France-Antilles et ses partenaires utilisent des cookies pour le fonctionnement de leurs services, réaliser des statistiques d’audience, proposer des contenus et publicités personnalisés. En utilisant ce site, vous consentez à cette utilisation. En savoir + et gérer ces paramètres. OK
  • Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr
GUADELOUPE

« L'intervention d'un tiers » à l'origine du dramatique incendie de Saint-François

Boris COLOMBET Vendredi 09 novembre 2018
« L'intervention d'un tiers » à l'origine du dramatique incendie de Saint-François
Les lieux du drame, le 31 octobre au matin (photos d'archives)

Ce n'est finalement pas un barbecue mal éteint qui est à l'origine de l'incendie ayant provoqué, dans la nuit du 30 au 31 octobre, le décès par asphyxie de deux familles et de leurs enfants à Saint-François. Selon l'expert en incendie mandaté par les gendarmes de la brigade de recherche du Moule, l'intervention, volontaire ou non, d'un tiers a été nécessaire.

Le logement dans lequel séjournaient les victimes. (photos d'archives)
Coup de théâtre dans l'enquête ouverte pour déterminer les causes de l'incendie qui avait éclaté durant la nuit du 30 au 31 octobre, dans un appartement situé à Saint-François, en Guadeloupe, dans l'enceinte de la résidence Le Panorama. Incendie durant lequel six touristes originaires de Calvisson (Gard), en Occitanie, avaient péri dans des conditions effroyables. Après avoir un temps privilégié l'hypothèse d'un barbecue mal éteint pour expliquer le départ de feu, le parquet de Pointe-à-Pitre parle désormais d'une intervention humaine.
Ce revirement s'explique par les conclusions de l'expert en incendie dont le rapport a été rendu mercredi. « Selon l'expertise de ce dernier, qui a été réalisée dimanche dernier, l'origine du feu ne trouve pas son explication dans le barbecue, piste que nous avions évoquée au début de l'enquête » , a ainsi révélé en début de soirée de mercredi le procureur de Guadeloupe Xavier Bonhomme, lors d'une conférence de presse qui faisait suite à une rencontre menée entre ce même magistrat et les proches des six victimes actuellement présentes en Guadeloupe.
BOUTEILLES DE RHUM SUR UNE TABLE EN FEU
Si l'expert écarte l'hypothèse du barbecue comme cause du sinistre, c'est tout simplement parce que cet appareil qui « se trouvait sur la terrasse fermée par des grilles, n'a pas été retrouvé calciné. D'une part, il n'a pas fondu et surtout des résidus de charbon de bois étaient toujours présents. Dans l'hypothèse où le feu serait parti de là, ces matières auraient disparu. »
Du coup, si le barbecue n'est plus en cause, d'où a bien pu partir le sinistre, qui semble avoir très rapidement généré d'importantes fumées ainsi qu'une très forte chaleur ? « Pour l'expert, le départ de feu doit se situer, non pas sur la partie droite de la terrasse, là où se trouvait le barbecue, mais sur la partie gauche. Et plus précisément au niveau du mur mitoyen contre lequel était installée une table en plastique dont certains morceaux fondus ont été retrouvés. »
Élément anecdotique ou pas, tout indique « qu'une, voire plusieurs - et c'est certainement plusieurs - bouteilles de rhum » , avaient été déposées sur cette table, a encore précisé le procureur.
INFORMATION JUDICIAIRE OUVERTE
Cet alcool a-t-il joué un rôle dans la propagation de l'incendie ? Mystère. « Je ne sais pas comment le feu est parti » , a admis Xavier Bonhomme avant de lâcher une bombe : « En revanche, l'expert estime que cet incendie est consécutif à l'intervention d'un tiers. Il faut toutefois rester prudent sur l'interprétation de cette phrase. Car l'intervention d'un tiers peut vouloir dire deux choses : ça peut être une intervention involontaire, c'est-à-dire accidentelle ; ou ce peut être une intervention volontaire, ce qui signifie que l'on veut mettre le feu. En l'état actuel de l'enquête, je suis incapable d'affirmer que cet incendie a été allumé de manière volontaire à cette table. » Afin de répondre à cette interrogation centrale, le parquet a pris la décision, une semaine après ce tragique sinistre, de saisir un juge d'instruction via l'ouverture, depuis mardi soir, d'une information judiciaire pour homicide involontaire contre X.
« Cette infraction qui est actuellement visée est susceptible d'évoluer en fonction du déroulé des investigations qui vont se poursuivre sur commission rogatoire » , a encore averti le procureur. Non sans indiquer que « dans le cadre de l'instruction, des investigations complémentaires et nombreuses restent à effectuer » .
Parmi elles : l'analyse de la kyrielle de prélèvements recueillis sur les lieux du drame par les gendarmes et assurément « de nouvelles expertises, vu la complexité et la sensibilité de ce dossier » .
En raison de la tournure que vient de prendre l'affaire, les proches des victimes, qui ont naturellement eu la primeur de ces nouveaux éléments, doivent, toujours selon le parquet, se constituer très rapidement parties civiles. « Cela leur permettra d'avoir un accès plus aisé au dossier. »
L'enquête en 3 points-clés
1/DES VICTIMES PIÉGÉES DANS LEUR LOGEMENT
Malgré le rebondissement lié à l'origine de l'incendie, une chose demeure certaine : les victimes se sont retrouvées piégées dans l'habitation.
« Elles ne sont pas parvenues à sortir car tous les accès étaient fermés. De ce que l'on comprend, les grilles donnant sur la terrasse étaient verrouillées de l'intérieur, avec des clés posées dans le séjour » , a précisé le procureur de la République.
2/L'INCENDIE A PRIS RAPIDEMENT ET A DÉGAGÉ UNE IMPORTANTE CHALEUR
Aujourd'hui encore, il est impossible de comprendre comment et pourquoi le feu a pris sur une table en plastique située sur la véranda et sur laquelle se trouvaient des bouteilles d'alcool. Quoi qu'il en soir « le feu, semble-t-il, s'est propagé vraiment très vite, a généré une chaleur qui est montée très haut et qui a provoqué une très importante fumée d'après les pompiers. Cela a eu pour effet, très certainement, de couper l'accès permettant de sortir par devant. »
3/LES SIX VICTIMES SONT MORTES ASPHYXIÉES
C'est l'autre certitude du dossier, révélée grâce aux autopsies : « Toutes les victimes sont décédées par asphyxie. Je pense que ces décès sont survenus relativement vite. Parce que ce feu, qui a dû démarrer aux alentours de 1h30, avec une alerte à 1h47, a été très rapidement maîtrisé. Or, il se trouve que ces personnes, dont les corps ont immédiatement été sortis, étaient déjà mortes. Aucun des corps ne présentait de traces de brûlures. »

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
Aucun commentaire