Apatou : une dernière pour la route
T. F.
France-Guyane
04.03.2010
Certaines portions de route, achevées depuis près de cinq ans, sont déjà dégradées. (photos d'archives)
La liaison routière entre Saint-Laurent et Apatou n'est pas encore achevée, donc toujours pas ouverte officiellement. Une dernière tranche de travaux reste à réaliser. L'axe routier est pourtant fréquenté quotidiennement par les automobilistes.
S'il est un chantier régional d'importance, c'est sans nul doute celui de la liaison routière entre Saint-Laurent et Apatou. Pourtant, alors qu'il vogue de bilans flatteurs en inaugurations de dernière minute, le président sortant Antoine Karam n'a, pour l'heure, pas évoqué les aménagements pharaoniques de la route d'Apatou. Et pour cause. Ceux-ci ne sont pas encore terminés. Près d'une année de travaux est encore nécessaire avant de pouvoir inaugurer l'axe routier. Ainsi, même si elle est empruntée quotidiennement par de nombreux automobilistes, la route n'est toujours pas officiellement ouverte à la circulation. Ce qui n'est pas sans poser quelques problèmes.
Pas d'intervention de la gendarmerie
De l'intersection avec la route de Saint-Jean à l'entrée d'Apatou, la route est longue de 47 kilomètres. Une voie entièrement bitumée et balisée depuis de nombreux mois, mais qui ne fait l'objet d'aucune surveillance de la part des autorités. En effet, tant que la route n'aura pas été livrée officiellement, elle demeura une voie privée. Par conséquent, comme le confirme un officier de la compagnie de gendarmerie de Saint-Laurent, « aucune intervention de la gendarmerie » ne survient sur celle-ci. Sans relevé d'infraction, inutile de préciser qu'il n'est pas rare de croiser des véhicules circulant à une vitesse qui dépasse allègrement les limitations en vigueur. Les quelques panneaux indicateurs n'ayant qu'une influence toute relative sur le comportement des automobilistes. Il en découle évidemment des accidents.
Les panneaux indicateurs, même si le bois a laissé place à une version métallique plus réglementaire, n'ont pas grand effet sur le comportement des automobilistes.
La responsabilité du conducteur
« Il y a des sorties de route, mais on n'a jamais eu à déplorer d'accident mortel » , affirme l'officier de gendarmerie. Ce qui n'empêche pas les pompiers, qui disposent d'une autorisation de leur hiérarchie pour intervenir sur l'intégralité de la liaison routière, de prendre en charge des accidentés « plusieurs fois par mois » . Le capitaine David Massemin, qui dirige la compagnie de Saint-Laurent, explique : « On intervient régulièrement, et on va parfois récupérer les accidentés jusqu'à Apatou. On constate les mêmes accidents que sur la route nationale. » Des accidents qui ne sont pas étrangers à l'état de la chaussée. Déjà. De fait, les trous et autres déformations apparaissent tout au long de la voie. Bas côtés effondrés, bitume effrité, certaines portions de route sont jonchées de rustines qui se creusent régulièrement. La semaine dernière, un conducteur croyant engager sa voiture sur une flaque a eu la surprise de « tomber » dans un trou. Le choc entraînant une perte de contrôle du véhicule, qui a effectué plusieurs tonneaux. Dans un tel cas de figure, une question demeure : l'automobiliste peut-il attaquer les instances responsables de la route à la suite d'un tel accident ? A priori, non.
« Tout relève ici de la responsabilité du conducteur, explique l'officier de la gendarmerie de Saint-Laurent. Son assurance peut marcher, mais il ne peut pas se retourner contre l'État ou la Région si l'état de la route est la cause de l'accident. Il est aussi hors de question d'attaquer l'entreprise responsable du chantier. Il s'agit d'une voie privée, qu'il est donc interdit d'emprunter. » Pour circuler en toute légalité, et sécurité, il faudra donc attendre la fin des travaux. Ceux-ci doivent s'achever dans le courant de l'année.
Pour mémoire, les automobilistes qui avaient eu un accident sur la route de Saint-Georges avant son ouverture n'avaient pas pu faire jouer leur assurance.
Au sein du département technique du Conseil régional, une responsable du dossier précise : « Les aménagements de la section VII (qui va de Maïman au bourg d'Apatou, ndlr) et du pont de Sakoura vont débuter incessamment sous peu. Administrativement, tout est ok. Les travaux devraient durer toute l'année 2010. »
Dès lors, il ne restera plus au nouveau président de Région qu'à ouvrir la voie. En espérant qu'il n'oubliera pas d'adresser un carton d'invitation à Antoine Karam pour la cérémonie d'inauguration.
Repères
Une dernière tranche
Les travaux de la liaison routière entre Saint-Laurent et Apatou ont débuté en 2004. Depuis juillet 2008, près de 3 millions d'euros ont été investis dans la réalisation des différentes tranches de travaux. Entre novembre 2007 et mars 2009, 4,2 millions ont été dépensés pour la construction des ponts sur les criques Sparouine et Serpent. Restent désormais la septième et dernière section, ainsi que le pont surplombant la crique Sakoura. Ce dernier ouvrage spécifique réclamant huit mois de travaux.
Couche définitive
En février 2009, lors d'une visite de chantier diligentée par la Région, le chef d'agence de la société Egis-route avait confirmé qu'un marché de parachèvement était bien inclus dans les aménagements prévus. Celui-ci impliquant une reprise de l'ensemble de la structure routière avant livraison des travaux. En revanche, Vincent Garnier avait indiqué que le revêtement actuel correspondait effectivement à la couche définitive. Rustines comprises.
jojomau — 08.03.2010
Bonjour, Nous avons du mal à avoir un éclairage de bonne qualité sur la ville de Saint-Laurent Alors l’éclairage sur la route d’APATOU a envisagé éventuellement pour 2050… pour la pose des premiers poteaux électrique et encore