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Des livres à lire... et à offrir

Stéphanie BOUILLAGUET & Arnaud SAINT-MAXENT France-Guyane 21.12.2011

Poésie, aventure, histoire, culture... À quelques jours de Noël, nous vous avons concocté une sélection de livres abordant de près ou de loin la Guyane.

Romans
L'Homme qui aimait les chiens, Léonardo Padura (éd. Métailié) L'écrivain cubain a reçu le Prix Carbet de la Caraïbe et du Tout Monde samedi dernier à Cayenne. L'Homme qui aimait les chiens retrace l'assassinat de Trotsky à Mexico, le 6 août 1940, par Ramon Mercader, un communiste espagnol, agent du NKVD. Une fresque historique qui raconte le destin de Ramon Mercader de 1936 à 1978 et de Trotsky de 1929 à 1940, mais aussi d'un troisième homme, imaginé par l'auteur, l'écrivain cubain Ivan Cardenas Maturell. Celui-ci rencontre un mystérieux « homme qui aimait les chiens » , qui lui fait des confidences sur cet événement...
Bob Morane - Rendez-vous à Maripasoula, Henri Vernes (éd. Ananké) Bob Morane, l'aventurier contre tout guerrier, est entraîné sur les bords du Maroni, lieu d'un triple et « mystérieux » rendez-vous. Avec ses compagnons, il sera évidemment livré à une série d'aventures, et sera notamment confronté à de curieux Jungles Commandos surinamiens...
Histoire
Bagne, Jean-Luc de Laguarigue et Patrick Chamoiseau (éd. Gang) Ce superbe ouvrage croise les talents du photographe Jean-Luc de Laguarigue et de l'écrivain Patrick Chamoiseau. Soixante photographies des vestiges du bagne, de Saint-Laurent du Maroni aux îles du Salut, pour leur « donner la parole » . Elles sont suivies d'un texte de Chamoiseau « Traces-mémoires du bagne » . Avec Bagne, Jean-Luc de Laguarigue et Patrick Chamoiseau souhaitent révéler les « Traces-mémoires » du bagne, « qui ne sont envisageables ni par un monument, ni par des stèles, ni par des statues, ni par le document-culte de nos anciens historiens » .
Saint-Laurent du Maroni, commune pénitentiaire, Marie-Pascale Mallé (éd. Appaag) Saint-Laurent du Maroni, commune pénitentiaire, a été publié en 2003, mais reste toujours populaire en ces fêtes de Noël. L'auteur s'appuie sur de nombreuses archives pour rendre compte de la tentative de l'administration pénitentiaire de réaliser deux missions à Saint-Laurent : mettre en valeur la colonie et réinsérer les condamnés par le travail de la terre. Malgré l'échec de cette entreprise, les archives témoignent « de façon très concrète, très quotidienne de cet effort énorme » entrepris par les administrateurs du bagne.
Poésie
Black-Label, Léon-Gontran Damas (éd. Gallimard) La Guyane célébrera l'année prochaine Léon-Gontran Damas, pour le centenaire de sa naissance. De nombreuses manifestations auront lieu, selon l'association Promolivres, notamment un colloque, un Salon du livre, un Prix Damas, un concours pour les scolaires... En attendant, on se replongera avec plaisir dans le recueil de poèmes Black-Label (paru en 1956), réédité chez Gallimard.
Culture
Musique et danses créoles au tambour, Monique Blérald (éd. Ibis Rouges) Maître de conférences en langues et cultures régionales à l'université des Antilles et de la Guyane, Monique Blérald s'intéresse dans cet ouvrage aux rythmes et musiques au tambour (kasékò, léròl, grajé...). « Comme les langues créoles, les musiques et danses traditionnelles sont au carrefour des cultures africaines et occidentales. Elles sont, comme nous, un produit de l'histoire et véhiculent des symboles, des codes sociaux qui échappent certainement aux non-initiés et qui échapperont peut-être aux enfants de demain » , explique son éditeur, Ibis Rouge. Cet ouvrage a la vocation de sauvegarder et transmettre ce pan de la culture créole.
