C'est un calendrier « serré » , selon un connaisseur du dossier, et toutes les contraintes ne sont pas levées. Mais la communauté de communes du centre littoral (CCCL) espère bien déposer ses premiers tas d'ordures, dans sa nouvelle décharge, en novembre 2013. Cette installation de stockage des déchets non dangereux (ISDND), selon la terminologie officielle, sera installée le long de la nationale 2, à deux kilomètres du carrefour de Gallion, autour de la carrière de la Routière guyanaise. Elle sera construite et exploitée jusqu'en 2031 par la Cleg (Centre littoral environnement Guyane). Cette société est commune à G2C, qui collecte les déchets sur la CCCL, l'entreprise Govindin, qui exploite la décharge des Maringouins à Cayenne, et les Transports Prévôt, qui transportent déjà des déchets. Hier, la Cleg a présenté son projet, à la mairie de Montsinéry-Tonnégrande. La décharge s'étendra sur 15 hectares, au sein d'une parcelle de 106 ha. Elle sera constituée de dix casiers de 12 000 m2, eux-mêmes composés d'alvéoles de 2 000 m2. Un quai de transfert à Rémire
Lorsque la décharge de Gallion ouvrira, celle des Maringouins fermera. Les camions-bennes de l'Île-de-Cayenne rejoindront un quai de transfert, derrière la déchetterie de Rémire. Ils se videront dans des semi-remorques. Selon G2C, cette manoeuvre sera réalisée de manière à « éviter l'apport d'eau de pluie, l'envol des déchets et la prolifération des oiseaux » . Les camions partiront au Gallion. Les camions poubelles de Roura, Montsinéry-Tonnégrande, voire Macouria, pourraient s'y rendre directement. À la CCCL, on envisage d'accueillir sur ce site les poubelles de Saint-Georges et Régina, voire de Kourou. Les semi-remorques videront les ordures dans les alvéoles. Tous les deux mètres ou au moins une fois par semaine, elles seront recouvertes de latérite pour « éviter les odeurs et les animaux nuisibles » , explique G2C. Actuellement, les habitants de la CCCL produisent 65 000 tonnes d'ordures par an. En dix-huit ans, la future décharge pourra en accueillir 1,45 million de tonnes. Trois ou quatre bassins devront récupérer les effluents produits par les déchets. En 2017, une première unité doit être mise en service pour récupérer les gaz et les transformer en électricité. Mais comme le faisait noter un participant, hier, en Martinique, un projet similaire ne fonctionne toujours pas, quatre ans après la création de la décharge. « Par solidarité »
Ce n'est pas le seul problème que pourrait rencontrer la future décharge. Le terrain envisagé appartient à l'État. La CCCL en demandera la cession jeudi prochain et il ne lui sera pas attribué avant début 2012. Le maire de Montsinéry-Tonnégrande, Patrick Lecante, rappelle que le conseil interministériel pour l'Outre-mer a prévu la construction d'une ville nouvelle, à peu près au même endroit. Il envisage de demander à l'Établissement public d'aménagement en Guyane (Épag) d'étudier comment les deux projets pourront s'articuler. Il a rappelé aussi, que sa commune avait un droit de préemption sur ce terrain. « Notre conseil municipal n'a pas d'opposition de principe. Aucun maire de France et de Navarre ne souhaite accueillir de décharge sur son territoire. Mais nous faisons jouer la solidarité, rappelle-t-il à ses partenaires. Notre projet politique n'a rien à voir avec cette décharge. » Une manière de dire à ses collègues qu'il aimerait bien, à l'avenir, profiter de leur solidarité en retour. - Retrouvez, dans notre édition de demain, un dossier sur le coût des déchets. Les déchets de Saint-Georges envoyés à Cayenne
Alors que la France est en contentieux avec l'Europe sur le stockage des déchets en Guyane, les décharges ferment les unes après les autres. Celle de Saint-Georges le 7 novembre. Depuis, ils sont emmenés à la décharge des Maringouins.
