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Préoccupés dans les quartiers

S. B. France-Guyane 04.02.2010

À la résidence Arc-en-ciel, de nombreux habitants se servent de l'eau du puits. Sa consommation peut entraîner des maladies telles que des diarrhées ou des gastros (SB)

Quels sont les principaux problèmes de santé rencontrés par les habitants des quartiers défavorisés ? Le Développement social urbain (DSU) de la commune a mené une étude pour répondre à leurs besoins.

Assis devant sa baraque en bois, Marcel (1), 31 ans, vit aux Manguiers, à Rémire-Montjoly, « depuis des années » . Cigarette à la bouche, ce maçon de profession évoque à demi-mots certaines difficultés auxquelles sont confrontés des habitants de son quartier quand il s'agit de se soigner : « Je connais quelqu'un, sans papiers, qui ne sort jamais en ville, même pas pour aller à l'hôpital quand il est malade. Il a peur de se faire prendre par la police et d'être directement renvoyé dans son pays » .
Marcel aurait bien aimé participer à l'enquête menée par le DSU sur « La santé des habitants des quartiers prioritaires » , « car il y a beaucoup de choses à dire » : « Par exemple, avec la pluie, la dengue va revenir fortement. Nous, on aimerait bien que ce soit le maire qui vienne, pour qu'il voie comment on vit ici » , sourit-il.
L'étude du DSU s'est portée sur dix zones défavorisées de la commune. Globalement, les habitants se portent bien physiquement, mais témoignent d'une souffrance plus insidieuse, psychique celle-là. Les deux tiers des personnes interrogées se disent anxieuses, et 14% « tout le temps » préoccupées, notamment par le logement, l'avenir des enfants, l'emploi et les ressources financières. Les jeunes actifs (25-36 ans) sont les plus inquiets.
L'accès à l'eau potable reste problématique dans certains quartiers ; 27% des personnes interrogées boivent de l'eau du puits, vecteur de maladies. Et près d'une personne sur deux est en surpoids, 16% étant considérées comme obèses.
Des activités
Le DSU a rendu ses résultats lors de réunions publiques avec les habitants. Ces derniers ont pu faire part de leurs propositions pour changer la donne. Ainsi, à la résidence Arc-en-ciel, les participants souhaitent redynamiser les permanences santé. Ils veulent favoriser l'accès aux fruits et légumes, notamment en sensibilisant l'épicier. Et, pour lutter contre l'ennui, ils proposent de mettre des activités en place. Chemin Tarzan, les habitants souhaitent organiser, entre autres, des groupes de parole « pour se soutenir » . Ils aimeraient également organiser des mayouris. Et demandent l'installation d'une borne-fontaine publique pour éviter d'avoir recours à l'eau du puits.
Cette semaine, des groupes de travail ont lieu au DSU autour de quatre thématiques : le mal-être et l'isolement, l'accès aux soins et aux droits, les conduites addictives, et l'hygiène et l'équilibre alimentaire. La réunion de synthèse aura lieu mercredi prochain.
(1) Le prénom a été modifié
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