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« Ils n'ont pas tiré au hasard »

Ange MARECHAL / S.R. France-Guyane 15.02.2012

Masiafo Mosipater, dit Paté, est touché aux jambes (AM)

Masiafo Sosipater et Bodgi Bonnsole, attaquant et libéro de l'équipe de football de l'US Matoury, ont été la cible d'un tireur à booster, dimanche soir. Ils en ignorent la raison.

C'est dimanche soir que le drame s'est produit, à Balata, non loin de chez eux. Atteints par un tir de fusil à canon scié, ils ont failli perdre la vie. Le plus touché des deux, Bodgi Bonnsole, blessé par la décharge à quelques centimètres de son oeil droit, risque d'avoir des séquelles. Ils discutaient simplement près d'une épicerie quand deux hommes sont arrivés sur un scooter et ont tiré un coup de fusil, en direction du sol (lire ci-dessous).
Les cadres de l'USM se relaient au chevet des deux joueurs à l'hôpital. « Leur situation sociale est difficile, explique leur coach, François Louis-Marie. Ils sont originaires du Suriname et on essaye de régulariser leur situation mais ce n'est pas acquis. Bonnsole a perdu sa mère, son père n'est plus là, c'est le club qui prend en charge toutes les dépenses. »
Assis, béquilles en mains, Masiafo Sosipater - surnommé Paté - raconte ces moments difficiles.
Quelles images gardes-tu de ce carnage ?
J'étais debout en train de parler avec Bodgi Bonnsole. Deux gars en booster sont passés, puis repassés. Je ne m'en suis pas occupé. Ils se sont arrêtés, je ne les avais même pas vus, ils se sont approchés, sont passés derrière nous et sans parler ils ont tiré. J'ai entendu le coup de feu, j'ai essayé de courir mais je suis tombé. C'est mon cousin qui m'a emmené à l'hôpital directement.
Tu n'as rien compris ?
Les gens qui ont tiré, on ne parlait même pas avec eux. On n'a pas d'histoire avec eux, mais on les connaît. Moi, je ne fais partie d'aucune bande de quartier, je ne comprends pas ce geste. Je veux bien croire que c'est un accident, qu'ils ont affaire avec d'autres gens, et que nous étions là au mauvais endroit au mauvais moment. Cependant, ils n'ont pas tiré au hasard, ils l'ont fait volontairement, mais allez savoir pourquoi. Car à part Bonnsole et moi, il y a trois autres blessés, une petite fille de 3 ans, une demoiselle et un garçon.
Comment ça va maintenant ?
Je suis rentré chez moi, mais je vais en soins à l'hôpital. Je ne peux pas marcher sans béquilles, car mes jambes me font mal. Mentalement, je suis touché, car à l'hôpital, on me dit que ça va mieux, mais qu'ils ne peuvent pas enlever les balles. J'ai sept balles dans les jambes, c'est ça me désole. Mais je regarde si je peux aller au Suriname pour enlever ces balles. Là-bas, ils peuvent le faire, mon père m'a dit de ne pas m'alarmer. Si on enlève les balles, dit mon père, je pourrais reprendre le football d'ici deux mois.
- Un second homme toujours recherché
Deux hommes ont surgi dans la rue Jean-Jacques Dessalines à Balata, dimanche soir. L'un des deux était armé d'un fusil. Il a tiré au sol. Les plombs ont ricoché, blessant cinq personnes, dont une petite fille de 3 ans. Les gendarmes ont mis les bouchées doubles pour retrouver les deux hommes du scooter. Tant et si bien qu'un mineur de 17 ans s'est présenté à la gendarmerie lundi soir. Il a été auditionné et laissé libre sur instruction du parquet. Le second homme du scooter est toujours activement recherché. Lui est majeur.
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24 mai 2012