La CCCL « change de braquet »
Thomas FETROT
France-Guyane
15.02.2012
Rodolphe Alexandre n'est plus le président de la CCCL mais de la CACL (TF)
La communauté de communes du centre littoral est officiellement devenue une communauté d'agglomération depuis le 3 janvier. Par « consentement plus que par consensus » , selon Rodolphe Alexandre.
Depuis le 3 janvier, la Communauté de communes du centre littoral est officiellement devenue une communauté d'agglomération. Un changement attendu depuis de longues années (le premier vote en séance sur le sujet a eu lieu le 15 septembre 2009) par le président de la CCCL, Rodolphe Alexandre. Ce dernier s'est toutefois accordé quelques semaines avant d'afficher sa satisfaction. Il faut dire que le projet n'a pas suscité que de l'enthousiasme chez les maires de la CCCL (1). « Nous avons pris le temps de mettre en place les réseaux, les compétences, explique le président. Aujourd'hui, la CCCL change de braquet. » Et une grande partie des panneaux de signalisation installés sur le territoire de la CCCL, qui devient donc la CACL (Communauté d'agglomération du centre littoral). DES MOYENS SUPPLÉMENTAIRES
Le passage en agglomération implique quelques évolutions d'importances. A commencer par les moyens financiers. Quatre millions d'euros supplémentaires vont être attribués à la CACL dans le cadre de la dotation globale de fonctionnement. Ce qui porte son fonds propre à 20 millions d'euros par exercice. Par ailleurs, c'est la communauté d'agglomération qui va percevoir la FPU (fiscalité professionnelle unique) avant de la redistribuer aux communes. « On change juste de collecteur » , précise Rodolphe Alexandre. En réalité, pour le président, le maître-mot du passage en agglomération est la continuité. « Les commissions restent les mêmes, les élus aussi, assure-t-il. On ne changera rien au fonctionnement. Quant à moi, je vous rassure, je finirai bien par partir. » Les cadres de la CACL ont d'ores et déjà défini trois axes de travail. Les trois « problématiques fondamentales » , selon Rodolphe Alexandre. La collecte des déchets, les transports et l'énergie. Pour le premier, le président affirme s'inquiéter « de la situation dans l'Ouest, dans l'Est et à Kourou » . Et de lancer : « Sur le fleuve (le Maroni, ndlr), personne n'a de solution pour les déchets » , regrette-t-il. DIALOGUE SOCIAL
Les transports. Un vaste chantier. « Avec la SMTC (société mixte de transport en commun), il ne s'agit pas d'y aller en force, rassure Rodolphe Alexandre. Il va y avoir une phase de réglementation transitoire et on va travailler avec le SMTC et le Conseil général pour définir les conditions de ce transfert. Il va y avoir un travail préparatoire et un dialogue social. » D'indispensables discussions. Particulièrement après les différents mouvements de grève qui ont agité la SMTC en 2011. « Avec le schéma intercommunal, notre moule existe déjà » , se réjouit le président. Reste l'énergie. Rodolphe Alexandre estime que le calcul des besoins en énergie de la Guyane ne doit pas uniquement reposer sur l'évolution démographique mais aussi sur l'activité industrielle. « Car notre croissance n'existera pas si on n'a pas l'énergie suffisante » , martèle-t-il. Et d'ajouter : « La construction d'un deuxième barrage sera peut-être à envisager. » Les représentants des six communes de la CACL vont se réunir en assemblée le lundi 27 février. Une première occasion d'aborder l'ensemble des axes de travail de « l'agglo » . Dont un d'une importance capitale : l'habitat et son équilibre social. (1) Les communes de Rémire-Montjoly, Macouria et Matoury ont longtemps rechigné à franchir le pas vers la communauté d'agglomération. Matoury a même déposé un recours devant le Conseil d'Etat, qui a été débouté.