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Le rapport qui accable le rectorat

G. A. France-Guyane 16.12.2009

En juin dernier, les syndicats enseignants s'étaient mobilisés pour pointer du doigt les problèmes d'affectations de postes (photos d'archives)

Fin septembre, un inspecteur général de l'administration de l'Éducation nationale a été envoyé en Guyane à la suite des grèves qui avaient paralysé le rectorat. Les conclusions de ce rapport pointent du doigt une organisation administrative relativement inquiétante...

Le rapport de l'inspection générale de l'administration de l'Éducation nationale commandé par le directeur de cabinet du ministre, Luc Chatel, le 24 septembre dernier, avait été dressé en réponse au mouvement social engagé le 7 septembre par le personnel des agents administratifs du rectorat. Lesquels réclamaient à l'époque la création d'une cinquantaine de postes, et dénonçaient aussi les critères de répartition de certains postes. Dans son compte rendu de plus de vingt pages, Bernard Pouliquen, le chargé de mission et auteur du rapport, se consacre principalement aux moyens et effectifs alloués aux établissements scolaires et aux services du rectorat.
1 - Surdotation record
L'inspecteur pointe notamment du doigt les surdotations de personnel au rectorat. Il rappelle qu'au plan national, « les académies respectent globalement le plafond d'emplois en personnels administratifs » . Or, on apprend que la Guyane a dépassé de plus de 25% sa dotation durant l'année scolaire 2008-2009.
2 - Trop de non-titulaires
Le rapport précise par ailleurs que depuis 2005, la tendance au recrutement d'agents non-titulaires est très nette dans notre département. Alors que ces derniers représentaient 3,8% des agents publics en fonction dans les établissements il y a quatre ans, ils sont passés à 21,4% aujourd'hui. Et la tendance se confirme pour le personnel du rectorat : en 2005, les non-titulaires n'étaient que 8,8%, contre 23,9% en 2009. Des chiffres inquiétants que ne manque pas de commenter l'inspecteur général : « La constitution d'un fort contingent d'agents non-titulaires n'est évidemment pas sans conséquences sur le climat social d'ensemble, explique-t-il. Les agents concernés [...] ont tendance à considérer qu'un recrutement temporaire vaut un ticket d'entrée dans la fonction publique » .
3 - Un recteur mal entouré
Lors de son arrivée en février 2008, Frédéric Wacheux « n'a pas bénéficié d'un secrétaire général d'académie à la hauteur des enjeux administratifs et scolaires du territoire guyanais » . Ce qui, a priori, a nui directement au recteur, fraîchement débarqué sur le territoire guyanais. « De nombreux témoignages attestent d'une passivité qui se vérifie dans l'absence d'instruction et de suivi des dossiers (portant souvent sur l'amélioration de la qualification professionnelle des agents) » . Heureusement, le secrétaire général en question est parti depuis. Remplacé par « une personne compétente aux yeux de la mission » . On apprend quelques lignes plus loin que Frédéric Wacheux « admet qu'une année lui a été nécessaire pour bien appréhender des éléments de fonctionnement et comprendre également les effets de structures et les jeux non coopératifs à l'intérieur du rectorat » . En gros : « Il s'est trouvé coupé de ses services, des personnes au sein des services, mais aussi des informations et de la capacité de comprendre les informations dans les domaines des moyens, en particulier » . Lui qui, avant d'être nommé recteur*, avait sorti différents ouvrages, tels que « Manager par le sens » , ou encore « Structuration et management des organisations » ...
4 - Mauvaises décisions
Il est ensuite indiqué que le recteur « a été amené à prendre seul des décisions qui, mal instruites, se sont retournées contre lui ou sont apparues improvisées » . Il est fait référence aux postes d'enseignants que Frédéric Wacheux souhaitait réserver dans le cadre du mouvement aux agents non- titulaires. « Cette mesure aurait pu connaître un autre déroulement par un travail plus coopératif en amont » .
5 - Indemnités douteuses
La mission a également observé que « la directrice de cabinet bénéficiait d'indemnités ne correspondant pas aux fonctions administratives exercées. Il conviendra, à tout le moins, d'y mettre un terme définitif, dans le prolongement des régularisations en cours » . Il apparaît effectivement d'autres « erreurs dans la gestion des indemnités de certains personnels de direction affectés en services académiques » .
6 - Une organisation à revoir
D'un point de vue général, concernant l'organisation administrative du rectorat, le rapport met en avant quatre éléments majeurs. D'abord, « le rectorat n'a pas su tirer profit de la réduction du nombre d'implantations et constituer ainsi des économies en emplois » . Est pointée également du doigt « la multiplication des structures sans se préoccuper de l'impact sur l'organisation » . Autre point : « Les obligations réglementaires de service ne sont pas respectées » . Et enfin, il existe au rectorat de la Guyane « un manque de formalisme généralisé » .
Mais le rapporteur de l'inspection générale évoque un peu plus loin « une certaine opacité (ndlr : au sujet du temps de travail) qui crée des inégalités fortes. Certains agents ne comptent pas leur temps et font preuve d'un réel dévouement pour mener à bien leur mission quand d'autres sont bien en-dessous de leurs obligations professionnelles minimales » .
7- Recommandations
La mission de l'inspection générale « préconise la mise en place d'un plan de retour à l'équilibre budgétaire, conduisant à la résorption du déficit à la rentrée de 2011 [...] Cela signifie qu'en gestion, l'académie devra mettre un terme au recrutement d'une quarantaine d'agents non-titulaires, qui pourront, pour un certain nombre, être recrutés par la voie de concours, dans les établissements scolaires » . En conclusion, le rapport insiste sur l'importance de « veiller aux créations d'emplois correspondant aux évolutions démographiques » . Aussi, l'objectif de professionnalisation des services du rectorat « demeure une priorité incontournable » . L'inspecteur invite par ailleurs les cadres du rectorat à « restaurer une autorité administrative qui a fait singulièrement défaut » .
- Pour Frédéric Wacheux, la Guyane a été sa première affectation en qualité de recteur.
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Les commentaires

Djamo17.12.2009

Et pourtant les primes d'éloignement et de vie chère sont payées rubis sur l'ongle aux fonctionnaires de l'EN sans qu'en échange, une productivité accrue semble exigée de l'État employeur ! Gagner plus pour travailler moins ?

ANNA16.12.2009

Eh oui, comme c'est étrange tout cela. le mammouth a des rhumatismes

Tosh16.12.2009

Il y aurait une suppression de 40 postes prévue pour l'année prochaine...

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