Guyane, l'imagier multilingue, Coordonné par Odile Renault-Lescure (éd. Migritude et IRD éditions) Comment appelle-t-on « maison » en arawak ? Bahu. En hmong ? Tsev. L'imagier multilingue comprend 14 0 dessins du quotidien, et leurs traductions dans onze langues parlées en Guyane (français, arawak, palikur, kali'na, wayana, wayampi, teko, nengee, saamaka, hmong, créole guyanais). Un livre qui tombe à point nommé, alors que viennent de se tenir en Guyane les Etats généraux du multilinguisme.
Voyage
L'autre Guyane, Étienne Druon (éd. Panacoco) Ce carnet de voyage « raconte les émotions » qu'a inspirées la Guyane à son auteur. Roger Le Guen, photographe et éditeur, a été séduit par les dessins d'Etienne Druon. « Ce carnet est un hommage à la beauté de la Guyane, raconte-il. (L'auteur) nous la montre sous de multiples facettes comme un joyau, un trésor dont on ne doit pas avoir peur. »
Bandes dessinées
Aux Îles, Point de salut, Stéphane Blanco et Laurent Perrin (éd. Caraïbéditions) La première bande dessinée du duo Blanco et Perrin s'attache à l'histoire des îles du Salut à l'époque du bagne. On y suit une vieille dame dans ses souvenirs, entre Saint-Martin de Ré et les îles du Salut lorsqu'elle était fille, puis femme de gardien. Librement adaptée d'une histoire vraie, cette BD est à la fois précieuse pour son témoignage historique et pour ses dessins soignés basés sur une large documentation.
La Vénus du Dahomey, Laurent Galandon et Stefano Casini (éd. Dargaud) Premier tome de cette série qui s'annonce passionnante, La civilisation hostile retrace le parcours de Diamanka, fierté du peuple dahoméen, de son combat désespéré face aux colons français jusqu'au jardin d'acclimatation de Vincennes où elle effraie les badauds autant qu'elle les fascine. Une histoire poignante servie par un dessin très expressif.
Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle, Fabien Nury et Brüno (éd. Dargaud) Guerrier africain et fils de roi, Atar Gull est embarqué en 1830 dans les soutes d'un négrier pour être vendu à prix d'or comme esclave aux Antilles. Son histoire nous entraînera jusqu'à la Jamaïque, des marchés aux esclaves au coeur des plantations où il décidera de se venger de son maître. Un album dense de 86 pages aux dessins sobres et aux couleurs proches de la bichromie.
Mémoire de l'esclavage, Serge Diantantu (éd. Caraïbéditions) Cette série BD sur l'histoire de l'esclavage se veut un rappel historique et exhaustif des terribles pratiques des traites orientale, intra-africaine et occidentale à travers les âges. Après un premier tome intitulé Bulabemba sorti l'an dernier, le deuxième opus est sorti en octobre sous le titre En naviguant vers les Indes. Une série signée de l'auteur congolais Serge Diantantu à qui on doit notamment Femme noire d'Afrique, d'Amérique et des Antilles.
L'Epervier - Premier cycle, Patrice Pellerin (éd. Dupuis) Cette BD, qui mêle l'histoire à l'aventure entraîne le lecteur de Brest à Cayenne au XVIIIe siècle, à la recherche d'un trésor, mais aussi de l'honneur bafoué d'un homme. Le personnage principal, le corsaire Yann de Kermeur (surnommé L'Épervier) est accusé d'un crime qu'il n'a pas commis. Il n'aura de cesse de chercher à prouver son innocence... Ce « Premier cycle » reprend les six premiers tomes de la série.
Avec l'aimable concours des libraires de La Cas'a bulles - Lettres d'Amazonie.
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24 mai 2012