Élections régionales
La Guyane vire au bleu
Kerwin ALCIDE
France-Guyane
22.03.2010
(Infographie SB)
Profitant de l'union de la gauche, Christiane Taubira a refait une grande partie de son retard mais n'a pas pu empêcher la liste conduite par Rodolphe Alexandre de conquérir la Région qui passe ainsi à droite.
L'avenir
Et maintenant. Dès aujourd'hui le maire de Cayenne devra mettre en route la transition qui sera certainement double. Rodolphe Alexandre, attendu à la tête de la Région Guyane dès vendredi, abandonnera certainement son mandat de maire aux mains de Marie-Laure Phinéra qui aurait assuré l'intérim pendant la campagne électorale. C'est une fidèle parmi les fidèles, ayant accompagné Rodolphe Alexandre dans sa démarche d'émancipation avec le Parti socialiste guyanais. Cette nomination sera certainement confirmée rapidement. Reste la question de la Communauté de communes du centre littoral. Même si la loi n'oblige pas le maire de Cayenne à se défaire de ce mandat, il est peu probable qu'il le garde. Et la présidence pourrait être livrée à l'une des grosses communes comme Matoury ou Rémire-Montjoly. Rémire-Montjoly ayant déjà assuré la présidence de cette structure, rien n'empêche donc à Matoury, par le biais de l'un de ses délégués d'accéder au poste suprême. La commune se retrouverait ainsi à la tête d'une structure qu'elle a tenté de bloquer à maintes reprises. Pour mémoire, Matoury avait refusé entres autre la transformation de la communauté de communes en communauté d'agglomération comme l'avait ardemment souhaité Rodolphe Alexandre. Dernier point, quid du remaniement ministériel et l'éventuelle arrivée de Rodolphe Alexandre sur la scène politique nationale ? Nul doute que le maire de Cayenne aura beaucoup à faire dans les jours qui viennent, notamment façonner sa nouvelle majorité au sein de la collectivité régionale. Et là aussi ce ne sera pas une mince affaire.
La reconstruction à gauche
Même unie la gauche n'a pas réussi à terrasser l'un de ses anciens membres. Mais au lendemain de cette défaite, reste encore la question de cette gauche plurielle aux accents trop divers. Plurielle car plus de la moitié des listes au premier tour affichaient une appartenance à la gauche. Et même si le président de la Région sortant s'est fait très discret pendant ces semaines de campagne, il n'est pas à exclure que les Guyanais aient jugé le bilan de ce dernier, et par extension celui de la gauche qui a dirigé la collectivité depuis sa création. Cette même gauche de laquelle Rodolphe Alexandre s'est extirpé avant les dernières municipales.
Battue, la gauche doit désormais panser ses plaies, analyser ses erreurs et surtout modifier son message vieux de vingt ans. Et elle doit faire ça très vite car les échéances nouvelles ne manqueront pas. D'abord les cantonales l'an prochain puis la mise en place de la nouvelle collectivité qui interviendra, on peut désormais l'annoncer, dans quatre ans. Christiane Taubira, certes battue, fait néanmoins un deuxième tour rassembleur et intelligent, parvenant même à séduire au-delà de son camp. Elle paie certainement le prix du dispersement de la gauche guyanaise qui s'est entendu difficilement au deuxième tour.
Participation
. Un sursaut. Pour ce deuxième tour, les Guyanais se sont déplacés bien plus nombreux, apportant la participation à 50, 70% contre 44, 44% au premier tour. Mais la participation reste en deçà de 2004 (58, 57% ) et avoisine celle de la France (51%). On constate néanmoins que la nouvelle participation a profité aux deux camps.
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