RÉMIRE-MONTJOLY : Conflits autour du foncier
P.-Y.C.
France-Guyane
18.11.2010
Les terrains que souhaite acheter Jean-Pierre de Lanfranchi sont situés à l'entrée de la route du Mahury. La mairie a bloqué la vente par l'État (Henri Griffit)
Désormais, le maire donnera un avis défavorable à toutes les demandes de cession de terrains de l'État. Des particuliers contestent cette décision.
Les terrains nus de Rémire-Montjoly suscitent toujours la convoitise. En moins de quinze jours, le sujet a été évoqué au tribunal administratif et au conseil municipal. En jeu : les terrains appartenant à l'État. Le maire va désormais bloquer toutes les cessions à des privés ou à des organismes publics. Et il demandera que la commune soit prioritaire pour les acquérir. L'orpailleur Jean-Pierre de Lanfranchi, qui avait fait connaître son intérêt pour des terrains à Dégrad-des-Cannes il y a presque deux ans, conteste cette manière de faire.
Depuis l'an dernier, chaque commune du département peut demander à l'État de lui céder gratuitement ses terrains, dans la limite de dix fois sa surface urbanisée au moment de la première demande. Même en demandant tout, Rémire n'atteindra pas la limite maximale. Donc le maire bloque toutes les ventes à d'autres que la commune. Lors du dernier conseil municipal, il a obtenu l'accord des autres élus.
« L'enjeu est, à mon sens, de préserver le foncier de l'État » pour l'acquérir plus tard, explique le maire dans une note présentée aux conseillers municipaux. « J'attire votre attention sur le nombre important de demandes de particuliers qui s'inscrivent aujourd'hui dans cette démarche pour des projets dont la pérennisation n'est pas garantie ou pour des opérations dont la crédibilité n'est pas certaine. » Mais avant même la décision du dernier conseil municipal, la mairie donnait un avis défavorable à toutes les demandes que faisaient des particuliers et les organismes publics à l'État.
C'est cette posture qu'attaque l'entrepreneur Jean-Pierre de Lanfranchi. Plus connu pour son activité dans l'orpaillage, il souhaite, depuis deux ans, acheter des terrains de l'État au début de la route du Mahury, près du port. Il veut y construire des hangars, des bureaux et des logements. Son avocate, Sylvie Compper, conteste le blocage de la mairie, « alors que les terrains ne sont pas inscrits en réserves foncières et qu'il n'y a aucun projet, ni aucune décision du conseil municipal dessus » .
Lors d'un jugement en référé, au début du mois, le tribunal administratif a estimé qu'il y a « un doute sérieux quant à la légalité des décisions » de la mairie. Il a donc suspendu la décision des services de l'État de ne pas vendre les terrains. Mais avec la nouvelle disposition prise par le conseil municipal la semaine dernière, il n'est pas sûr que les affaires de l'entrepreneur s'arrangent.