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Copie revue pour les travaux du pont du Larivot

D. ST-J. France-Guyane 07.12.2009

En violet, la pile 13. De chaque côté, deux structures vont être construites entre lesquelles passera une poutre métallique qui soutiendra le pont. (source préfecture)

Le principe de l'attelle sur le pilier détérioré est abandonné pour une opération en deux phases de chaque côté du pont.

Une nouvelle approche des travaux à réaliser pour la remise en service du pont du Larivot a été révélée samedi par le préfet Daniel Ferey et le directeur départemental de l'équipement Luc Federman.
Ce pont d'une longueur de 1 250 mètres, datant de 1977 faisait l'objet d'une étude par un comité d'expert depuis un an « car des craintes existaient au niveau de fissures et de la corrosion » . Mais de là à imaginer la rupture d'un pilier juste au-dessus de la vase au niveau de la pile 13, il y avait un grand pas...
L'idée de réaliser une sorte d'attelle sur le pilier détérioré s'est avérée difficile à mettre en place du fait du diamètre nécessaire des tubes pour couler le béton. De plus, ces travaux généreraient des ondes de chocs et des risques d'instabilité.
Les études approfondies de la Sétra (service d'études techniques des routes et aménagements) en collaboration avec des spécialistes dans le domaine de la construction de pont ont arrêté une autre solution visant à stabiliser la pile 13 par deux quadripodes, des structures en carré.
De façon schématique, il s'agit dans un premier temps de réaliser un premier quadripode, sur le côté opposé du pilier défectueux. Par un système de contrepoids, l'ensemble sera ainsi stabilisé avec une poussée de 50 tonnes maintenant l'ensemble de la pile. Cette première opération terminée, un second quadripode sera réalisé de l'autre côté (où se situe le pilier défectueux). Une fois les deux plates-formes achevées, le tablier du pont pourra être soulevé par des vérins et définitivement stabilisé par une poutre métallique placée de travers en-dessous.
Un procédé qui pourrait être répété sur les autres piles. D'ailleurs, l'inspection subaquatique se poursuit par les plongeurs afin de détecter d'éventuels autres défauts.
D'autre part, vendredi prochain, une équipe du centre technique du Sud-Ouest est attendue pour mettre en place des appareils inclinomètres permettant de déceler la moindre variation au millième de millimètre. Neuf premiers dispositifs seront installés, et à terme, plus de 40 qui assureront la surveillance de ce pont en liaison directe pour déclencher l'alerte.
Reste une inconnue : le temps nécessaire à la réalisation de ces travaux. « Seule l'entreprise qui les réalisera pourra répondre à cette question! » , précisent de concert le préfet et le directeur de la DDE... Mais le préfet souligne que le fait d'avoir recours à une procédure d'urgence évite les délais de procédure. D'autre part, l'entreprise Sogea, « seule capable de réaliser ce type de travaux est sur place puisqu'elle travaille sur le quai de Dégrad-des-Cannes. « Les travaux du port sont interrompus, c'est signe que tout se met déjà en place pour le pont... »
Faire face à une situation d'exception
13 500 véhicules passaient par jour sur le pont du Larivot. Depuis sa fermeture, des navettes fluviales sont mises en place pour assurer le quotidien. Déjà 600 personnes les utilisent le matin.
« Une baraque à frites s'est installée sur la rive de Macouria » ... une anecdote livrée avec le sourire, samedi après-midi, par le préfet Daniel Ferey juste avant le point presse donné en salle opérationnelle pour faire un tour d'horizon sur la situation due à la fermeture du pont du Larivot. Une « animation » qui fera peut-être patienter en attendant les rotations entre la pointe Liberté et le port du Larivot. D'ailleurs, dès aujourd'hui, si le CTM est en révision, sept engins nautiques sont mis en place pour assurer des rotations de 82 passagers pour chaque traversée. Si des aménagements ont déjà été faits de chaque côté du fleuve, nettoyage, goudronnage, installation d'abri bus et de toilettes, les autorités ont conscience de la demande de la population et l'installation de panneaux d'information sur l'organisation des traversées est envisagée.
Sur les rives, des panneaux d'information sur l'organisation des traversées sont envisagés. (DSt-J.)Sur les rives, des panneaux d'information sur l'organisation des traversées sont envisagés. (DSt-J.)
Mais cette réunion fut aussi l'occasion pour le préfet de faire le point sur les travaux réalisés pointe Liberté pour permettre la navigabilité. Les deux derniers pieux qui émergeaient de la vase gênant la circulation des deux barges ont été détruits à l'explosif ce week-end.
D'autres obstacles sont encore à supprimer comme un tripode de béton noyé dans la vase... Pour les deux crevettiers emprisonnés, il s'agit de les faire ripper d'une cinquantaine de mètres afin qu'ils libèrent le passage, la drague intervenant en même temps car le principal problème reste l'envasement. Ce week-end a donc été mis à profit pour dégager « ce qui gênait » afin qu'aujourd'hui, tous les moyens de navigation puissent être opérationnels. La barge d'Oïapoque a d'ailleurs effectué une traversée test samedi après-midi avec deux camions chargés de gravier... Et la grosse drague attendue mercredi ou jeudi en provenance de Trinidad pourra entrer en action et assurer le transfert d'une rive à l'autre d'une vingtaine de camions à la fois, et de façon continue. Un trafic jour et nuit avec l'espoir qu'il se fera principalement la nuit car le matin, le chevauchement de la barge et des moyens nautiques pour les passagers risquent de se concurrencer à la cale...
Le préfet souligne au passage que plus d'un million d'euros a déjà été consacré aux actions palliatives avant même de passer aux travaux de réparation du pont. Des travaux dont le coût n'est pas encore connu.
Repère
Une procédure accélérée. Pour faire les travaux sur le pont du Larivot, le préfet Daniel Ferey va utiliser une procédure exceptionnelle. Cela lui évitera de passer par un appel d'offres. La manoeuvre devrait faire gagner plus d'un mois.
 
C'est l'article 35-2 du Code des marchés publics qui le permet. Il dit que « pour faire face à une urgence impérieuse résultant de circonstances imprévisibles pour le pouvoir adjudicateur (l'État, dans ce cas, ndlr) et n'étant pas de son fait » , le marché peut être conclu sans mise en concurrence.
 
Actuellement, une entreprise en Guyane peut faire ces travaux : celle qui s'occupe du chantier du port de Dégrad-des-Cannes. Le préfet va lui demander son prix. Mais reste prudent : « Si son prix n'est pas acceptable, je me réserve le droit de demander à une autre entreprise. » Il espère parvenir à un accord dans le milieu de la semaine prochaine.
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24 mai 2012