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Venezuela : l'opposition vent debout contre la Constituante

Lundi 10 juillet 2017
Venezuela : l'opposition vent debout contre la Constituante
Un militant de l'opposition vénézuélienne manifeste le 10 juillet 2017 à Caracas - Federico Parra (AFP)

L'opposition multipliait lundi les blocages de rues au Venezuela pour protester contre le projet d'assemblée constituante du président Nicolas Maduro avant d'elle-même organiser une consultation populaire symbolique à ce sujet en fin de semaine.

Avec des barricades faites de cordes, de véhicules, d'arbres et de détritus, des groupes d'antichavistes (du nom d'Hugo Chavez, président de 1999 à sa mort en 2013) participaient à ce "grand blocage" pour accroître la pression sur le gouvernement et mobiliser la population.

"Ce peuple est décidé à poursuivre la lutte pour la liberté. Dimanche, aura lieu l'acte de désobéissance civile le plus important de l'histoire du Venezuela", s'est exclamé Freddy Guevara, vice-président du Parlement contrôlé par l'opposition, au cours d'une opération de blocage à Caracas.

Fermement opposés au projet de Constituante, les adversaires du chef de l'Etat socialiste se sentent pousser des ailes depuis la libération de prison d'un de leurs emblématiques porte-drapeaux, Leopoldo Lopez, 46 ans, désormais assigné à résidence.

Il avait été condamné en 2014 à quasiment 14 ans de privation de liberté pour "incitation à la violence" pendant des manifestations contre Nicolas Maduro de février et mai 2014 qui s'étaient soldées par la mort de 43 personnes.

L'opposition voit dans cette remise en liberté un "succès" obtenu grâce aux manifestations, mais assure qu'elle continuera à "lutter" pour la libération des plus de 400 "prisonniers politiques" qu'il y a encore selon elle au Venezuela.

"Ce qui s'est passé avec Leopoldo est une étape, nous devons continuer au nom de tous les prisonniers et jusqu'à l'organisation d'élections générales. Ce gouvernement veut nous affamer (...) On n'a pas peur", a déclaré à l'AFP Miguel Vielma, un étudiant de 18 ans.

"Pas un de plus, halte aux morts", pouvait-on lire sur le bitume de l'avenue Francisco de Miranda, dans la capitale.

En face, le camp présidentiel assurait que rien n'arrêterait la Constituante, dont les 545 membres doivent être désignés le 30 juillet afin de rédiger une nouvelle Constitution qui remplacera celle de 1999, adoptée sous Hugo Chavez.

- L'Eglise monte au créneau -

Dans tous les Etats du Venezuela, des milliers de supporters du président Maduro participaient de leur côté lundi à des rassemblements électoraux.

"Nous ne voulons plus de guerre, nous ne voulons pas devenir une Syrie (...) Nous pouvons en vouloir à la révolution à cause de certaines choses qui ne fonctionnent pas, mais tout le peuple chaviste doit voter", a déclaré un des participants, Steven Marquez.

"Ceux qui ne veulent pas la paix sont les fous, les irrationnels, les fascistes, un groupe très réduit mais qui fait beaucoup de mal. La Constituante apportera la paix", a affirmé au cours d'une autre réunion la première dame, Cilia Flores, candidate à l'assemblée constituante, tout comme le fils du président.

Nicolas Maduro assure que la Constituante apportera la stabilité économique et politique.

Selon le cabinet Datanalisis, près de 70% des Vénézuéliens y sont opposés et 80% dénoncent la gestion du chef de l'Etat.

L'opposition est vent debout contre ce projet qu'elle qualifie de "fraude" orchestrée par le camp présidentiel pour maintenir "une dictature" dans un pays en plein naufrage économique, ruiné par la chute des cours du pétrole dont il est un gros producteur.

L'Eglise catholique aussi est montée au créneau, dénonçant la semaine dernière "l'inscription dans la Constitution d'une dictature militaire, socialiste, marxiste et communiste".

Elle a appelé lundi M. Maduro à renoncer à son projet de Constituante.

Pour le cabinet d'analyse Eurasia, "la libération du leader de l'opposition Leopoldo Lopez est une tentative du gouvernement de faire baisser la pression internationale, diviser les dirigeants de l'opposition et semer la confusion au sein des manifestants en donnant l'impression que le gouvernement et l'opposition sont en train de négocier".

Le président du Venezuela est aussi confronté à des voix critiques au sein même de son camp, dont celle de la procureure générale Luisa Ortega, une chaviste entrée en dissidence, qui fustige les dérives du gouvernement et des militaires.

Menacée d'un procès qui pourrait conduire à sa destitution, elle devrait être fixée cette semaine sur son sort : la Cour suprême décidera si elle peut être traduite en justice pour des fautes présumées.

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