transport dès demain matin. » Si tout se déroule comme prévu, la quinzaine d'élèves qui a intégré l'internat mais qui est scolarisée dans un autre établissement de l'Ile de Cayenne sera prise en charge chaque matin par deux navettes.
20 places d'excellence
Parmi ses 72 internes, le lycée compte 20 places réservées au dispositif labellisé « internat d'excellence » . Celles-ci complètent les effectifs de l'internat de Maripa-Soula, qui accueille 112 élèves. 68 autres places ont reçu le label dans les internats des quatre lycées de l'académie de Guyane. Le département a donc une capacité globale d'accueil de 200 places en internat d'excellence.
VOTRE AVIS
LEVIS 18 ans "Un peu stressé"
Je viens du village de Trois-Palétuviers, près de Saint-Georges. Là-bas, il n'y avait pas ce que je voulais faire : un bac professionnel de maintenance automobile, car je veux devenir mécanicien. Et puisque nous n'avons pas de famille à Cayenne, nous avons dû opter pour l'internat. Je suis un peu stressé car je sais que je serai loin de ma famille et que je ne pourrai rentrer chez moi que pour les vacances.
BOCÉ VIRGINIE 15 ans "Ça me plaît bien"
Je suis originaire de Maripa-Soula et je rentre cette année à l'internat de Rémire. Je rentre en seconde générale et je souhaite devenir assistante sociale. J'ai choisi de venir ici car ça me plaît bien. Je rentrerai voir ma famille pendant les vacances scolaires. A cause d'un handicap à la hanche, c'est une association qui m'aide et qui prend en charge mon entrée en internat.
MARIE-ANNE 15 ans "Le bus ne passe pas!"
Ma famille habite à Macouria. Nous avons choisi l'internat à cause de l'éloignement. Mes parents sont agriculteurs et nous habitons à 4,5 km à l'intérieur des terres, là le bus ne passe pas! Je sais que ma mère aura l'esprit plus tranquille de me savoir ici. J'ai vu les chambres et ça à l'air bien. Il y a des ordinateurs... C'est ma famille qui paie, avec l'aide des bourses. Je crois que c'est environ 700 euros par trimestre.
MIGUEL 17 ans "Dès que je pourrai, je rentrerai"
Je viens de Papaïchton et je rentre en 1re année de CAP Sécurité. Je n'avais pas envie de rester à Saint-Laurent, je préfère Cayenne! Je suis un peu stressé mais je pense que cela va bien se passer. Dès que je pourrai, je rentrerai à Papaïchton.