Les pompiers vont descendre dans le puits de Dorlin
Pierre-Yves CARLIER
France-Guyane
30.01.2012
Une démonstration du Grimp, le 20 octobre 2010, à Cayenne (photo d'archives)
Le Grimp va descendre dans le puits où se trouve un sixième cadavre, après la fusillade d'il y a dix jours sur un site d'orpaillage clandestin.
Il faut tout prévoir. Pourtant, ils sont presque sûrs qu'ils vont « oublier quelque chose » . Le commandant Pierre Jouans la joue modeste. Mais depuis le milieu de la semaine dernière, le chef du groupement opérationnel des sapeurs-pompiers et les hommes du groupe de reconnaissance et d'intervention en milieu périlleux (Grimp) préparent une mission délicate. Dès que le procureur de la République leur en donnera l'ordre, ils s'envoleront en hélicoptère pour Dorlin, près de Maripa-Soula. Ils essaieront de récupérer le corps d'une sixième victime. Il a été abandonné au fond d'un puits, après la fusillade d'il y a dix jours sur ce site d'orpaillage clandestin. Nul ne sait quand l'intervention aura lieu, en raison de la complexité à la monter. En attendant, les sapeurs-pompiers travaillent à partir d'images prises par les gendarmes la semaine dernière. À Dorlin, il faudra marcher : il n'est pas possible de se poser sur le site. Puis compter deux heures pour installer le matériel pour la descente. La profondeur est estimée entre vingt-cinq et cinquante mètres. Le puits est étroit. Un seul homme ira. Il aura des détecteurs et un appareil respiratoire car il peut y avoir « éventuellement des gaz rémanents ou une odeur insupportable » . Il emportera aussi du matériel pour creuser. « A priori, les garimpeiros ont jeté de la terre dessus » , poursuit Pierre Jouans. Mais il ne sait pas s'il faudra creuser « sur vingt centimètres ou sur deux mètres » . La grande inconnue reste l'état du cadavre et sa position. « Nous avons été obligés de repenser les techniques de travail, parce que le corps est sans doute en décomposition. » Sa rigidité pourrait aussi compliquer la manoeuvre. Le commandant Jouans envisage plusieurs options pour le remonter. « Il va falloir qu'on invente et qu'on fabrique du matériel. Nous utiliserons peut-être un filet. Mais il ne faut pas qu'il soit trop fin pour ne pas trancher les chairs, ni trop gros pour qu'on puisse le descendre. » Six sapeurs-pompiers participeront à l'intervention. « Dès que les gendarmes nous donneront le feu, en une heure, nous pourrons être à la base avec le matériel » , assure le commandant Jouans. Ils seront protégés par de nombreux gendarmes, car nul ne peut prévoir les intentions des orpailleurs clandestins restés dans le secteur.