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Amertume chez les pro-74

Audrey VIRASSAMY France-Guyane 11.01.2010

Peu de temps après la fermeture des bureaux, les partisans du oui ne se faisaient guère d'illusion sur l'issue du scrutin. (AV)

Alors que les élus en place ont majoritairement soutenu le « oui » , hier les électeurs ont choisi de dire non à l'évolution statutaire.

On l'a su très vite. Dès les premières minutes du dépouillement, avec l'accumulation sur les tables des bulletins estampillés « non » : ce 10 janvier 2010 restera dans l'histoire comme le jour où les Guyanais ont décidé de dire non à une évolution dans le cadre de l'article 74.
Dès les premières estimations données en télé et en radio, les partisans du
« oui » , réunis au local de l'association Guyane 74 ne peuvent que constater la défaite. « Ce qu'il faut déduire de ce vote, avance Jean-Marie Taubira, c'est que pour la population, tout va bien. Que les problèmes de logement, d'insécurité, de chômage ne sont pas une réalité. Si les gens ne veulent pas de changement, c'est qu'il n'y a pas de problème. »
Pour d'autres, il faut chercher une cause au niveau de la mobilisation de la population. « Où sont les Guyanais ? Ils sont là, dans la rue! » lance Monique Guard, passablement énervée. À quelques mètres d'elle, les groupes de carnaval défilent, dans une ambiance festive qui tranche avec l'état d'esprit qui domine à l'intérieur du local. Servais Alphonsine, qui arbore un tee-shirt en faveur du 74 enfonce le clou : « C'est la première fois que je vois autant de groupes sortir pour un premier dimanche de carnaval. C'est normal, on leur a donné des subventions et on les a poussés à sortir. »
La faute à Vaval
Les discussions se poursuivent tant bien que mal entre les partisans du « oui » , au gré des fanfares qui se suivent. Dans un coin, une poignée de personnes entoure un poste de télé branché sur RFO. Ils ont beau scruter les graphiques, plus personne n'y croit. « Et bien qu'ils continuent de dire après, « S'il-vous-plaît Monsieur, donnez-nous des sous » » , lâche Edmond Pauillac, amer. Eux ? « Ce sont les gens sans identité, sans dignité. »
Elie Stephenson, lui, accuse aussi le coup : « Il nous faut voir la réalité telle qu'elle est. Les gens se plaignent de plein de choses qui ne vont pas, ils disent qu'on dépend de la Martinique pour toutes les décisions administratives. Là, on leur propose un changement dans le cadre de la République française et ils n'en veulent pas. Plusieurs facteurs ont joué : la politique du revenu facile, la peur du moindre changement, le manque de confiance dans tout ce qui est Guyanais y compris leurs propres enfants et eux- mêmes. On verra dans les mois à venir quel en sera le prix. Le vote de ce soir, c'est un oui en fait. Un oui à la servitude. »
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Les commentaires

benj7711.01.2010

Eh oui, entre ce que l'on connaît et l'aventure, on ne choisit pas l'aventure - sauf quand on a une grande confiance dans le skipper. Et il faudrait être suicidaire pour avoir confiance dans les "skippers" guyanais. Qu'ils nous fassent la démonstration par l'exemple de leur capacité à être plus autonomes, en utilisant mieux ce dont ils disposent déjà, avant de réclamer davantage. Stop avec ces constructions nouvelles perpétuelles non pas pour augmenter les capacités, mais pour remplacer ce qui a été détruit en dix ans faute d'un entretien minimal. Stop avec ces crédits qui repartent, faute de projets cohérents bien montés. Stop avec le népotisme dans le sur-emploi administratif. Stop avec l'utilisation des fonds publics à des fins privées, soit personnelles, soit pour faire des campagnes partisanes.

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