Dans les toilettes de Polina...
JENYFER / MINOS
France-Guyane
30.01.2012
(RL)
Au dancing, il y a un lieu où les cavaliers ne mettent pas les pieds : les toilettes. Ici, le petit coin devient un espace privilégié où les touloulou se découvrent. Dans tous les sens du terme.
Tout est parti d'une discussion postdancing. « Si tu savais tout ce qui se passe dans les toilettes... » Dans les souvenirs du touloulou-témoin, il n'y avait pas que des anecdotes sur des problèmes gastriques... Loin de là même. Ne restait plus qu'à aller vérifier. Pas de chance : ce samedi soir, il y a bien plus de monde sur le parking de Polina que dans la salle... Et forcément, la fréquentation des toilettes s'en ressent. Le lieu est bien gardé. Pour y accéder, il faut passer l'agent de sécurité qui en barre l'entrée. Ici, quand on va aux toilettes, ce n'est pas forcément pour le petit coin. Là, ce sont les grands miroirs qui intéressent une petite dizaine de touloulou. Surprise. Ici, c'est un peu comme dans « la vraie vie » . Dès qu'une fille arrive, les regards se détournent des miroirs pour se poser sur la nouvelle venue qui est dévisagée. Tout y passe : les chaussures, la robe, la coiffe. En silence. Jusqu'à ce qu'un petit touloulou s'exclame : « Trop belle ta robe! » On devine le sourire fier de l'autre qui la remercie en se dandinant. Dans la salle, les Mécènes entament Léona. C'est le moment de danser. ON S'AIDE... MÊME SI ON NE SE CONNAÎT PAS
L'orchestre lance les premières notes de Chevrotine. La salle bouge en cadence et les toilettes sont désertées. Pour se remplir après, lors du premier boléro. L'espace est si bien investi qu'il faut faire la queue pour le miroir. Arrive un touloulou aux allures de Catwoman, tandis qu'un petit touloulou se désole : « J'ai cassé mon talon » . Un autre pouffe, plus ou moins discrètement. Certaines filles soulèvent la bavette, pour respirer mieux. D'autres arrangent une coiffe, une ceinture, un gant. Là aussi, l'entraide est de mise. « Si ça se trouve, les femmes qu'on aide, on les connaît, on les voit tous les jours! » glisse, en s'éloignant, un touloulou doré à son acolyte rouge flamme. « C'est ça la magie du carnaval! » lui rétorque l'autre, tout en caressant la joue du vigile des toilettes qui esquisse un sourire enjôleur. Tandis que la porte s'ouvre à nouveau, les hommes postés dans le couloir glissent un regard curieux. En vain : la porte se referme déjà. CONFIDENCES DE TOULOULOU
Alors, les toilettes, lieu de rencontre entre cavaliers et touloulou ? Que nenni. Du moins, pas sous mes yeux. Mais les hommes, sont bien là, dans les confidences des filles. Alors que la soirée est bien avancée, un touloulou bleu sautille de joie autour d'une de ses amies. « J'ai dansé avec lui! J'ai dansé avec lui! En plus, il danse trop bien. » Les deux amies partagent ce moment de joie - visiblement intense - avant qu'à nouveau, le touloulou bleu s'élance dans la salle, à la recherche de Lui.
Que se dit-il dans les toilettes de Polina ? Un touloulou lève en partie le mystère (Minos)- Cavaliers au chômage
Roméo Léter a le sens de l'observation. Au point de traduire dans une composition qui fait son chemin dans le carnaval 2012, la situation de chômage de nombreux cavaliers.
Car aujourd'hui, la fidélisation du touloulou à un, ou plusieurs cavaliers, a pris le pas sur une certaine convivialité.
Quant aux tapisseurs... Ils sont là, le regard attristé, envieux, voire désireux. Sur leurs tee-shirts, les slogans, d'ordre collectif ou individuel, fleurissent : « Youpi la vie, Vaillant soldat, Je suis là... »
Mais bien souvent, la réclame est inefficace. Et les tapisseurs de Roméo Léter ont beau dérouler les meilleures fibres de leur tee-shirt, ça chôme dur. Alors, touloulou... Jouez le jeu!