Élections sous tension pour Jean-Paul Le Pelletier
Pierre-Yves CARLIER
France-Guyane
09.09.2010
Les élections à la présidence de la Chambre de commerce doivent avoir lieu entre le 25 novembre et le 8 décembre (PYC)
Le renouvellement des membres de la CCIG doit avoir lieu entre le 25 novembre et le 8 décembre. Or, six jours plus tard, son président Jean-Paul Le Pelletier doit passer devant les juges. Il est soupçonné de favoritisme dans des marchés conclus entre la CCIG et l'entreprise de sa compagne.
Adrien Aubin, Bernard Boulanger, Alain Chaumet, Daniel Cimadure, Françoise Gimel, Joëlle Prévost-Madère, Alex Weimert... La liste des candidats réels ou supposés et de ceux qui ont été sollicités pour la présidence de la Chambre de commerce et d'industrie de Guyane (CCIG) est longue comme un défilé de carnaval. Cet afflux n'est sans doute pas étranger aux difficultés judiciaires de l'actuel président, Jean-Paul Le Pelletier, qui devra remettre son mandat en jeu, en fin d'année. Daniel Cimadure, président des commerçants de l'île de Cayenne, aurait décliné l'invitation. Françoise Gimel, première vice-présidente de la CCIG, et Bernard Boulanger, président des Moyennes et Petites Industries, aussi. Les noms de Joëlle Prévost-Madère, battue aux dernières régionales, Alain Chaumet, battu aux municipales à Cayenne, et Alex Weimert, adjoint aux finances de Marie-Laure Phinéra-Horth, sont cités parmi les possibles candidats. Si tel est le cas, ils devront déposer leur liste avant la date limite, fixée au 22 septembre. Le Medef veut des élections après le procès
Le nom d'Adrien Aubin, président du Medef de Guyane, revient fréquemment aussi. Celui-ci aurait d'ores et déjà demandé le report des élections à la CCIG au mois de janvier. Contacté hier, il n'a pas souhaité dire pourquoi : « Le Medef a ses raisons » , s'est-il contenté de lâcher. Cette demande serait directement liée aux problèmes de Jean-Paul Le Pelletier avec la justice. Les élections à la CCIG doivent avoir lieu entre le 25 novembre et le 8 décembre. Or, le président de la Chambre de commerce, qui n'a pas renoncé à se présenter, est convoqué devant le tribunal correctionnel le... 14 décembre. En cas de condamnation, le report de l'élection après le jugement arrangerait ses adversaires. D'autres voient, dans sa candidature récente au Conseil économique et social, une tentative de « quitter honorablement » la CCIG. Avant les grandes vacances, Jean-Paul Le Pelletier a passé plusieurs heures en garde à vue, dans les locaux de la police judiciaire, à Cayenne. Un immeuble qu'il connaissait déjà. Le 13 septembre 2007, il avait été auditionné par les enquêteurs pour une précédente affaire. À l'époque, la justice s'interrogeait sur les conditions d'acquisition de sa voiture de fonction. Soupçonné de favoritisme, il avait été relaxé sur ce point. En revanche, il avait été condamné au sujet des box que ses sociétés de location de voitures (Budget et Aria Tour) louaient à l'aéroport, géré par la Chambre de commerce qu'il présidait. Les entreprises n'avaient pas payé tous les loyers et devaient respectivement 73 000 et 11 000 euros à la CCIG. Le 7 mars 2008, Jean-Paul Le Pelletier avait été condamné à six mois de prison avec sursis et 40 000 euros d'amende, pour prise illégale d'intérêts et abus de biens sociaux. Des marchés de relations publiques
Cette fois-ci, ce sont des soupçons de favoritisme qui pèsent sur le président de la CCIG, qui reste présumé innocent. La justice s'interroge sur les conditions dans lesquelles la Chambre de commerce a passé des contrats avec la société de conseil en communication et relations publiques Méridien Communication, qui se trouve être cogérée par la compagne de Jean-Paul Le Pelletier, Sylvie Brival. L'entreprise aurait vendu ses services à la CCIG à au moins deux reprises. Selon une source proche de l'enquête, le montant des contrats s'élèverait aux environs de 34 000 euros. Contactée hier, l'avocate de Jean-Paul Le Pelletier, Thérèse-Muriel Prévot, n'a pas donné suite à nos sollicitations.
Jean-Paul Le Pelletier est convoqué devant le tribunal le 14 décembre (photo d'archives)- L'ancienne directrice de Guyanet refait parler d'elle
Jean-Paul Le Pelletier a une autre affaire au feu. Celle-ci concerne le droit du travail et est déjà plus ancienne. Il s'agit du conflit avec l'ancienne directrice de Guyanet.
Après quelques années dans cette entreprise, elle s'était retrouvée propulsée à la direction d'Espacenet, tout en gardant ses fonctions à Guyanet. Elle a alors réclamé, devant les prud'hommes, 450 000 euros pour les sept années qu'elle a passées à la tête d'Espacenet sans avoir bénéficié d'un second contrat de travail. Licenciée ensuite de cette entreprise, elle a exigé des indemnités de licenciement. Au total, elle demande 700 000 euros à son ancien employeur.
Or, selon nos informations, la Cour de cassation aurait cassé des décisions qui étaient favorables à Jean-Paul Le Pelletier et aurait renvoyé l'affaire pour qu'elle soit rejugée. Au début de l'affaire, en 2007, ce dernier avait expliqué que si la mission de la directrice avait été étendue, ses heures de travail n'avaient pas augmenté pour autant.
Portalinus — 24.11.2010 recommander (0)
Par ici la bonne soupe...
Faut croire que la place est bonne, à voir le nombre de candidats qui visent le poste... et ceux qui s'y accrochent pendant des années. Et bien sûr, tous sont une démarche désintéréssée, il n'y aucun avantage matériel à la fonction.
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