La Guadeloupe, paralysée depuis deux semaines. (photo d'archives)
Le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Yves Jégo a annoncé dimanche à Basse-Terre qu'il s'installait en Guadeloupe durant « le temps voulu » pour trouver une issue à la grève générale qui paralyse l'île depuis le 20 janvier. Une nouvelle accueillie positivement sur place.
Le calendrier est celui du temps » , a déclaré Yves Jégo, qui « se donne le temps voulu. Je n'ai pas de calendrier de retour, je suis installé ici et, grâce aux moyens modernes de la technologie, je peux gérer l'Outre-mer comme je le ferais de la rue Oudinot » , où siège le secrétariat d'Etat, a-t-il indiqué. Il a cependant précisé que, dans une première phase, « il s'exprimerait peu » et que son programme de travail « ne serait pas rendu public pour éviter la pression que pourrait exercer l'oeil des caméras » . Jégo a reconnu qu'il s'agissait là d'une « méthode de sortie un peu exceptionnelle » . Selon lui, « la Guadeloupe vit, depuis maintenant deux semaines, une situation exceptionnelle et les voies normales de sortie d'un conflit, le dialogue social et la concertation, n'ont pas permis de trouver une issue. J'ai bien conscience que, après quinze jours de blocage, il faut que nous apportions des réponses au Collectif » , évoquant le Collectif contre l'exploitation outrancière (LKP). Le leader et porte-parole du LKP, Elie Domota, a d'ailleurs salué dimanche soir sur RFO Télé-Guadeloupe la décision du secrétaire d'Etat, qui « nous a donné l'impression d'avoir entendu et compris que la Guadeloupe est au bord de l'explosion et du chaos social » .
Sur la même antenne, le député PS Victorin Lurel, président du Conseil régional, a déclaré espérer que M. Jégo venait « armé de solutions » . Celui-ci a indiqué qu'il était venu « avec quelques propositions, des réponses concrètes, des chiffres et des engagements du gouvernement » . Il a d'ores et déjà annoncé « le gel du prix des loyers des HLM dès cette année » . Il a évoqué « une Guadeloupe à deux vitesses : d'un côté, le milieu urbain et de l'autre le milieu rural, d'un côté ceux qui arrivent à s'en sortir, et de l'autre ceux qui sont dans les difficultés » .
A la grève générale s'ajoute la fermeture de toutes les stations-service depuis le 19 janvier, leurs gérants exigeant l'arrêt de nouvelles implantations, ce qui a entraîné une pénurie de carburant. Ils ont reconduit leur mouvement dimanche. Magasins, supermarchés, écoles sont fermées et l'approvisionnement est difficile dans ce département où quasiment tout est importé. Les transports ne fonctionnent plus. L'économie, dont le tourisme, est touchée de plein fouet.
Le « Liyannaj kont pwofitasyon » (LKP), qui regroupe quasiment tous les syndicats ainsi que des partis politiques et associations, a accusé les pouvoirs publics, collectivités et patronat local « de jouer le pourrissement » .