Une seconde vie pour la « Maison Tourville »
Eugène EPAILLY
France-Guyane
10.05.2011
Le bâtiment en pleins travaux (EE)
L'illustre bâtiment est en cours de restauration. A terme, il abritera un restaurant et des appartements à l'étage.
MANA.
En dehors de l'église de Mana datant de 1840, construite sous la direction du bagnard Bourgeois et décoré selon mère Yves par le bagnard Francis Lagrange, il ne reste pas grand- chose de patrimoine symbole du passé. C'est probablement la raison qui a motivé la restauration de la « Maison Tourville » , appartenant encore récemment à la famille Berthelot. Ce commerçant guyanais s'implanta à Mana en 1895 en tant que négociant. Il résista jusqu'au déclin de l'activité aurifère au cours de la Seconde guerre mondiale. L'entretien et l'ampleur des travaux a fait baisser les bras à plus d'un héritier.
Son nouveau propriétaire, un restaurateur d'origine asiatique, n'est pas peu fier. Il déclare même : « C'est la plus belle maison de Mana, n'est-ce pas ? »
Probablement la plus récente réhabilitation et la plus clinquante. La couleur bleue des années 1990 a été remplacée par un coloris plus agressif et probablement de meilleure qualité protectrice. Le rez-de-chaussée sera consacré à un restaurant et l'étage est aménagé en une zone habitable de trois appartements. Avec le proche Manoa d'Eldorado, gageons que ce sera bientôt une rue des restaurateurs avant d'être la rue Javouhey.
Une « Maison » parmi tant d'autres
C'est à partir des années 1911 que l'on voit apparaître dans les archives la notion de « Maison » . Elle va remplacer celle des « négociants » qui étranglaient les chercheurs d'or n'ayant pas les moyens de lancer des expéditions aurifères à l'intérieur de la Guyane ou monde des « Hauteurs » . Parmi les plus célèbres de la commune de Mana, tout d'abord la « Maison Césaire-Jorset » . Elle s'implanta en 1911 et prit fin en 1930, avec la mort d'Emmanuel Jorset de la Martinique.
La maison Tanon-Claris, arrivée en Guyane en 1895, ne s'y implanta que lorsqu'elle commença à quitter le rôle d'armateur de navires de commerce pour se lancer dans l'or et le balata. Andrivon, propriétaire du placer Union, Robin, Richard et Mariette sont les autres maisons de commerce dont le rôle est de servir de comptoirs d'or en 1944.