« C'est la première fois que le ministre du Logement vient ici » , dans sa commune. Du coup, Paul Martin, le maire de Grand Santi, était tout sourire, ce samedi matin, lorsqu'il a été accueillir à sa sortie de l'avion Benoist Apparu, suivi d'une bonne douzaine d'élus qui ont fait le déplacement. Sur fond de pangis, de danse et de musique locales, la ligne aérienne qui dessert désormais Grand-Santi (via Saint-Laurent) a officiellement été inaugurée. « Voilà ce qui s'appelle désensenclaver une commune ?[...] même s'il y a encore des efforts à faire » , résumait le secrétaire d'État au Logement et à l'Urbanisme.
Deux mois après sa mise en service, on peut dire que la liaison aérienne bat encore un peu de l'aile. Christian Marchand, le directeur d'Air Guyane, peint un tableau plus ou moins optimiste des chiffres de fréquentation de la ligne. Avec trois vols par semaine, la compagnie a enregistré « environ 75 personnes entre Cayenne et Grand-Santi et une centaine entre Saint-Laurent et Grand-Santi » en mai. Le mois dernier, on en comptait « 100 de Cayenne et à peu près 170 de Saint-Laurent » . Une courbe encourageante qui devra toutefois grimper encore pour atteindre l'objectif affiché par le directeur d'Air Guyane : « 4 000 passagers par an sur l'ensemble de la ligne » (soit comme à Saül).
« Apprendre à prendre l'avion »
Paul Martin, lui, souhaiterait même voir une rotation de plus par semaine. « Trois vols, quand tout va bien, ce n'est pas assez, a-t-il glissé. On peut faire encore mieux » . Mais le problème, c'est le tronçon entre Cayenne et Saint-Laurent. « Certains vols ont dû être annulés car l'avion était vide, reconnaît Christian Marchand. Il faut aussi que la population locale apprenne à prendre l'avion, ça peut prendre un peu de temps. On a encore quelques ajustements à faire » .
Benoist Apparu a de son côté promis « très bientôt un effort supplémentaire » . Il a annoncé que « l'État va multiplier par deux sa participation au prix du billet d'avion (1) » .
« Très heureux de pouvoir apporter ce nouveau confort à la population » , Rodolphe Alexandre a lui aussi annoncé que « la Région va essayer de faire baisser les tarifs » . Voilà qui pourrait peut-être donner l'envie aux gens d'apprendre à prendre l'avion plus souvent.
(1) Comme l'a rappelé dans son discours Alexandre : « sur un billet qui coûte 480 euros, la Région finance à hauteur de 57%, l'État à 18%, et les 25% restants pour les passagers » . Si l'État multipliait par deux sa participation, cela se traduirait par une baisse potentielle d'environ 85 euros sur un billet, en sachant que le prix actuel pour un résident de Grand-Santi tourne autour de 120 euros.
Logement : « Pourquoi pas faire venir du préfabriqué du Suriname ? »
Le secrétaire d'État a fait savoir que « dans l'urgence » , les constructeurs pourraient faire appel à nos voisins surinamais pour aider les entrepreneurs locaux, victimes des surcoûts de production propres aux communes du fleuve.
Grand-Santi aurait besoin de 300 logements supplémentaires. Pour faciliter la construction, les entrepreneurs pourraient faire venir du préfabriqué du Suriname.
Si la question du logement est un sujet qui concerne tout le département, les communes isolées comme Grand-Santi sont, elles, confrontées à des problèmes plus spécifiques. La réunion de travail organisée samedi en présence de nombreux élus, de professionnels de la construction et des acteurs locaux a permis au maire Paul Martin de rappeler notamment que « l'éloignement » posait évidemment « la question des surcoûts de production » , dans une commune qui aurait besoin de « 300 logements supplémentaires » .
Si Benoist Apparu a insisté sur sa volonté « d'accélérer et d'augmenter la production de logements sur le fleuve » , Olivier Mantez, membre de la Fédération régionale du bâtiment et des travaux publics de Guyane (FRBTPG) expliquait la « difficulté de répondre aux appels d'offres classiques » . Lesquelles « sont toujours gérées par les entreprises de Cayenne, alors qu'il y a beaucoup de jeunes entrepreneurs sur place à qui on pourrait faire appel » , a dénoncé Félix Dada, un collaborateur du maire.
Du côté de la FRBTPG, on mise donc sur « la conception-réalisation pour faire baisser les coûts. Et ce qu'il nous manque, c'est la programmation sur le temps. Il y a trop d'entreprises qui ont dû déposer le bilan, faute de planification » .
Rodolphe Alexandre a avancé pour sa part la « solution de la coopération transfrontalière, pour s'approvisionner au Suriname » . Une idée qu'a également encouragée Benoist Apparu : « Si à long terme, nous avons besoin de développer une vraie filière industrielle en Guyane, je pense qu'il ne faut pas attendre pour régler les problèmes d'urgence. Alors pourquoi pas, pendant deux ou trois ans, faire venir du préfabriqué du Suriname ? » .
« Connecting people »
Rodolphe Alexandre a annoncé samedi au maire de Grand-Santi qu'il avait « bien pris en compte les problèmes de la téléphonie » , dont souffre la commune. Il espère ainsi « venir vers le mois d'octobre pour inaugurer » l'installation d'un nouvel opérateur. Le président a aussi expliqué que « la Région va d'abord rentrer en procès avec l'opérateur (Guyane Numérique, ndlr), à qui on a déjà donné cinq à six millions d'euros pour rien » . Car, comme l'a résumé le maire Paul Martin, « la Guyane lance des fusées tous les mois, et nous à Grand-Santi, on n'a pas de moyens de communication! »
Lekteur — 26.07.2010 recommander (0)
Préfabrication étrangère
Et ba c pas pour demain!!!!
Messieurs les politiques, avant de parler il faut se renseigner!!
Si vous compter faire importer des maisons pré-fabriquées de l'étranger, il va falloir alors les faire certifiées conformes à la legislation francaise/europeene... et OUI!!!
Donc, le tps que les services qui en ont la charge le fasse, vous voyez ce que je veux dire...
Sinon, le fric que vous devrez mettre dans ces certifications, mettez le plutot dans le surcout lié à la logistique necessaire pour construire rapidement au fin fond de l'amazonie... car aussi surprenant que cela puisse vous paraitre : ca coute plus chère sur le fleuve et encore plus sous la legislation FRANCAISE.
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