Depuis le 7 novembre, l'ancienne décharge de Saint-Georges, située sur la piste de Saut Maripa, est devenue un quai de transfert provisoire. Fin octobre, elle était encore une des trois décharges non autorisées à fonctionner en Guyane. Désormais, elle sert de plate-forme provisoire de transfert aux déchets. Après avoir été déposés là, ils sont acheminés à la décharge des Maringouins de Cayenne. La communauté de communes de l'est guyanais (CCEG) a adopté cette mesure, en attendant la création d'un quai de transfert définitif, sur un site qui reste à déterminer, puis la construction de la future installation de stockage des déchets non dangereux (ISDND) commune à Saint-Georges de l'Oyapock et Régina. Quand le quai sera créé, la décharge de Saint-Georges pourra être réhabilitée (courant 2012).
L'ancienne décharge de Saint-Georges est devenue une plateforme provisoire de transfert des déchets, le 7 novembre. (SG)5 000 tonnes de déchets depuis 2007
Depuis 2007, elle a accueilli environ 5 000 tonnes de déchets. Le coût de la réhabilitation s'élèvera à environ 550 000 euros. Le quai de transfert sera construit lorsqu'un site aura été trouvé. Plusieurs lieux sont à l'étude. La construction est prévue pour fin 2012 voire 2013. Son coût avoisinera les 900 000 euros.
La collecte des poubelles est prévue dans les bourgs de Saint-Georges et de Régina, ainsi que sur les nouveaux parcs de logements et sur le pont. Le prestataire actuel s'adapte à l'évolution de la population. Mais les zones non carrossables ne peuvent être collectées en porte à porte. Il y a donc des points d'apports volontaires pour certains quartiers. Seulement, les habitants de certains quartiers (village Martin et crique Onozo à Saint-Georges) déplorent des problèmes de conteneurisation et de vols des bacs. Un nouveau marché de collecte va être lancé en 2012, à la fin du contrat avec l'actuel prestataire. Par ailleurs, des solutions sont désormais à l'oeuvre pour les déchets verts et les piles (lire page 7).
Repères
La France en retard
Le 29 mars, la Cour de Justice de l'Union européenne déplorait « qu'au terme du délai fixé (à février 2004), il existât en France 1 000 décharges non autorisées, et que, au mois de décembre 2005, soit 22 mois après l'expiration dudit délai, 653 d'entre elles subsistaient encore » . Fin 2010, il restait six décharges illégales en Guyane (Kourou, Saint-Georges, Maripa-Soula, Papaïchton, Grand Santi et Apatou) et trois en Guadeloupe. Fin octobre, il en restait trois, toutes chez nous.
Une amende de 61,6 millions
À cause de ce retard, la France risquait, au 1er janvier 2011, une amende de 61,6 millions d'euros, plus environ 100 000 euros par jour de retard. Le plan d'urgence présenté le 25 janvier à la Commission européenne a évité que l'amende soit pour l'instant réclamée.
Un plan d'urgence
Le plan d'urgence signé pour le Maroni permet l'envoi des déchets d'Apatou vers Saint-Laurent. Ceux de Maripa-Soula et Papaïchton sont compactés et stockés provisoirement. D'ici 2013, chaque commune est censée avoir sa déchetterie aux normes, une plateforme de compostage des déchets verts, et un centre de stockage des déchets ultimes pour Grand Santi et Maripa-Soula. Cette dernière commune accueillera les déchets de Papaïchton, d'où les travaux urgents menés sur la piste entre les deux bourgs. L'Agence de l'environnement et de maîtrise de l'énergie (Ademe) finance 80% des 12 millions d'euros de ces travaux.
Antoinette auditionné
La décharge fonctionne toujours, bien qu'elle ne soit pas totalement aux normes. Le maire Jean-Étienne Antoinette a indiqué qu'il avait été une nouvelle fois auditionné par un juge d'instruction, à ce sujet, le 21 novembre. Une nouvelle déchetterie est en construction, mais Cayenne se prépare aussi à recevoir les déchets de la communauté de communes des savanes (Kourou, Sinnamary, Iracoubo et Saint-Élie) sur son futur site du Gallion, à Montsinéry-Tonnégrande.
Un maire condamné
En juin 2010, Justin Anatole, maire de Régina et président de la communauté de communes de l'est guyanais (CCEG, regroupant Saint-Georges, Régina, Camopi et Ouanary) a écopé de 10 000 euros d'amende avec sursis, pour l'exploitation de la décharge non réglementaire de Ouanary.