Le carnaval se cherche une nouvelle structure
Kerwin ALCIDE
France-Guyane
29.07.2010
Philippe Alcide dit Clauzel estime que la nouvelle structure pourrait voir le jour cette année (HG)
Face à l'inactivité de la Fédération des festivals et carnaval, des acteurs de cette manifestation travaillent depuis juin sur de nouvelles pistes pour revigorer le carnaval. Une nouvelle structure pourrait voir le jour avant la fin de l'année.
« Si on ne fait rien, le carnaval risque de mourir » . Philippe Alcide dit Clauzel a dirigé la Fédération des festivals et carnaval de Guyane pendant neuf ans, mais l'homme a gravité autour de cette manifestation depuis des lustres. Alors voir mourir l'un des patrimoines culturels de Guyane, il n'en est pas question.
Le mois dernier, à l'invitation du Comité carnavalesque et festivals de Kourou, plusieurs acteurs du carnaval dont les groupes ont participé à un séminaire. « C'était l'occasion de faire un état des lieux de la situation, de voir notre capacité à fédérer, et à entreprendre » , explique Philippe Alcide dit Clauzel. L'objectif est de redonner au carnaval guyanais son lustre d'antan. Et aussi de trouver les pistes pour permettre à cette manifestation de se développer encore plus en termes d'images et d'emplois, entre autres.
Si Philippe Alcide dit Clauzel reconnaît qu'il y a beaucoup de bonne volonté autour du carnaval guyanais, lui et les autres acteurs sont obligés de constater que « tout le monde fait tout. Il y a beaucoup de cacophonie » . En somme, le carnaval guyanais souffrirait de l'absence « d'un coordinateur, d'un organe fédérateur » . La fédération qui avait ce rôle jadis ne fonctionne plus depuis près de cinq ans, laissant les comités livrés à eux-mêmes. « La fédération est à 100% moribonde. C'est une coquille vide » , peste Alcide dit Clauzel. Mardi, les membres d'une commission ad hoc, créée lors de la rencontre de Kourou, ont ainsi validé les pistes retenues. Elles seront présentées sous peu aux différents acteurs du carnaval et à la rentrée aux collectivités et au ministère de la Culture. La principale piste se résume à la renaissance d'une fédération. En tout cas, sous la forme d'une fédération car, pour éviter tout amalgame, on ne veut plus utiliser ce nom dans l'immédiat. Philippe Alcide dit Clauzel parle d'une union « semi-publique » avec l'implication de la Région et du Département. « Le carnaval qui est un événement majeur, doit aussi être un vecteur économique » , poursuit le président d'honneur du comité kouroucien. La future structure doit ainsi « labéliser le carnaval guyanais » , « créer des niches d'emplois » et « travailler sur le musée du carnaval » qui est une vieille demande.
La structure pourrait voir le jour avant la fin de cette année mais ne pourra influencer le carnaval qu'à partir de l'édition 2012. Philippe Alcide dit Clauzel y voit une montée en puissance crescendo. Et la présidence ? Un large sourire se dessine alors sur le visage de l'intéressé : « Je peux accepter, mais sous certaines conditions, notamment de fonctionnement » . Mais il estime qu'il n'est pas le seul présidentiable. Le futur président aura trois ans pour asseoir cette nouvelle structure, et rendre au carnaval ses lettres de noblesse. Mais, prévient Philippe Alcide dit Clauzel, ce travail doit être fait « sans toucher à la tradition et à la spontanéité du carnaval. Il n'est pas question de changer le carnaval à 100% » .